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Desjoyeaux: "La plus dure"
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Publié 21/08/2007 à 11:30 GMT+2
Même s'il l'a déjà remportée deux fois en 1992 et 1998, Michel Desjoyeaux affirme que cette Solitaire Le Figaro a été la plus dure à gagner.
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MICHEL DESJOYEAUX, la satisfaction est-elle particulière pour pour cette troisième victoire dans La Solitaire ?
M.J. : C'est surtout le niveau de la compétition et l'intérêt qu'il y a eu sur chaque étape qui donne une saveur particulière à cette victoire. Il y a eu des éditions où t'avais l'impression qu'il ne se passait rien, autant, celle là, il s'est toujours passé plein de choses. A tous les moments, ça valait le coup d'y réfléchir pour essayer de mieux faire la prochaine fois. On ne s'est jamais ennuyé. Y'a rien de pire, comme le dit Mouren, que les bords de &lsquosanglier' où tout se fait sur un seul bord, où il ne se passe rien. On n'a pas du tout eu ça cette année. Cela vient des conditions mais aussi du niveau de la flotte, de son homogénéité. Tous les bateaux marchent bien et tous les coureurs sont capables de prendre de bonnes initiatives, de ne pas être seulement des suiveurs.
Est-ce la plus belle ou la plus difficile victoire?
M.J. : Je pense pouvoir dire que c'est la plus dure des Figaro que j'ai jamais courues. La première étape était très tactique, la deuxième était très rapide sous spi, la troisième nous a offert une très éprouvante remontée du golfe de Gascogne et la dernière, une descente du golfe bien solide aussi. J'étais venu chercher la bagarre, la confrontation, j'ai été servi. Avec nos gros bateaux (les 60 pieds open), on ne navigue pas énormément avec ce niveau de confrontation. Là, vous avez 50 concurrents avec une vingtaine qui sont d'un niveau suffisamment conséquent pour pouvoir se tirer la bourre&hellip Il suffit de regarder la façon de sortir de la baie de La Corogne avant hier, il y avait des bateaux partout. Il n'y a que dans La Solitaire que tu trouves ça.
Cette 3e victoire vous laisse de grosses marques de fatigue ?
M.J. : Oui je suis fatigué. Le fait de prendre un mauvais départ et de partir en milieu de paquet, puis d'enchaîner quelques bêtises (j'ai une écoute de spi qui s'est coincée dans un safran), ça a la faculté de développer chez moi des débordements d'énergie. Je n'ai rien lâché tant que je n'étais pas revenu aux avant-postes et ça n'a pas mis longtemps. Je me suis tiré la bourre avec Nico (Bérenger) et j'y ai laissé un spi. J'ai enchaîné 10 à 12 heures de barre complètement trempé&hellip j'ai encore les mains blanches. J'ai mal aux mains à force d'avoir barré parce qu'à ces allures là, ça reste assez physique.
Vaincre aux Sables-d'Olonne, où vous aviez triomphé dans le Vendée Globe en 2001, n'était-elle pas symbolique?
M.J. : Non, car ce n'était pas le même contexte, ni le même périple. La dernière fois que j'ai passé la marque d'arrivée, il y avait tellement de monde sur l'eau que je ne voyais pas la bouée. Maintenant je veux bien signer pour une arrivée identique dans un an et demi.
PALMARES DE MICHEL DESJOYEAUX
1992: 1er Solitaire du Figaro, 1er Transat AG2R avec Jacques Caraes, 1er National Figaro Solo
1994: 1er Trophée des Multicoques
1995: 1er Trophée Clairefontaine
1996: champion de France habitable
1998: 1er Solitaire du Figaro, champion de France habitable
2001: 1er Vendée Globe, 1er Tour de France à la voile, 1er Trophée Clairefontaine, 3e Championnat du monde des monocoques de 60 pieds (ORMA)
2002: 1er Route du Rhum
2003: 2e Championnat du monde des monocoques de 60 pieds (ORMA), 1er Trophée Clairefontaine
2004: 1er course transatlantique en solitaire Plymouth/Boston, 1er The Transat
2007: 1er Solitaire du Figaro
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