Coupe de l'America - Entraînements sur simulateurs et opposés à des "rockstars" : les Bleus ambitieux malgré tout
Par Glenn Ceillier
Publié 30/11/2023 à 17:08 GMT+1
L'Orient Express Racing Team, le défi français convoitant la légendaire Coupe de l'America l'année prochaine, revient sur l'eau cette semaine lors de la deuxième régate préliminaire opposant toutes les équipes engagées sur la Coupe de l'America. Après avoir étonné en finissant sur le podium à Vilanova, les Bleus espèrent remettre le couvert à Djeddah, même s'ils ont dû s'entraîner sur simulateurs.
L'Orient Express est monté sur le podium de la première régate préliminaire de la Coupe de l'America, dimanche après-midi.
Crédit: Getty Images
Il est de retour ! Un peu plus de deux mois après avoir surpris son monde à Vilanova où il a pris la troisième position de la première régate préliminaire opposant toutes les équipes engagées sur la Coupe de l'America, le défi français Orient Express revient aux affaires ce weekend à Djeddah, en Arabie Saoudite. Lors de cette deuxième étape qui a lieu de jeudi jusqu’à samedi, les Français ont envie de remettre ça. "Idéalement, on aimerait bien remonter sur le podium comme on l'a fait à Vilanova, même si on a conscience que certaines équipes n'ont pas vraiment bien fonctionné la dernière fois et ont passé plus de temps à s'entraîner", lance Bruno Dubois, directeur du team Orient Express.
Le défi reste de toute manière le même pour l'équipe tricolore : ces régates préliminaires permettent de se jauger face à la concurrence en quête d'une aiguière d'argent qui échappe à la France depuis sa création il y a plus de 150 ans. Et notamment pour le talentueux skipper Quentin Delapierre qui s'est fait un nom sur en SailGP - prestigieux circuit de régates organisées à bord de F50, des catamarans à foils pouvant dépasser les 90 km/h sur l'eau -. "C'est important pour nous car ça nous permet de faire face aux autres compétiteurs. On a une équipe assez jeune. Donc c'est crucial pour que Quentin puisse naviguer contre les 'rockstars', et les regarder dans les yeux sans avoir peur", explique encore Bruno Dubois.
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First placed France's Orient Express Racing Team (R) sails ahead of Switzerland's Alinghi Red Bull Racing (C) and US NYYC American Magic during the race on the second day of the 37th America's Cup first preliminary regatta
Crédit: Getty Images
Les entraînements sur simulateurs ? "Ça nous a permis d'aller dans le détail du trait"
La crème des régatiers est en effet au rendez-vous. La Grande Bretagne peut compter sur Sir Ben Ainslie, quadruple médaillé d'or en voile olympique. Le bateau kiwi s'appuie de son côté sur Peter Burling - plus jeune vainqueur de la Coupe en 2017 à seulement 26 ans – alors que le défi Americain Magic a recruté l'Australien Tom Slingsby qui a tout raflé en Laser avant de se lancer en Sail Gp avec succès (trois saisons, trois victoires). Et à bord de chaque équipage, les marins chevronnés sont légion.
Officialisé sur le tard en février alors que d'autres formations sont sur le pont depuis bien longtemps, le défi français a conscience de ses limites actuelles. Mais fait au mieux avec ses moyens. "On a travaillé dur entre Vilanova et Djeddah pour combler notre retard sur les premiers, explique Delapierre, le barreur français. On a eu une logistique un peu complexe comme L'Orient Express Racing Team n'a qu'un seul bateau. Donc on a dû combler par des entraînements sur simulateurs. Pour des marins, ce n'est pas jamais facile, on préfère être sur un vrai bateau. Mais ça nous a permis d'aller dans le détail du trait. Sur la stratégie des départs, la tactique, la coordination à bord".
Pour ne rien arranger, l'organisateur de la prochaine Coupe de l'America a imposé pour ces premières régates aux défis engagés de s'affronter sur des AC40, monotype modèle réduit de l'AC75 – le foiler choisi pour la Coupe l'année prochaine -. Et si l'AC75, un monocoque de 23 mètres, va être livré au printemps alors que les phases finales de la compétition auront lieu du 12 au 20 octobre 2024 à Barcelone, ces premières courses ne sont évidemment pas à prendre à la légère. Même si l'outil principal n'est pas le même.
"Ces événements sont des points de passages vers ce que l'on va faire avec l'AC75, annonce Bruno Dubois. C'est un moyen de travailler sur le futur pour nous car l'objectif est quand même de réfléchir à ce qu'on va faire avec l'AC75. On va avoir très peu de temps comme on va avoir notre bateau à l'eau vers le printemps 2024. Là, on va pouvoir voir comment les autres équipes sont organisées. Et le niveau de compétence". Avec l'idée de surprendre encore et toujours. "On est peut-être les moins expérimentés dans ce projet de Coupe de l'America mais on arrive quand même à performer en ayant peu de temps de navigation", prévient ainsi le régleur d'aile Kévin Peponnet. Les Bleus l'ont démontré avec brio à Vilanova.
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