A deux semaines du dénouement, le Vendée Globe présente encore son lot d'épreuves. Bien que leader, Charlie Dalin en a conscience. Le skipper d'Apivia a répondu à quelques questions vendredi alors qu'il naviguait près des côtes brésiliennes avant d'entrer dans le pot au noir, la zone de convergence inter-tropicale où les conditions de navigation peuvent varier d'un extrême à l'autre (tempête ou calme plat).
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Vendée Globe
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26/02/2021 À 16:06
Charlie Dalin : On est du côté de Salvador de Bahia, le départ vient d'être donné, on est tout près les uns des autres. On est parti sur une fin de course assez serrée. Physiquement pas de souci. Forcément il y a de la fatigue profonde qui s'installe doucement. Hier j'étais très fatigué, là je me sens bien, je me sens d'attaque pour le sprint final. C'est agréable de naviguer dans des eaux qu'on connaît, c'est mon terrain de jeu habituel, dans un sens comme dans l'autre. J'ai pris une douche tout à l'heure, c'est la première depuis la descente de l'Atlantique, avant c'était ambiance lingettes !
Que pouvez-vous nous dire du pot au noir qui s'approche ?
C. D. : C'est mon dossier brûlant du moment, trouver la bonne porte d'entrée dans ce pot au noir qui va influencer ma trajectoire avant et ma trajectoire après, c'est le point chaud du moment. Forcément je vais prendre en compte ce que vont faire les autres sur ce point de passage. J'ai l'impression qu'il pourrait être plus difficile qu'à l'aller. C'est le dossier qui pourrait être assez déterminant pour ces prochains jours.
La partie mentale est importante : tenir le coup, avoir confiance en soi et en ses trajectoires, assumer la pression
Êtes-vous inquiet que votre bateau soit endommagé au niveau d'un foil (appendices latéraux qui permettent au bateau de voler, NDLR) ?
C. D. : C'est sûr que l'équation serait plus simple si mon foil bâbord était en état de fonctionnement, mais tout le monde a des soucis, ça nivelle les choses, les écarts de vitesse. Je ne serais pas étonné qu'il y ait quand même des écarts qui se refassent à un moment donné parmi ce groupe, dû à l'état des bateaux et à l'état de fatigue des uns et des autres. Je pense que le pot au noir pourrait être le redistributeur de ça. J'ai confiance en mon bateau, j'apprends tous les jours à faire des nouveaux réglages avec la configuration dans laquelle je suis. On pourra commencer à y voir plus clair à la sortie du pot au noir et notamment sur l'ETA (temps estimé d'arrivée, Ndlr).

Charlie Dalin (Apivia) en 2020

Crédit: Getty Images

Dans cette fin de course très serrée, qu'est-ce qui fera le différence ?
C. D. : L'équation n'est pas si simple. Les experts ont tendance à s'arrêter sur foils, pas foils, grands foils. C'est plus complexe que ça, il y a des bateaux auxquels il manque des voiles, tous les bateaux ont des problèmes, je pense qu'il n'y a pas de bateau à 100 % dans la flotte. La partie mentale est importante, tenir le coup, avoir confiance en soi et en ses trajectoires, assumer la pression. Il y a le mental et la compétence des marins. On a tous des cursus un peu différents, des points forts et des points faibles assez différents. Il ne faut pas juste s'arrêter aux questions de matériel, de foils en état de fonctionner ou pas. L'humain joue une grande importance dans l'issue de la course.
De qui vous méfiez-vous et gardez vous en tête les bonifications appliquées aux skippers ayant participé au sauvetage de Kevin Escoffier ?
C. D. : Oui, certains ont des bonus, Boris (Hermann), Yannick (Bestaven). Ca peut jouer dans la balance, ça modifiera peut-être l'ordre d'arrivée, peut-être même pour le premier. Après, Boris peut être dangereux. Mais il faut prendre en compte l'équation globale. Chacun a dévoilé une partie de ses problèmes mais pas tous, je suis à la recherche de la moindre info pour compléter mon savoir sur l'état de la flotte.
Propos recueillis par Sabine COLPART lors d'un point presse audio.
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