Les Peyron sur le pont ?

Loïck et Bruno Peyron, deux des plus prestigieux marins français, songent sérieusement à participer à la prochaine Coupe de l'America, en 2013, indique le quotidien L'Equipe dans son édition de mardi. Vendredi dernier, les deux skippeurs participaient à la réunion des syndicats potentiels à Paris.

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Loïck et Bruno Peyron, deux des plus prestigieux marins français, songent sérieusement à participer à la prochaine Coupe de l'America, en 2013, indique le quotidien L'Equipe dans son édition de mardi. Vendredi dernier, les deux skippeurs participaient à la réunion des syndicats potentiels à Paris. Cela fait onze ans que les deux frères Peyron n'avaient plus participé à une entreprise commune dans le domaine de la voile, lorsque Loïck prit la barre d'Innovation Explorer dans The Race, la course autour du monde en multicoques en équipage organisée par Bruno.
Loïck et Bruno Peyron indiquent avoir contacté Stéphane Kandler (K-Challenge devenu ALL4One), parlé aussi avec Franck Cammas et Groupama 3, Pascal Bidégorry et Banque Populaire. Loïck associé à Bertrand Pacé, en 2003, avait tenté de fédérer un syndicat Team France autour de ces deux noms, cela n'avait pas abouti. Pacé, pour sa part, a lancé un syndicat ALEPH, qui a reçu l'aval de la Fédération française de voile. De son côté, Kandler dirige la seule structure française rompue aux arcanes des nouveaux canons de la Coupe de l'America. Par définition, il est ouvert à toutes les discussions, et il devrait réagir rapidement à la volonté des frères Peyron.
Le savoir français, métissé d'un peu d'anglais par l'architecte Nigel Irens, était largement impliqué dans les deux syndicats de l'édition 2010. Celle qui a vu BMW-Oracle (architecte Vincent Lauriot-Prévost conseils de Franck Cammas) récupérer, pour les Etats-Unis, le trophée détenu par le Suisse Alinghi (architectes Nigel Irens et Benoît Cabaret, conseils Alain Gautier et Loïck Peyron). Depuis les années du baron Bich (1970), qui a initié la mise en place d'épreuves de sélection des challengeurs, ce qui donna ensuite la Coupe Louis Vuitton, la France a participé à toutes les campagnes régulières, à l'exclusion des deux coupes ordonnées par la justice (1988 et 2010).
A Bic, succédèrent le producteur Yves Rousset-Rouard, l'industriel Serge Kransnianski, à la tête des syndicats français et à la barre des voiliers, Bruno Troublé, Eric Tabarly, Marc Pajot. A la fin des années 90, la clause de nationalité (de l'architecte aux marins en passant par le chantier naval, la voilerie, etc... tout devait être originaire d'un même pays) commençait à s'effriter puis, en 2003, elle vola en éclats. Pour la prochaine Coupe en 2013, le principal écueil sera la clause de l'architecte, puisqu'à partir de 2012, un même cabinet d'architecte ne pourra plus travailler pour deux ou plusieurs syndicats.
C'est à partir de là qu'est apparue une nouvelle forme de syndicat de Coupe de l'America, même s'il subsiste encore quelques "tycoons", à commencer par Larry Ellison, le fondateur et propriétaire d'Oracle. Ces syndicats sont devenus des sortes de franchises, telles qu'elles existent dans les sports professionnels aux Etats-Unis (basket-ball, football ou base-ball). Le budget qu'il faut atteindre, 50 à 70 millions pour une campagne jusqu'à 2013, n'est pas, aux dires de Loïck Peyron, "si vertigineux que cela".
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