"Plus intense, plus exigeant" : The Ocean Europe, une petite sœur bien difficile
Mis à jour 10/08/2025 à 16:43 GMT+2
Petite sœur de The Ocean Race – l’iconique course au tour du monde en équipage -, The Ocean Race Europe va représenter un autre défi pour les sept équipages qui s'y attaquent à partir de ce dimanche 10 août. Et ça s'annonce aussi éprouvant qu'éreintant pour de multiples raisons.
Voile déchirée, coque éventrée : déjà de la casse au départ de l'Ocean Race Europe
Video credit: Eurosport
C'est reparti pour un tour. Un peu plus de deux ans après l'arrivée de The Ocean Race 2022-2023 à Gênes, sa petite sœur entre en piste. Et avec The Ocean Race Europe 2025, c'est une tout autre course qui se présente pour les sept équipages mixtes de la flotte IMOCA au départ de cette épreuve qui s'annonce aussi rythmée qu'indécise. Car entre la version Tour du monde et la version Europe, les marins ne sont pas mangés à la même sauce. The Ocean Race, l’iconique course en équipage autour du monde, éprouve les corps et les esprits par sa durée, ses étapes longues et ses conditions multiples. The Ocean Race Europe, c'est une autre histoire.
Durant ce Tour d'Europe qui partira de Kiel en Allemagne le 10 août prochain pour finir dans la magnifique Baie de Kotor au Monténégro le 21 septembre, les sept étapes (avec le fley-by de Porto) sont plus courtes. Mais ne vous y trompez pas : ce n'est pas plus facile. Deuxième du nom après l'édition inaugurale en 2021, cette course ne va en effet pas épargner les équipages durant les sept semaines de compétition. "J’adore les courses de ce type avec des étapes de sprint courtes et beaucoup d’escales, savoure Yoann Richomme (Paprec Arkea), qui a fini deuxième du dernier Vendée Globe. C’est un format qui ressemble beaucoup au Tour de France à la Voile ou à la Solitaire du Figaro."
Les étapes sont trop longues pour ne pas dormir du tout…
Par rapport au tour du monde, c'est aussi d'autres contraintes. D'autres challenges. "Lors de l'édition 2021 de The Ocean Race Europe, j'ai trouvé ça plus intense et plus exigeant que The Ocean Race, nous a expliqué Rosalin Kuiper, qui sera la skipper de Team Holcim-PRB. The Ocean Race a un impact important sur ton corps, j'ai mis un an à récupérer par exemple. Et j'avais perdu 10 kilos. Mais The Ocean Europe est plus intense car il n'y a pas de repos du tout. Les étapes sont courtes, mais la course est très tactique, avec beaucoup de passages côtiers. Il est difficile d'adopter un bon rythme de quart, mais les étapes sont trop longues pour ne pas dormir du tout."
Cette édition 2025 ne va en effet pas pardonner le moindre écart. Par sa formule déjà : "Il n'y a pas de coefficient cette fois-ci et on ne retire pas de manche non plus. Même la plus petite étape va peser. Donc, globalement, tout va être important. C'est vraiment la régularité qui va payer", estime Paul Meilhat, le skipper de Biotherm. Mais pour son profil aussi. Car avec 8 334 kilomètres à parcourir le long des côtes du Vieux Continent, les équipages vont devoir être sur le qui-vive 24 heures sur 24 !
Naviguer près des côtes, tout sauf rassurant
Pour le commun des mortels, rester pas très loin de la terre peut en effet être rassurant. Mais en pleine compétition, c'est une autre histoire : "Pour nous ce qui change, ce n'est pas tellement la durée, c'est vraiment le terrain de jeu. Et là, une étape de 10 jours en côtier, ça te flingue, nous explique Amélie Grassi, qui va épauler Paul Meilhat. Au large, ça déroule. Mais là, il va y avoir beaucoup plus de problèmes potentiels. (…) Il y a plus de manœuvres à réaliser parce qu'il faut contourner les cailloux mais en plus le vent est moins stable auprès de la côte comme il est très influencé par la terre. C'est un autre un paramètre qui va te faire changer de voile tout le temps. Et puis, il y a aussi d'autres bateaux. Donc on perd beaucoup d'énergie dans la veille des pêcheurs, des plaisanciers, des bouées, des éoliennes. En côtier, il se passe quelque chose à chaque instant si bien que c'est difficile de trouver le temps de te reposer."
De quoi se dire que cette course avec certains des meilleurs skippers français et internationaux s'annonce éprouvante. Mais aussi passionnante, alors que les conditions vont changer de tout au tout entre les étapes disputées dans l’Atlantique puis la Méditerranée. "The Ocean Race Europe est très attirante d'un point de vue sportif parce qu’il s’agit à la fois d’une régate et d’une course au large", apprécie Ambrogio Beccaria (Allgrande Mapei Racing). Un joli cocktail donc à savourer.
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