De l'engouement malgré une baisse de moyens : Jean-Charles Valladont dresse le bilan du développement du tir à l’arc après les JO

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Un an et demi après les JO de Paris 2024 et en préambule du tournoi international de Nîmes (17-18 janvier), Jean Charles Valladont dresse le bilan de "l’effet Jeux" pour sa discipline, le tir à l’arc. Le double médaillé olympique atteste d’une accroissement des licenciés, mais constate que les moyens ont logiquement baissé suite à l’engouement qu’avait suscité les jeux pour les sponsors.

Jean-Charles Valladont

Crédit: Getty Images

Par Thibault Minier
Le tir à l'arc est considéré comme un sport assez niche. Comment arrivez-vous à apporter de la visibilité à votre sport entre deux éditions des Jeux Olympiques ?
JEAN-CHARLES VALLADONT : C'est vrai que c'est un sport où la visibilité est toujours mise en avant au moment des Jeux. C'est une grande chance qu'on a mais c'est toujours un peu délicat. Quand je dis un peu délicat, c’est parce que c'est très télévisuel, mais ce n'est pas forcément facile à vendre à des sponsors. Et de ce fait, il y a une couverture médiatique qui est toujours un peu moindre. Donc on essaye au maximum de faire jouer nos contacts et puis d'avoir une relation avec la presse qui est la plus saine possible.
Sur le plan économique, dans plusieurs autres sports, les athlètes se plaignent que les sponsors s'en aillent après les Jeux. Est-ce le cas dans votre discipline ?
J.-C. V. : J'ai entendu parler de beaucoup de gens qui, bien sûr, dans différents sports, se sont plaints après les Jeux qu'il y avait une redescente de cet accompagnement. Nous, on ne peut pas dire que c'est descendu à zéro. On a perdu le côté exceptionnel que nous ont apporté les Jeux et le surplus qui nous avait été donné (surplus en termes de moyens et de capacités). Mais en fait, ce qu'il faut quand même mettre en avant, c'est qu’on a été gâté pour les Jeux de Paris. Moi, ça va être ma cinquième Olympiade (à Los Angeles en 2028). J'ai fait quatre fois les Jeux. Mes premiers, c'était en 2008 à Pékin. A Paris, on était à la maison. C'est normal qu'il y ait eu un engouement, que ce soit des partenaires privés, des partenaires publics, c’est-à-dire de l'État, qu'il y ait eu quelque chose d'un petit peu supérieur à d'habitude. C'est compréhensible. Et on est retombés et retournés à la normale. Et je trouve ça bien évidemment dommage quand on parlait d'héritage des Jeux, le fait qu'on allait avoir un accompagnement supérieur à tout ce qu'on pouvait avoir avant, mais il fallait quand même s'y attendre, surtout dans les "petits" sports comme les nôtres.
Est-ce que les JO 2024 ont créé un engouement envers le tir à l'arc, que ce soit au niveau du nombre de licenciés ou en termes d’infrastructure ?
J.-C. V. : Alors oui, le nombre de licenciés a sensiblement augmenté. On voit l'engouement dans les clubs. Tous les gens du tir à l'arc se sont pris au jeu. L'équipe de France a brillé aux Jeux Olympiques, donc on a pris conscience de la possibilité d’atteindre le plus haut niveau possible dans notre sport. Et après, on est quand même une grosse fédération. On a plus de 80 000 licenciés, ce qui fait de nous l’une des plus grosses fédérations du monde dans le tir à l'arc. On a quand même des moyens qui sont assez intéressants. Un gros budget a été déployé pour pouvoir faire augmenter le niveau des Français et ça a payé avec ces Jeux Olympiques. Souvent, on a une limitation par rapport à nos capacités d'accueil dans tous les clubs. Comme dans beaucoup d'autres sports. C'est un peu ça qui est dommage et c'est un peu là-dessus où j’aurais espéré que l’héritage des Jeux soit un peu plus visible. 
En quoi l’organisation de ce tournoi dans la ville de Nîmes contribue-t-il à l’engouement et à la hausse de popularité du tir à l’arc en France ?
J.-C. V. : Aujourd'hui le tournoi de Nîmes compte plus de 1 300 inscrits, c’est un record. Pour la ville de Nîmes, c'est le deuxième plus gros événement en termes de nuitées et de restauration sur un week-end, après la Feria. Que ce soit pour la France ou pour la ville de Nîmes, ça va donner une très grande visibilité au tir à l'arc. C'est un événement comme ça qui peut être vecteur de potentielles naissances de passion.
Quelles seraient les solutions que vous aimeriez apporter pour augmenter la visibilité du tir à l'arc ?
J.-C. V. : Aujourd'hui, la visibilité du tir à l'arc, on l’a. Tout le monde a déjà fait du tir à l'arc. On ne l’a pas forcément sur le sport, mais sur l'objet et sur la pratique de cette discipline. Pour aller plus loin, on est en train de travailler, la Fédération et les différents gros clubs de France, pour arriver à créer des sections dans les collèges. Le tir à l'arc, c'est quelque chose de spécifique. Donc, les professeurs de sport en collège ne sont pas forcément formés, mais ils peuvent faire une section de dix séances de tir à l'arc en étant accompagnés par des gens de clubs. On est en train d'essayer de développer ça pour que tout le monde puisse en faire pendant deux mois au collège ou à l'école. Et c'est ça qui pourrait faire naître certaines passions chez les jeunes. 
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