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"A quitte ou double"
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Publié 04/08/2008 à 21:32 GMT+2
Gildas Morvan (Cercle Vert) explique sa tactique et les risques pris dans le final pour remporter la 2e étape, entre Vigo et Cherbourg-Octeville.
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Quelle est votre première impression ?
Gildas Morvan : Content, bien sûr, ça fait toujours du bien une victoire ! Elle n'était pas facile celle-là, je me suis arraché pour aller la chercher, j'ai attaqué à fond. Trois nuits, quatre jours, et c'était chaud tout le temps avec le spi, les cargos, le courant... Je n'ai pas dormi ni la première nuit ni la dernière, mais bien la deuxième, j'ai essayé de bien gérer, de rester lucide pour bien réfléchir.
Ce coup décisif en Espagne, comment l'expliquer ?
G.M. : Il y avait un petit truc à faire au niveau de l'Espagne, j'en étais persuadé : il fallait exploiter le vent qui était très sud au cap Finisterre, empanner et glisser. J'ai longé toutes les baies, négocié tout ce que je pouvais en accélérations de vent à la côte. J'y suis allé franco et j'ai eu jusqu'à 17 nœuds de vent quand les autres n'en avaient que 12 au large, où ils allaient parce que les routages disaient d'aller chercher la sortie de dorsale par là. Ensuite, quand le vent de sud-ouest est arrivé, j'ai réussi à me recaler devant et à chaque relèvement je gagnais du terrain. Je me suis dit c'est bon, j'ai continué franco encore. Ce qui est marrant c'est qu'en 1999, j'ai gagné ma première étape de La Solitaire sur le même scénario.
Comment avez-vous ressenti la pression des adversaires ?
G.M. : J'étais parti pour faire ma course, bien concentré sur tout ce qu'il y avait à faire et en gardant ma trajectoire. On n'a pas la position des autres concurrents, alors ça m'a enlevé une épine du pied, un coup je perdais un mille, un coup j'en gagnais deux et au final j'ai réussi à augmenter mon avance.
L'arrivée sur le raz Blanchard, contre le courant ?
G.M. : C'était à quitte ou double. Un moment je n'avançais pas sur le fond, je n'avais plus le choix, j'ai prévenu le bateau de la Marine Nationale que j'allais faire l'intérieur et j'y suis allé, à terre, j'ai rasé les phares, c'était hyper chaud avec des cailloux de partout... et au dernier caillou à La Plate, j'ai talonné avec le bateau. J'ai entendu un grand bruit mais c'était un risque à prendre, je n'allais quand même pas tout perdre juste pour ça, pour une histoire de courant juste avant l'arrivée. Mais jamais je n'ai navigué comme ça, aussi engagé, je ne voulais pas y aller mais franchement, là je n'avais pas le choix.
C'était engagé à ce point ?
G.M. : J'ai pris des risques énormes en solo, quand tu dois tout gérer tout seul au milieu des cailloux, avec le bateau qui roule dans tous les sens. J'étais obligé, mais jamais je n'ai navigué comme ça, aussi grave. J'ai tapé mais c'est passé. Je me suis fait peur, mais encore une fois je n'avais pas le choix car ne pas passer c'était tout perdre, finir peut-être 4e ou 5e de l'étape. Au tour de France je l'avais déjà fait en équipage, j'étais déjà passé là et on avait déjà tapé. A Aurigny, ça déferait de partout, c'était super beau... et super chaud !
C'est la vengeance de Vigo ?
G.M. : A Vigo c'était un peu dur car je n'étais pas très loin de Nicolas Troussel quand il a réussi à s'échapper et à l'arrivée c'était une grande déception : 8 heures de retard au général, la victoire pliée... Il a fallu se remotiver à fond. Je me suis dit qu'on n'était après tout qu'à mi championnat, qu'il fallait se concentrer sur la suite, que la course était encore longue. Et puis voilà, mission accomplie, je crois que j'ai gagné cette étape proprement. Après, combien ça fait en temps, on verra ça plus tard...
Vous revenez bien au classement général...
G.M. : C'est sûr que je vais faire un bond en avant. Maintenant, on va essayer de prendre la prochaine étape comme celle-ci, essayer de la gagner et tenter de reprendre du temps à Nicolas Troussel. Ce qui est sûr, c'est que je vais être énervé jusqu'au final à l'Aber Wrac'h. Les autres le savent, je les ai prévenus à la VHF !
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