THE OCEAN RACE EUROPE - Yoann Richomme, skippeur du Team Paprec Arkéa : "S'il y a des conditions plus musclées, il y aura des opportunités"
Par Paul Citron
Publié 17/08/2025 à 00:46 GMT+2
Coiffé au poteau par le Team Malizia jeudi midi à l'arrivée de la première étape de The Ocean Race Europe (à suivre sur Eurosport et HBO Max) à Portsmouth, Yoann Richomme a profité de l'escale en Angleterre pour recharger les batteries. Le skippeur du Team Paprec Arkéa reste confiant pour la suite : l'entente à bord est excellente et tout reste à faire, même si Biotherm a pris de l'avance.
Meilhat : "On a envie de se battre pour le podium, cette course nous donne raison"
Video credit: Eurosport
Yoann Richomme a mené l'IMOCA Paprec Arkéa à la troisième place de la première étape de The Ocean Race Europe ce jeudi à Portsmouth. Son bateau est à la troisième place au classement général avec 6 points, ex aequo avec Team Malizia et derrière Biotherm (9 points). Le lauréat de l'édition 2021, qui a également fini deuxième du Vendée Globe derrière Charlie Dalin en début d'année, fait part de ses sensations après le début de l'épreuve (à suivre sur Eurosport et HBO Max jusqu'au 21 septembre), avant de prendre la direction de Porto et Carthagène ce dimanche.
Question : Bonjour, Yoann. Avez-vous pu vous reposer depuis l'arrivée à Portsmouth jeudi ?
Yoann Richomme : Oui, tout se passe très bien. On a fait une petite navigation hyper sympa hier (vendredi, ndlr) avec des invités dans le Solent. C'est une super escale. On a eu le temps de réparer le bateau, de se réparer nous-mêmes et on est chauds pour repartir.
La fatigue du Vendée, elle est passée. On a fait une bonne préparation
Q. : La première étape a été intense, de l'aveu de tous les concurrents. C'est aussi votre avis ?
Y. R. : Oui, c'était compliqué. C'est des petites sections de parcours, donc il y a eu beaucoup de changements de voile, beaucoup de changements de météo très rapides, donc on a été obligés de se donner. Ce n'est pas parce qu'une étape est longue qu'elle est forcément plus difficile, les étapes courtes peuvent aussi être très compliquées. On a dormi 5, 6 heures par nuit, ce qui n'est pas si mal, mais on a eu une grosse, grosse dépense énergétique.
Q. : La fatigue du Vendée Globe (il a fini 2e le 15 janvier 2025, ndlr) est vraiment derrière vous, pas de rechute après ces premiers jours de course ?
Y. R. : C'est digéré. La fatigue du Vendée, elle est passée. On a fait une bonne préparation, on est arrivés affûtés. On est vraiment opérationnels pour la suite.
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L'équipage du Team Paprec Arkéa sur The Ocean Race 2025. Crédit : Jean-Louis Carli.
Crédit: Getty Images
Q. : Qu'est-ce que ça change de courir avec un équipage cette fois ?
Y. R. : C'est un format très sympa ! Le fait d'avoir beaucoup de monde à bord (Corentin Horeau, Pascal Bidégorry, Mariana Lobato, et un reporter, Julien Champolion), de pouvoir échanger, de beaucoup rigoler... Parce que la navigation en solitaire, le défaut, c'est le solitaire (rires). Là, c'est un challenge hyper intéressant. J'apprécie l'équipage, j'apprécie l'esprit d'équipe. Après, on est un petit peu serrés dans le bateau, parce que forcément, ils sont faits pour une seule personne. Ce n'est pas toujours facile de trouver sa place, mais on se débrouille. On tourne beaucoup pour trouver du sommeil, on a chacun notre petit moment tranquille sur le matelas, à roupiller. Donc ça passe très bien.
