Serena Williams n'a-t-elle vraiment "rien à prouver" pour son grand retour sur le circuit au Queen's, quatre ans après sa dernière sortie ?
Eurosport sur GooglePrès de quatre ans après son dernier match sur le circuit, Serena Williams est de retour. L'Américaine est alignée en double avec la Canadienne Victoria Mboko, de vingt-cinq ans sa cadette, au Queen's (mardi soir). Si elle assure ne "rien avoir à prouver", et chercher le plaisir, Williams ne retrouvera ses frissons qu'en gagnant. Ce que tout le monde attend. Elle comprise ?
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On ne l'avait pas franchement crue, au mois de décembre, quand Serena Williams avait affiché sa surprise devant les rumeurs de son retour sur le circuit. "Oh mon Dieu, les gars, je ne reviens PAS, avait-elle démenti sur X. Cet incendie est vraiment dingue." Sa réintégration aux listes des éligibles aux contrôles antidopage avait été révélée quelques jours plus tôt. Six mois plus tard, Serena Williams va bien retrouver les terrains au Queen's, où elle est alignée en double avec la Canadienne Victoria Mboko. Qui pourrait être sa fille, littéralement (44 et 19 ans). Et qui sera la première spectatrice d'un retour que l'icône américaine promet "sans pression". Ni vraies ambitions. Paraît-il.
Promis, Serena Williams n'a pas menti. "En décembre, a-t-elle expliqué en conférence de presse à Londres, c'était vraiment le cas : je ne comptais absolument pas revenir. Puis j'ai commencé à discuter avec quelques personnes, à échanger sur différentes possibilités, sur quelque chose d'un peu différent. Et les conversations se sont poursuivies. Puis, je me suis dit 'Pourquoi pas ?'" Coup de bluff ou pas, l'Américaine est de retour. En double, d'abord, et peut-être en simple, si son rendement à l'entraînement est suffisant.
Je n'ai pas besoin de gagner
Mais que diable vient-on vraiment chercher sur un court de tennis, à 44 ans, 8 mois et 14 jours, quand on a tout accompli ? Certainement pas la preuve que l'on a su gagner, a-t-elle promis dimanche, histoire que l'on ne s'emballe pas trop sur ses objectifs. "Je ne me mets aucune pression, a-t-elle dit. J'en ai déjà eu suffisamment dans ma carrière. (...) Je n'ai pas besoin de gagner. J'ai gagné davantage que la plupart des gens au cours de toute leur vie. Pour moi, ce n'est pas ce qui compte." Privilège d'avoir remporté 23 tournois du Grand Chelem en simple, quelques années plus tôt. Le premier était venu en 1999. Le dernier en 2017.
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D'ailleurs, comme gagner est vite devenu une habitude chez les Williams, il ne faudrait pas que Serena oublie qu'elle n'est pas revenue pour décrocher un 24e Majeur. "Il est important que je continue à me le rappeler (qu'elle ne se met pas de pression, NDLR), parce que je n'ai plus rien à prouver. Je n'ai rien à perdre. Tout ce qui m'arrive ici n'est qu'un bonus." Et on verra bien si la case "retour" cache une victoire, un titre, qui sait, ou simplement quelques coups droits bien envoyés. En double ou en simple. Loin des attentes du passé.
Ce n'est pas quelqu'un qui reviendra si elle ne se sent pas capable de jouer et de battre les meilleures
Puisque son nom reste Serena, et que personne ne l'a encore oubliée, on lui projette tout de même quelques ambitions. Ou potentielles ambitions. Patrick Mouratoglou, qui a été son entraîneur de 2012 à 2022, prédisait pendant Roland-Garros que Williams ne reviendrait pas simplement pour figurer dans les tableaux. "Je pense qu'elle veut se tester en double avant. Et si elle est satisfaite de son niveau, peut-être qu'elle demandera une wildcard en simple à Wimbledon. En tout cas, ça ne me paraît pas invraisemblable comme idée. Ce n'est pas quelqu'un qui reviendra si elle ne se sent pas capable de jouer et de battre les meilleures. Ce n'est pas du tout sa mentalité de jouer les seconds rôles."
Et puis, le double, certes, "ce n'est pas le simple", a-t-il poursuivi, "mais c'est déjà un premier goût de la compétition". Personne n'imagine une Williams qui perd. Ambitions déclarées ou pas.
La question que tout le monde se pose, encore davantage que lors du retour de sa sœur Venus, reste : de quoi sera-t-elle capable ? "Serena m'a montré tellement de fois qu'elle est capable de faire des choses qui sont théoriquement impossibles, que je la crois capable de tout", a détaillé Mouratoglou. Mais saura-t-elle dire stop, rester lucide si son retour vient à menacer sa santé ? "Lucide ? Je ne pense pas et je ne l'espère pas. C'est une de ses plus grandes qualités. Si elle avait été lucide, elle n'aurait jamais fait les choses exceptionnelles qu'elle a faites, parce qu'elle se serait dit : 'Ce n'est pas possible'." Comme lorsqu'elle était revenue à la compétition après sa grossesse. "J'espère qu'elle tentera l'impossible, parce que s'il y a une personne capable de faire l'impossible, c'est bien elle."
Navratilova avait attendu cinq ans
"Elle" voudra d'abord profiter. Prendre un peu de plaisir, quoi. Régaler ses filles. "C'est l'été, les enfants ne sont pas à l'école : c'est le moment idéal pour repartir sur les tournois, s'amuser un peu et voir ce qui se passe." Plaisir de l'amatrice de base, conjugué à l’historique dans son cas. Ce sera "l'occasion pour (s)es enfants de (la) voir jouer", et, pour elle, de retrouver le côté "spécial et excitant" d'être, une dernière fois, une "athlète de haut niveau".
Venus, sa sœur, n'avait attendu qu'un an et quatre mois pour revenir sur les courts. Avec succès, puisqu'elle avait remporté ses deux premiers matches, dont un en simple, face à Peyton Stearns. Là, c'est autre chose. Près de quatre années se sont écoulées depuis les derniers échanges de Serena sur le circuit, à l'US Open 2022 (défaite en 16es de finale face à Ajla Tomljanovic). Plutôt qu'un retour "à la Venus", la "Queen" rêvera d’un miracle "à la Martina". Façon Navratilova, qui avait passé cinq ans hors des courts avant de revenir. Et de remporter trois tournois du Grand Chelem, à 46 et 49 ans. En double mixte. Faut pas rêver non plus.
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