The Ocean Race Europe - Yoann Richomme (Paprec Arkéa) : "Juste magique"

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Yoann Richomme, skipper de Paprec Arkéa, fait le point avant le départ de la 4e étape de The Ocean Race Europe ce dimanche à Nice. Le deuxième du dernier Vendée Globe nous explique ce qui fait le charme de The Ocean Race Europe et les difficultés que cette course unique peut représenter.

Yoann Richomme, Skipper of Paprec Arkea in The Ocean Race Europe ©Mark Lloyd / The Ocean Race

Crédit: From Official Website

Vous n'avez pas pris part à la dernière étape de The Ocean Race Europe. Pourquoi avoir eu besoin de couper pendant cette course ?
Y.R. : "Nous sommes partis de Lorient le 23 juillet. Derrière, on a enchaîné la Rolex Fasnet puis le long voyage pour le départ à Kiel de cette épreuve avant évidemment de descendre d'Allemagne jusqu'à Carthagène lors des premières étapes. Or, ce sont des étapes hyper intenses. Ça tire dur sur les systèmes. Et puis, on a une saison qui est longue. Cette année, nous allons par exemple aller jusqu'à la fin de la Transat Café l'Or, mi-novembre. Donc, c'était plus que nécessaire de couper. J'ai laissé la main à Yann Eliès. Et je me suis reposé, autant que possible, en trois jours."
En équipage, on peut pourtant avoir l'impression que c'est moins éprouvant qu'une course en solitaire. Mais c'est en fait un autre effort ?
Y.R. : Ce n'est pas du tout la même gestion de l'effort. C'est beaucoup plus intense, on se lâche beaucoup plus. Et puis, il y a énormément de rebondissements dans ces courses, notamment en Méditerranée. Il y a beaucoup de manœuvres, il faut changer de voiles. Le bateau va vite, puis s'arrête avant de repartir à toute vitesse. Ça demande des réglages à tous instants. C'est vraiment usant.
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Video credit: Eurosport

Quel bilan tirez-vous des trois premières étapes ?
Y.R. : Pour nous, il n'est pas mauvais. On est sur le podium, après trois étapes. Je pense qu'au départ de Kiel, on aurait signé pour ça. Bien sûr, on vise toujours un peu plus haut. On aurait préféré être en tête. Mais il faut avouer qu'il y a deux bateaux qui sont particulièrement désignés pour ce type d'épreuve, Biotherm et Holcim-PRB. Pour nous, c'est quasi impossible de faire jeu égal dans ces conditions-là. De la même manière que pour eux, quand on est au portant dans la brise, et on l'a vu le long du Portugal ou à Gibraltar, on est beaucoup plus rapide qu'eux. Chacun a sa météo de prédilection. Et forcément quand on fait un Tour d'Europe l'été, ce n'est pas le gros temps qui va primer.
Biotherm a pris une belle avance en tête, est-ce encore possible de retourner les choses au général et de revenir sur Biotherm lors des deux dernières étapes ?
Y.R. : Ou de ne pas changer les choses ! Ce serait plutôt ça, parce qu'on est deuxième ex-aequo. La première place est quasi inatteignable car Biotherm a remporté tous les points possibles depuis le départ. C'est une domination totale. En revanche, on a le risque de ne pas réussir à contenir aussi Holcim-PRB qui, effectivement, marche mieux dans ces conditions-là. Après, ce n'est pas tout. Il reste du jeu. Et pour nous, le pire serait de perdre notre place sur le podium. Il faut aussi avoir ça en tête qu'on ne peut pas laisser Malizia ou Allagrande marquer trop de points et ensuite pleurer à l'arrivée au Monténégro avec une quatrième place.
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Video credit: Eurosport

Est-ce que tu peux nous dire quels vont être les points clés, les zones un peu charnières dans les deux prochaines étapes, à quel moment ça peut jouer ?
Y.R. : Je ne sais pas te dire. Je ne suis pas devin. Je ne sais vraiment pas quelles zones seront difficiles à gérer. Car ça peut être partout. Là, on doit par exemple aller à Monaco, ce n'est pas loin mais il n'y a pas de vent pour y aller. Ça peut être le truc le plus compliqué à gérer de toute l'étape. Et après, tu peux prendre 35 nœuds au portant dans les Bouches de Bonifacio et en fait, ce n'est pas si compliqué que ça à gérer. Donc, c'est vraiment hyper dur à lire.
La Méditerranée est d'ailleurs un terrain de jeu un peu particulier. Elle est réputée pour son côté imprévisible, est-ce que c'est ce qui la rend excitante ?
Y.R. : Elle n'est pas vraiment imprévisible. Je ne pense pas que ce soit vraiment le terme exact même si c'est le cas dans l'imaginaire collectif. Il est vrai que c'est compliqué de naviguer en Méditerranée parce que c'est une mer qui est très chaude. Et elle est entourée de plein de terres. Tout cela la rend un peu aléatoire, un peu difficile à comprendre mais il y a quand même des choses à en retirer. On arrive quand même à faire de la bonne navigation dedans. Après, quand tu as des bateaux qui vont aussi vite, ça fait des zones de vent qui sont très contraintes. Il y a des changements, qui vont vite. Et donc, on va passer 2-3 heures à aller à 25 nœuds et traverser toute une zone, genre le golfe de Lyon. Et puis après, se retrouver à nouveau dans la moelle à Porquerolles. Ce que quasiment aucun bateau n'est capable de faire. C'est donc vraiment difficile pour les marins de trouver du sommeil et de préparer la suite de la navigation. En revanche, il ne faut pas voir ça comme une loterie totale non plus.
Qu'est-ce qui rend cette compétition, The Ocean Race Europe, si spéciale ?
Y.R. : Le charme de The Ocean Race Europe, c'est de faire un tour d'Europe. Ce qui est déjà juste le truc le plus simple qui existe. C'est un peu comme le Tour de France. C'est juste magique. Tu vois plein de paysages, plein d'endroits différents. Les navigations sont super belles. Et franchement, on s'éclate. C'est sur un rythme qui est intense. Les repos sont faibles. Il n'y a pas de longueur à terre quand on repart vite en mer. Contre des bateaux qui sont de très bons bateaux, du Vendée Globe, très affûté, avec de très bons équipages. Donc, c'est une vraie compétition, hyper intéressante.
 
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