"Je joue encore au tennis pour ce genre de moments" : Novak Djokovic a savouré une finale avant l'heure historique face à Félix Auger-Aliassime

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Novak Djokovic a disputé l'un des deux matches les plus longs de son histoire avec Wimbledon, mardi soir, face à Félix Auger-Aliassime (5h15). Comme en 2018, à la minute près, date à laquelle il avait battu Rafael Nadal en demies. Mardi soir, le Serbe a joué "l'un des meilleurs matches" de sa vie, à 39 ans. Le prix à payer pour aller rejoindre Jannik Sinner en demi-finales. Monumental.

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Que cherche-t-il vraiment ? Pourquoi Novak Djokovic trimballe-t-il encore son corps de futur quarantenaire sur des terrains de tennis, après avoir tout gagné, tout vécu, tout dominé, et (presque) battu tous les records possibles ? Pour vivre plus. Frissonner encore. Comme ce mardi soir de juillet, sur le Court central de Wimbledon. Il n'y a plus de Rafael Nadal, comme en 2018, où leur demi-finale s'était éternisée cinq heures et quinze minutes durant. En 2026, il y a du neuf. Du Félix Auger-Aliassime. Pas tout à fait la même saveur, soyons clairs, mais la même balle jaune, le même décor, le même suspense. 5h15, selon l'organisation. Cinq. Heures. Quinze. Et au bout, encore, toujours, Novak Djokovic. 
Y a-t-il vraiment un moment où le Serbe s'est vu perdre, mardi soir, face au jeune loup canadien ? A-t-il vacillé ? Aurait-il douté ? Allez savoir. Tout septuple vainqueur qu'il est, à 39 ans, Novak Djokovic se bat avec ses armes. Et Félix Auger-Aliassime a présenté les siennes, pour balader le Serbe d'un bout à l'autre du Central. L'emmener au tie-break, d'abord, l'y titiller, le pousser à sauver trois balles de set pour virer devant (7-6 (12/10)). Puis revenir à hauteur, sauter sur l'erreur, prendre son service pour l'une des deux seules fois de la soirée (3-6). 
Après avoir vu Félix Auger-Aliassime revenir avec une telle autorité, sans doute le Court central de l'All England Club a-t-il cru, sans vraiment l'espérer, que Novak Djokovic pourrait vaciller. Prédiction éphémère, pari mal fondé. Même impuissant face aux aces en série (29 pour le Canadien sur l'ensemble du match, 14 pour Djokovic), même en produisant moins (73 coups gagnants à 43), Djokovic pouvait répondre. Ce qu'il fit sans tarder, empochant le troisième set avec un aplomb retrouvé (6-3). 

Le quart le plus long

Ce qui a suivi fera date, sans doute. "Vers la fin, c’était vraiment lui ou moi. Le score a été serré jusqu’au bout, et ça résume bien le match d’aujourd’hui", résumait le Serbe après avoir transformé ce beau duel en monument de l'édition 2026. Le match le plus long (5h15), le plus tendu, avant même les demi-finales. Le quart le plus long de l'histoire de Wimbledon, tout court. Devant Arnaud Clément et Rainer Schuettler, en 2008 (5h7). Deux tie-breaks. Le premier pour Auger-Aliassime, solide (6-7 (4/7)). Le second pour Djokovic, bien sûr (7-6 (10/4)). Ce qui a eu le mérite de le rendre "heureux" (happy). Comme le public du Central.
Dans le cinquième set, Novak Djokovic a tenté d'envoyer ses enfants au lit. Sans franc succès. Et à regret. "Je disais aux enfants d'aller se coucher après le quatrième set mais ils ne voulaient pas m'écouter. Je suis heureux qu'ils soient restés, parce que c'était honnêtement l'un des meilleurs matches auxquels j'ai pu prendre part sur ce court de tennis dans ma carrière. (...) C'est pour ce genre de moments que je joue encore au tennis."
Ce n'est qu'une demi-finale de plus, je regarderais les chiffres à la fin de ma carrière
Comment a-t-il fait ? Comment. "Avec une raquette et beaucoup de cœur, déjà, dixit l'intéressé, essoufflé, essoré même, et franchement fatigué. Beaucoup de contrôle des nerfs, de la tension extrême que l'on ressent dans ce genre de match". Jusqu'au bout, retenait Novak Djokovic, "le score a été serré", "c'était vraiment le match de l'un ou de l'autre dans ce super tie-break". Puis la partie a penché de son côté. "Je crois qu’à la fin, il a prouvé à nouveau qu’il est bon quand il en a besoin, reconnaissait Félix Auger-Aliassime en conférence de presse. Il est solide, plus solide que je ne l’ai été."
Rarement emprunté, malgré l’âpre combat physique, Novak Djokovic n'a pas voulu s'éterniser sur le Central ("Gardons cette interview courte, s’il vous plaît, je n’ai plus d’énergie, mon ami"). Ni penser aux records : "Ce n'est qu'une demi-finale de plus, je regarderai les chiffres à la fin de ma carrière". Rendons-lui service. Son escarmouche avec Jannik Sinner sera sa huitième apparition en demi-finales de Wimbledon consécutive. Un record, à l'All England Club. Sa quinzième en carrière. La cinquante-cinquième en Grand Chelem.
Ce n'est qu'une demi-finale de plus, je regarderais les chiffres à la fin de ma carrière
Même s’il n’a pas encore atteint son objectif, Djokovic devra savourer, un peu, ce qu’il est encore capable de faire à 39 ans. Se surprend-il encore ? "Oui et non. Je suppose que oui, parce que je suis encore capable de me battre avec ces jeunes gars qui ont quinze ans de moins que moi, parce que je peux encore les battre dans des matches aussi serrés. Dans un sens, c’est vraiment une bonne surprise. Mais en même temps, je maintiens toujours les plus hautes attentes vis-à-vis de moi-même. Je peux être très critique, très dur avec moi-même. Et en même temps, je dois essayer de profiter de moments comme celui-ci".
Ira-t-il au bout, égaler Roger Federer (8 titres) ? Là aussi, allez savoir. Pour l'heure, "le meilleur joueur du monde arrive dans quelques jours", à savoir jeudi. Même si "Nole" aurait presque aimé le croiser plus tôt. "C’était aussi bien qu’une finale pour moi. J’ai donné tout ce que j’avais, donné mon meilleur. (…) Heureux d’avoir pris part à un nouveau match historique." Un de plus. "J’espère pouvoir (en) jouer quelques autres ici à Londres." Il n’est pas le seul.
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