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Kvitova plus que Wozniacki
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Publié 28/10/2011 à 13:38 GMT+2
Patrick Mouratoglou est sans équivoque : si elle l’est à double titre, Caroline Wozniacki n'a pas l'étoffe d'une N.1 mondiale. Au niveau des résultats mais également au niveau de son jeu. Pour le consultant d'Eurosport, Petra Kvitova, finaliste au Masters d'Istanbul, aurait mérité cette distinction.
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Le circuit féminin vit une période trouble. Avoir les deux premières joueuses mondiales actuelles, Caroline Wozniacki et Maria Sharapova, qui n’ont décroché aucun titre du Grand Chelem cette saison, est peu courant dans l'histoire de ce sport. Le nouveau sacre de la Danoise, qui n'a même joué aucune finale majeure cette année, montre surtout que la WTA attribue trop de points aux tournois les moins importants de la saison, comme nous vous l'expliquions dans un précédent article (Wozniacki N.1: tout s'explique). Une évidence que Patrick Mouratoglou relève en allant plus loin.
Pour le consultant d'Eurosport, "le classement WTA ne met pas en avant les joueuses les meilleures ou les plus performantes, mais les plus régulières. Caroline Wozniacki est talentueuse, mais a le niveau d'un membre du Top 5, pas d'une N.1. Si on regarde son parcours, on s'aperçoit qu'elle n'a pas battu une joueuse N.2 ou N.3 mondiales cette année. Son manque de réussite en tournoi du Grand Chelem symbolise tout ce paradoxe. Ce sont les tournois majeurs qui révèlent la vraie valeur des joueurs et joueuses du circuit. Force est de constater que Wozniacki n’est pas la meilleure à l'heure actuelle."
Une bonne programmation mais un manque d'intention de jeu
Pourtant, une N.1 mondiale ne se fabrique pas par hasard ou par chance deux années de suite. "Elle a eu une programmation très réfléchie et très intelligente, analyse Mouratoglou, suffisamment pour gratter les points qu'il fallait dans les tournois moins importants." Quand elle gagne à Indian Wells et à Dubaï, qui sont les deux trophées les plus prestigieux sur les six remportés cette saison, elle les gagne sans avoir la moindre Top 5 face à elle du début à la fin. En Grand Chelem, elle s’est parfois inclinée avant de croiser les meilleures. Au Masters, Zvonareva, N.2 mondiale au cours de saison, et Kvitova, N.3 en ce moment, ont eu raison d’elle.
Sa première place tient aussi au fait qu’aucune autre joueuse n’arrive à être aussi constante qu’elle tout au long de la saison. "Elle est la deuxième joueuse du Top 10 (derrière Marion Bartoli et ex-aequo avec Vera Zvonareva, NDLR) à avoir disputé le plus de tournois en 2011 (22, NDLR). C’est sa force principale qui la distingue des autres. Au niveau du jeu, la Danoise est assez limitée. Elle a peu de puissance et surtout aucun coup fort. Son service a besoin de s'améliorer. Mais son principal défaut est son manque flagrant d'intention de jeu. Elle empoche des points que lui donne l'adversaire et elle ne cherche pas à faire des coups gagnants, ce qui la différencie nettement de Serena Williams ou Petra Kvitova qui sont des conquérantes types sur le court."
Kvitova mériterait davantage d’être N.1 cette saison
Si le jeu de la N.1 mondiale est loin de laisser rêveur, la Danoise ne l’a pas fait évoluer depuis un moment. A 21 ans, la joueuse est suivie de près depuis toujours par son père Piotr Wozniacki, sans aide ni conseil de personne extérieure. Cet été, période où Caroline a officialisé sa relation avec le golfeur nord-Irlandais Rory McIlroy, leur collaboration est devenue plus confuse. Père et fille ont même annoncé une séparation, avant de revenir dessus au tournoi de New Haven, juste avant l’US Open. "Ils ne sont pas obligés de s’en remettre à une personne extérieure qui pourrait casser leur équilibre. Mais peut-être passeront-ils par ce biais s’ils en ressentent le besoin. Aujourd’hui, je ne pense pas que ce soit dans leur projet."
Comme il ne faut pas s’attendre à un changement radical du mode de calcul du classement WTA, faut-il s’attendre à avoir une Caroline Wozniacki N.1 mondiale la saison prochaine pour la troisième année consécutive ? "2012 risque d’être une année de passation de pouvoir, estime Mouratoglou. Si Serena Williams et Maria Sharapova sont en forme, c’est elles qui rythmeront le circuit. Entre autres, car je n’oublie pas Na Li qui a gagné à Roland-Garros et Kim Clijsters qui a fait de 2012 sa dernière année de compétition. Le circuit sait évoluer. Cette année, deux joueuses se détachent indéniablement des autres : Petra Kvitova et Victoria Azarenka. Cette année, la Tchèque a été la plus polyvalente en gagnant sur dur extérieur (Brisbane), dur indoor (Paris et Linz), terre battue (Madrid) et sur gazon en remportant au passage son premier titre du Grand Chelem à Wimbledon en battant Maria Sharapova en finale. Elle a confirmé en plus tout son potentiel en atteignant la finale du Masters et en dominant aisément Wozniacki en match de poule. La N.1 mondiale cette saison pour moi, c'est Kvitova qui aurait mérité davantage de l'être."
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