Eliès évacué

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Les secours australiens sont intervenus samedi matin à bord du bateau de Generali pour sortir Yann Eliès de son enfer. Le skipper souffrirait d'une fracture du fémur gauche.

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Crédit: Eurosport

Le skippeur Yann Eliès (Generali), victime d'une grave blessure jeudi dans le Vendée Globe, a été évacué samedi peu avant 12h00 à bord de la frégate australienne HMAS Arunta, selon le témoignage de Marc Guillemot (Safran), transmis en direct avec le PC course à Paris. Marc Guillemot, skippeur du Vendée Globe dérouté sur zone dès jeudi par la direction de course pour apporter un réconfort moral à Yann Eliès, a fait cette annonce au PC course après s'être entretenu avec le commandant du bateau. "Au moment de l'évacuation, des dauphins sont venus se mêler à la fête, comme par magie, a raconté Marc Guillemot. Les hommes qui étaient montés à bord ont conditionné Yann pour le transfert qui s'est fait dans des conditions de houle pas faciles. Yann était dans une espèce de coquille, il portait un
casque".
L'évacuation de Yann Eliès, qui souffre vraisemblablement d'une fracture du fémur gauche, s'est déroulée en trois temps. Une frégate australienne médicalisée et spécialement dépêchée sur zone, le HMAS Arunta, partie vendredi de Fremantle (côte ouest), a d'abord procédé à la mise à l'eau d'un zodiac pour approcher le bateau de Yann Eliès. Puis deux hommes, parmi lesquels un médecin civil, sont montés vers 10h40 sur le bateau du navigateur, avant de préparer et de procéder à son évacuation.
Les opérations ont lieu dans l'océan Indien, à environ 800 milles (1500 km) au sud des côtes australiennes, par 20 à 25 noeuds (environ 40 à 50 km/h) de vent, avec une mer agitée, obligeant les sauveteurs à faire preuve de prudence.
Le bateau du Français vogue désormais vide, en attendant d'être récupéré par des membres de son équipe. "Ils (les marins australiens) ont laissé le bateau sous voilure réduite avec la barre bloquée, pour qu'il continue à de rapprocher les côtes", a précisé Marc Guillemot, qui bénéficiera d'un temps compensatoire pour s'être porté au secours de son compatriote.
"Il sentait la fin de son calvaire"
Le docteur Jean-Yves Chauve, médecin de la course, a indiqué que Yann Eliès avait pu dormir dans la nuit de vendredi à samedi "grâce aux forts antalgiques prescrits hier (vendredi) soir". "Il a pu dormir pas mal", a-t-il souligné. "Il sentait la fin de son calvaire arriver. C'était bon sur le plan moral", a précisé M. Chauve. "J'ai donné au médecin australien toutes les informations dont je disposais sur Yann, a déclaré M. Chauve. Maintenant, une fois Yann évacué, on va voir ce qu'il est possible de faire à bord de la frégate sur le plan médical".
"Une décision sera prise ensuite sur un transfert vers un hôpital australien", a poursuivi le médecin de la course. "Il y a une forte présomption de fracture du fémur, qui devra être confirmée par un examen médical direct", a-t-il conclu.
Originaire de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor), Yann Eliès, 34 ans, occupait la 8e place du Vendée Globe, quand il a été victime, jeudi, d'une fracture du fémur. Il a heurté le "balcon" (triangle métallique) alors qu'il effectuait une manoeuvre à l'avant de son voilier.
Il a réussi à ramper jusqu'au cockpit de son bateau, avant de s'allonger sur sa couchette. Incapable de se mouvoir dans les heures qui ont suivi l'accident, il est finalement parvenu à saisir sa trousse à pharmacie, contenant notamment des médicaments anti-douleur vendredi à la mi-journée, heure de Paris. Michel Desjoyeaux (Foncia) était en tête du Vendée Globe samedi au pointage de 05h00.
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