Les amarres sont larguées

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Les trente skippeurs du Vendée Globe ont embrassé leurs proches une dernière fois dimanche matin avant de quitter le ponton des Sables d'Olonne, moment traditionnel mais émouvant de la dramaturgie de cette course autour du monde en solitaire sans escale.

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Crédit: Eurosport

Ils sont partis. A 13h02, la flotte était lachée pour un majestueux ballet mettant en scène les 30 monocoques. Les premiers, si tout va bien, reviendront fin janvier ou début février. L'Anglaise Dee Caffari est la première à larguer les amarres. Sur le ponton, Catherine Chabaud, première femme à avoir bouclé un Vendée Globe, essuie ses larmes. "Je réalise ce que peuvent vivre ceux qui restent à terre. Moi, je sais où elle part. Je lui ai dit de prendre du plaisir, de prendre soin d'elle. Mais j'espère surtout qu'ils vont tous revenir". Chabaud participa au tragique Vendée Globe 1996-97, qui vit la disparition en mer du Canadien Gerry Roufs.
Roland Jourdain (Veolia) prend le départ de son troisième Vendée Globe. Gorge serrée mais impatient de se retrouver en mer: "Une charge émotionnelle comme ça, on ne s'habitue jamais. La vraie difficulté consiste à quitter sa famille pendant trois mois. Avec Véro, Théo et Félix, on se sépare quelques jours avant le départ pour que la pression ne monte pas trop". Beaucoup, cependant, sont là avec leur famille. Enfants, conjoints, parents. Un autre bateau s'éloigne, sous les applaudissements. Une petite dame en parka noire se cache pour échapper aux caméras et ne pas montrer ses larmes. Peut-être aussi pour que son fils, qui salue la foule depuis son bateau, ne la voie pas pleurer. Elle aussi s'embarque en solitaire pour trois longs mois d'attente.
"Régate interplanétaire"
Plus loin sur le ponton, le skippeur de Safran Marc Guillemot, 49 ans, n'en finit plus de raconter son bonheur: "Tout le monde devrait se garder des choses à faire pour la première fois, tout au long de sa vie. Pour moi, ce départ du Vendée Globe est une première fois, c'est un grand moment.La course? Ca va être une sacrée régate interplanétaire! Euh, pardon, planétaire..." Il éclate de rire au spectacle de son propre enthousiasme, puis interrompt brusquement les interviews: "Faut quand même que j'aille jeter un oeil sur la météo."
Dans un coin du bateau, un sourire lointain aux lèvres, sa compagne Christine Vannier, artiste peintre, en ciré jaune. Les trois mois de séparation? "Au niveau du stress, c'est moins dur qu'une Route du Rhum en multicoque, il y a quand même moins de risques en monocoque. Et puis ça fait vingt ans que je suis avec Marc, on a appris à gérer les départs. S'il y avait trop d'émotion, ce serait mauvais pour lui aussi..." Ambiance bien différente sur Generali, voisin de ponton de Safran. Le jeune skippeur Yann Elies essuie ses yeux rougis par les larmes. Un à un, il a étreint les membres de son équipe, pour les remercier: "Un projet comme ça, ça ne se fait pas en solitaire. Grâce à eux, je vais vers mon destin. Je vais faire ce dont j'ai toujours rêvé".
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