Q. : Chacun trouve son rôle à bord ?
Y. R. : Oui, certains sont plus en charge de faire avancer le bateau, moi je fais beaucoup la navigation, il y en a qui sont plus "manoeuvres", Mariana se charge sutout de changer les voiles à l'avant... On a tous notre petit rôle, notre occupation, et il faut à la fois être calé dans son rôle et à la fois rester souple pour aller prendre la place des autres quand ils sont crevés, ou qu'ils ne sont pas disponibles. Il faut des gens très complémentaires. L'entente est très bonne, c'est vraiment top.
Q. : Avec deux jours de recul, comment analysez-vous la première étape ? Vous prenez la troisième place après un gros duel avec Team Malizia. Est-ce qu'il y a toujours de la frustration ?
Y. R. : On reste content de la première étape. Troisième, ça reste un bon résultat. Bien sûr, ce qui est dommage, c'est d'avoir perdu la deuxième place aussi près du but. Mais bon, on a fait une erreur bête, c'est majoritairement ma faute. Je me suis planté stratégiquement.
Q. : Avant le départ, Team Malizia était l'équipe que vous connaissiez le moins. Vous en avez appris un peu plus désormais sur ce nouveau rival ?
Y. R. : C'est un bateau étonnant, parce que même s'il est assez gros et probablement assez lourd, il avance très bien dans le petit temps (quand les vents sont faibles, ndlr). Ils seront souvent là au rendez-vous.
Q. : Paul Meilhat (skippeur de Biotherm, 1er du classement, ndlr) a affirmé à l'arrivée à Portsmouth que les conditions de navigation avaient avantagé son bateau lors de l'étape. Vous pensez la même chose ?
Y. R. : Oui, parce qu'il aime bien les vents mediums entre 10 et 15 nœuds, la mer plate, et c'est ce qu'on a eu, puisqu'on était dans des mers très protégées : la mer Baltique, le passage entre les îles du Danemark, la mer du Nord... C'est sûr que s'il y a des conditions plus musclées, il y aura forcément des opportunités pour nous car il sera moins à l'aise. Mais je ne suis pas sûr que ce sera le cas. Il y aura peut-être un peu plus de vent, mais ce ne sera sûrement pas exceptionnel.
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Voile déchirée, coque éventrée : déjà de la casse au départ de l'Ocean Race Europe
Video credit: Eurosport
Q. : Les bateaux de Holcim-PRB et Allagrande, qui se sont heurtés au départ à Kiel, vont pouvoir rejoindre la course. Avez-vous vu ce qu'il s'est passé ? Et pensez-vous que leur retour peut encore densifier la lutte ou ont-ils déjà pris trop de retard ?
Y. R. : Je me suis retourné en direct, au moment où ça arrivait, mais sinon j'ai vu les vidéos comme tout le monde. Je ne sais pas ce qu'il va se passer au classement général, parce qu'il y aura un passage devant le jury après Carthagène, donc on ne peut pas savoir combien de points ils auront après la première étape. Et après, chaque étape est nouvelle. Ils réintègrent la flotte, ça reste deux concurrents très affûtés et on va les voir aux avant-postes, je n'ai aucun doute.
Q. : Cette année, il y a des "scoring gates" situés quelques miles après chaque départ pour gagner des points supplémentaires. Vous avez pris un point à Kiel, est-ce que vous appréciez cette innovation ?
Y. R. : Oui, c'est un principe qui est sympa. Après, ça pèse un peu lourd dans le classement, c'est ce qui est délicat sportivement. C'est un concept intéressant, mais ça fait prendre pas mal de risques sur les premiers miles de la course, et on a quand même vu le résultat avec le crash lors de la première étape. Je ne dis pas que c'est exclusivement la faute de ça, mais forcément, ça crée une intensité supérieure qui pousse à faire des bêtises. J'avais analysé que ce serait clairement ça, le gros danger : se faire piéger par l'envie trop grande de vouloir marquer des points à tout prix. Sur la deuxième étape, il est un peu plus loin, mais ça met tout de même la pression dès le départ.
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Le bateau du Team Paprec Arkéa pendant The Ocean Race Europe, en 2025. Crédit : Team Paprec Arkéa.
Crédit: Eurosport
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