WTA - Après son parcours à Roland-Garros, Loïs Boisson peut-elle vite s'adapter pour être performante sur gazon ?

Eurosport sur Google

Après sa demi-finale à Roland-Garros, Loïs Boisson va forcément faire l'objet d'une toute nouvelle attention à partir de maintenant. Elle sera attendue. Pour l'heure, le circuit WTA met le cap sur le gazon. Une surface totalement inconnue pour la Française. Quelle sera l'ampleur de la découverte cet été ? En a-t-elle envie ? Surtout, a-t-elle le jeu nécessaire pour briller sur le vert ?

Lois Boisson

Crédit: Getty Images

L'après commence maintenant pour Loïs Boisson. Plus rien ne sera comme avant pour celle qui a écrit l'histoire la plus inattendue de l'édition 2025 de Roland-Garros, dont elle a atteint les demi-finales. Tout le monde a convenu que son jeu se prêtait à merveille à la terre battue. Peut-il être transposable ailleurs, conservant une efficacité approchante ? Quid du gazon, par exemple ? Une surface dont elle ignore tout. Elle n'y a jamais joué.
Ce sera donc une totale découverte pour elle. Son programme reste flou pour l'heure puisque les entrées sur les tournois sont effectuées plusieurs semaines à l'avance. Désormais solidement intégrée au Top 100, la Bourguignonne va forcément revoir son programme. Mais à très court terme, elle ne figure pas dans les tableaux des tournois à venir, ni même à Wimbledon. Il va lui falloir compter sur des wild-cards partout. Il est probable que des organisateurs seront attirés par le fait de proposer à leur public et leurs sponsors une récente demi-finaliste de Grand Chelem.
picture

"Wimbledon ne doit pas inviter Boisson absolument, mais..."

Video credit: Eurosport

 Elle doit s'adapter, mais je pense qu'elle en est capable
Il sera donc intéressant, voire intrigant de découvrir ce que Loïs Boisson peut faire sur gazon. "C'est une surface qui demande un peu d'expérience, ça, c'est clair", estime Amélie Mauresmo, patronne de Roland-Garros et titrée à Wimbledon en 2006. "Après, c'est la joie de la découverte aussi !, ajoute-t-elle. C'est comme ça. Il faut garder l'esprit ouvert. Ce n'est pas 'Je remets tout à zéro', parce que ce n'est pas du tout ça, mais c'est 'Je fais les ajustements', et l'idée est de les faire le plus rapidement possible pour que le jeu produit puisse s'adapter à cette surface."
Pour Ivan Ljubicic, le responsable du haut niveau à la FFT, la demi-finaliste de Roland-Garros devra en effet nécessairement adapter son jeu. "C'est une surface très particulière, juge le Croate. Bien sûr, si on regarde la technique de Loïs et sa manière d'utiliser les coups liftés, les topspins, les trajectoires, elle ne peut pas faire cela sur gazon. Enfin, elle peut essayer de faire cela sur gazon, mais c'est beaucoup plus compliqué. Donc, elle doit s'adapter, mais je pense qu'elle en est capable."
D'autant qu'il faut relativiser aujourd'hui la distinction gazon / terre. Bien sûr que l'herbe est une surface différente et conserve une spécificité. Mais nous ne sommes plus dans les années 70/80. "L'herbe a évolué depuis plusieurs années maintenant, insiste Mauresmo. La hauteur du rebond a changé. Globalement, tu peux faire des échanges sur herbe. Je pense que ça va plutôt aller dans son sens." Il n'y a d'ailleurs plus de réel pur spécialiste du gazon. L'approche de cette surface tient aussi beaucoup à l'aspect psychologique. Il faut se convaincre qu'on a les armes pour bien jouer dessus.

Rendez-vous en terre inconnue

"Avec le service qu'elle a, je pense qu'elle va gagner beaucoup de points grâce à ce coup", rapporte Ivan Ljubicic. Mais il faut utiliser mieux le slice. Je fais totalement confiance à un entraîneur pour trouver la manière d’être compétitif." Il n'y a qu'en posant le pied dessus que Loïs Boisson saura si elle a l'instinct vert ou non. Si tel n'est pas le cas, tout s'apprend et tout se travaille. À chaud, après son élimination en demi-finale face à Coco Gauff, jeudi dernier, elle ne souhaitait pas se précipiter : "C'est important de prendre le temps, de récupérer, pas par rapport à la défaite, mais par rapport aux deux semaines que je viens de passer. La suite, ce sera le gazon, mais je ne sais pas dans combien de semaines."
La saison sur herbe est courte et, on l'a dit, il lui faudra compter sur la bienveillance des organisateurs pour intégrer directement des tableaux. Y compris à Wimbledon. Bénéficiera-t-elle d'une invitation à Londres ? "Elle va faire partie de la conversation, mais après, à Wimbledon, ils ont une manière un peu différente de décider qui inviter et qui ne pas inviter", note Ljubicic.
Mais c'est d'abord la suite que Loïs Boisson doit préparer. Si ses prochaines semaines sont un peu en suspens, elle n'a que 22 ans et avec son nouveau statut, il faudra bien qu'à l'avenir, les prochaines années, elle se mette au vert. "C'est quand même important que Loïs cette année joue un peu sur gazon parce que, l'année à venir, elle jouera sur gazon, c'est sûr", prévoit d'ailleurs d'ores et déjà Ivan Ljubicic.
Pour l'heure, c'est un peu "Rendez-vous en terre inconnue" pour l'héroïne de la porte d'Auteuil. L'instinct, les aptitudes, l'envie, les capacités d'adaptation, tout cela déterminera ce que Loïs Boisson peut produire sur herbe et l'ampleur du travail qui l'attend. Mais c'est un bon "problème" à avoir. De ceux qu'elle n'aurait pas envisagés il y a encore trois semaines.
picture

Boisson, l'arbre qui cache la forêt du tennis féminin : "Cela va faire du bien à Parry et Burel"

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité