WTA 1000 Miami - Alex Corretja : "Iga est très sensible, elle souffre de ce que qu'on peut dire d'elle"

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Iga Swiatek est dans l'œil du cyclone. En mal de titres depuis son quatrième sacre à Roland-Garros, elle trimbale un certain mal-être depuis l'affaire de con contrôle positif l'été dernier. Voilà maintenant qu'elle est aussi très critiquée pour son comportement sur le court, où sa nervosité la trahit de plus en plus. Consultant d'Eurosport, Alex Corretja aimerait qu'on la laisse un peu souffler.

Iga Swiatek.

Crédit: Getty Images

Pour Iga Swiatek, le vent souffle fort ces temps-ci. Non que ses résultats soient catastrophiques. Frustrants, oui, sans aucun doute. Elle n'a plus glané le moindre titre depuis Roland-Garros. Les demi-finales sont un peu devenues son tour maudit. Aux Jeux Olympiques à Cincinnati, à l'Open d'Australie, à Doha ou encore à Indian Wells, elle a calé aux portes de la finale. Parfois, il ne lui a presque rien manqué. Un point, seulement, à Melbourne, contre Madison Keys. Mais tout ceci finit par peser, surtout avec le poids de sa suspension d'un mois pour son contrôle positif.
La Polonaise est un peu en mode Almodovar : Femme au bord de la crise de nerfs. La semaine dernière, à Indian Wells, la numéro 2 mondiale est apparue tendue et même proche de fondre un fusible lors de sa défaite contre Mirra Andreeva.  Elle a semblé vouloir frapper une balle vers un ramasseur de balle. Une attitude qui lui a valu un flot de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Au point que la quintuple lauréate en Grand Chelem s'est sentie obligée de réagir, à travers un long post sur son compte Instagram.
"Je constate qu'on parle beaucoup ces derniers temps de changements dans mon comportement et de mes émotions sur le court, a écrit Iga Swiatek en préambule. Même si je ne suis pas à l'aise pour m'expliquer, il est temps que je partage mon point de vue pour mettre fin aux spéculations et aux théories sans fondement."
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Un point à l'image du choc : la balle de match sauvée par Keys avec du cran face à Swiatek

Video credit: Eurosport

Trois semaines à pleurer

"C'est vrai, j'ai exprimé ma colère d'une manière dont je ne suis pas fière, a-t-elle admis. Mon intention n'a jamais été de viser qui que ce soit, mais simplement d'évacuer ma frustration en balançant la balle au sol. Je me suis tout de suite excusée auprès du ramasseur. (…) J'ai vu beaucoup de joueurs lancer des balles de frustration, et franchement, je ne m'attendais pas à des jugements aussi sévères. D'habitude, je maîtrise ce genre de pulsions, alors je peux sans doute dire, en plaisantant à moitié, que je manque d'expérience en la matière."
Est-on injuste avec elle, au moins partiellement ? Alex Corretja n'est pas loin de le penser. "Ça me fait de la peine pour elle, parce que c'est une fille adorable, plaide le consultant d'Eurosport. C'est une super joueuse, mais elle est aussi très sensible. On sent bien qu'elle souffre de tout ce que l'on peut dire sur elle. Et je comprends totalement son ressenti. Je la soutiens parce que, je pense que c'est quelqu'un d'entier et de sincère. Je trouve ça bien qu'elle en parle publiquement comme ça, qu'elle dise comment elle vit ça."
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Iga Swiatek à Indian Wells.

Crédit: Getty Images

Tout vient de cette histoire de contrôle positif pour une concentration minime de trimétazidine, un produit interdit, au cœur de l'été dernier. Elle a fini par écoper d'une suspension d'un mois, pour laquelle l'AMA avait choisi de ne pas faire appel devant le TAS, jugeant "plausible" la thèse de la contamination involontaire à la mélatonine avancée par la championne. "Il y a six mois, j'avais l’impression que ma carrière ne tenait qu’à un fil. J'ai passé trois semaines à pleurer tous les jours et je ne voulais pas entrer sur le terrain", rappelle aujourd'hui Swiatek pour justifier son état de nervosité latent.
Nous regardons des matches de tennis, mais nous ne savons pas ce qu'il se passe derrière
"Tout le monde parle et juge trop vite, mais qui sommes-nous pour juger ?", interroge Alex Corretja. L'ancien vainqueur du Masters aimerait un peu plus de prudence et d'attention aux conséquences de ce traitement public. "Est-ce qu'on mesure ce qui se passe dans la vie des joueurs et des joueuses ?, insiste-t-il. Nous regardons des matches de tennis, mais nous ne savons pas ce qu'il se passe derrière, ce qu'ils vivent. Iga a dû passer par beaucoup de choses, elle a traversé une période très difficile l'an dernier. Mais qu'elle parle comme ça, qu'elle soit ouverte, en dit très long sur elle."
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Clément : "Swiatek a peut-être souffert de ne pas avoir été contestée plus tôt"

Video credit: Eurosport

Au-delà de ces derniers mois, de ses dernières actions, Iga Swiatek explique se sentir "constamment jugée". "Quand je suis très concentrée et que je ne montre pas beaucoup d'émotions sur le court, on me traite de robot, mon attitude est qualifiée d'inhumaine. Maintenant que je suis plus expressive, que je montre mes sentiments ou que je lutte intérieurement, je suis soudainement qualifiée d'immature ou d'hystérique", regrette-t-elle.
"Partager cela changera-t-il quelque chose ?", finit-elle par interroger dans son message. "Probablement pas, admet la Polonaise, pas très optimiste. Car je vois bien que les gens aiment juger, avoir des théories et imposer leurs opinions, enchaîne celle qui est sevrée de titres depuis Roland-Garros. Mais peut-être que des personnes désireuses de comprendre ce que je vis comprendront." Au bord de la crise de nerfs mais toujours très cérébrale, Iga Swiatek cherchera un trophée mais aussi un peu de calme à Miami. Pas simple, dans un cas comme dans l'autre.
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