A la veille de l'arrivée du Vendée Globe, impossible de savoir qui sera le vainqueur parmi le groupe de cinq bateaux qui mène la course vers les Sables-d'Olonne dans un sprint au suspense inédit, accentué par les compensations dont bénéficient ceux qui se sont déroutés pour sauver un concurrent.
"Ca fait tellement longtemps que je suis en mer que j'ai oublié que la vie à terre existait vraiment, ma norme c'est d'être sur Apivia, c'est d'être sur mon bateau et j'arrive pas du tout, mais alors pas du tout à me dire que l'arrivée est imminente. Je suis vraiment extrêmement concentré sur les heures qui viennent, sur tous les obstacles qu'il me reste à franchir", a expliqué mardi Charlie Dalin qui est en tête après 79 jours et devrait arriver en début de soirée mercredi.
Derrière lui, Louis Burton (Bureau Vallée 2) et Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco) devraient arriver dans la soirée de mercredi, tandis que Thomas Ruyant (LinkedOut) est attendu en début de nuit, suivi de Yannick Bestaven en milieu de nuit/début de matinée.
Vendée Globe
Davies a bouclé son tour du monde hors course
26/02/2021 À 16:06

"Incapable de donner le podium"

Le premier qui passera la ligne d'arrivée pourrait ne pas être le vainqueur de ce tour du monde en solitaire et sans escale, car deux marins dans le groupe de tête bénéficient d'une compensation horaire pour avoir aidé aux recherches lors du naufrage de Kevin Escoffier: il s'agit de l'Allemand Boris Herrmann, actuellement en deuxième position à 82,1 milles nautiques (152 km) derrière Charlie Dalin et qui a une compensation de 6 heures, et Yannick Bestaven (295,1 milles/546,5 km derrière le leader) avec une compensation de 10 heures et 15 minutes.
Pour retrouver un pareil suspense, il faut remonter à l'édition 2012-2013 lorsque Armel Le Cléac'h était arrivé seulement trois heures et 17 minutes après le vainqueur François Gabart, mais lors de cette édition-là, les bateaux suivants avaient rejoint le port respectivement deux jours, huit jours et neuf jours après le duo de tête.
"C'est carrément inédit, comment imaginer d'être sur un plateau de compétiteurs aussi serré après un tour du monde sans escale et sans assistance. C'est incroyable, c'est probablement même dans les annales de la course au large. C'est la première fois qu'on voit ça. Tant mieux, ça prouve que le sport est à sa place. Il y a de la compétition et c'est ça qu'il faut retenir, on est incapable de donner le podium. Donc ça veut dire que le niveau est excellent", a souligné le directeur de course Jacques Caraës indiquant que le palmarès peut "se jouer à quelques minutes près".

Arrivée "un peu triste"

En raison des compensations, le skipper Jean Le Cam pourrait monter sur la troisième marche du podium même s'il est actuellement huitième car il obtenu seize heures et quinze minutes pour le sauvetage de Kévin Escoffier qui fut un temps fort de ce Vendée Globe. "Là je suis huitième, mon premier objectif c'est de passer la ligne d'arrivée, ça c'est sûr, parce que on ne sait pas tout", a insisté Jean Le Cam expliquant que "pour le moment tout va bien, on marche assez vite donc chaque mille est un mille qui nous rapproche de l'arrivée".
Sur les 33 bateaux au départ, huit ont abandonné et 25 sont toujours en course avec les derniers concurrents qui viennent de passer le Cap Horn. Comme au départ, les spectateurs ne seront pas autorisés à admirer leurs héros sur le chenal des Sables-d'Olonne en raison de la crise sanitaire. "Ca sera frustrant (...) ça va être une arrivée probablement un peu triste. Le partage de ce public que l'on ne pourra pas vraiment faire à 100%, c'est un vrai crève-coeur", a regretté Jacques Caraës.
Vendée Globe
Clément Giraud attendu mardi
14/02/2021 À 17:28
Vendée Globe
Boissières et Shiraishi, trois heures d'écart après trois mois de course
11/02/2021 À 18:23