Vandée Globe 2025- La folie des foilers : "Ils ont éclaté tous les records, tu ne peux pas te battre"

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C'est la grande leçon, ou la confirmation, de cette campagne 2024-2025 du Vendée Globe. Après deux éditions assez équilibrées, il n'y a "plus match" entre les voiliers à dérives droites et ceux à foils y compris sur le Vendée Globe où les quinze premiers de cette 10e édition étaient équipés de cette technologie désormais "nécessaire pour gagner".

Charlie Dalin remporte le Vendée Globe en un temps record : son arrivée triomphale en vidéo

Video credit: Eurosport

"C'était joué d'avance", lâche à l'AFP Yannick Bestaven, vainqueur en 2021 à bord de l'Imoca Maître Coq IV, déjà équipé de foils, ces appendices latéraux en carbone qui élèvent la coque au dessus de l'eau pour faire filer le bateau à vive allure. L'année de sa victoire sur le Vendée Globe, les foilers avaient été un peu plus à la peine dans les mers du grand sud. Le doyen Jean Le Cam, dans un monocoque à dérives droites, avait longtemps tenu tête aux favoris, terminant à une belle quatrième place aux Sables-d'Olonne.
Mais en 2025, Benjamin Ferré, premier à passer la ligne à bord d'un bateau sans foil, est arrivé en seizième position... vingt jours après le vainqueur Charlie Dalin et son bateau volant. "De course en course, on a appris à utiliser ces bateaux presque à 100% de leur potentiel. On a prouvé qu'on arrivait à tenir des cadences élevées longtemps. Pour gagner le Vendée, il faut un foiler aujourd'hui", affirme sans hésiter Bestaven.
Cette année, Dalin a mis 64 jours et 19 heures pour terminer son tour du monde, soit neuf jours de moins que le temps de référence précédent, établi par Le Cléac'h en 2017 lors de la première victoire d'un foiler sur un Vendée Globe. "Depuis, on est passé des petits aux grands foils et les bateaux ont tous beaucoup gagné en fiabilité. On sait naviguer vite dans toutes les conditions de mer. Le comportement de ces bateaux a été dompté", savoure le Normand.
Lors d'une descente express de l'Atlantique, le record des 24 heures en solitaire à bord d'un monocoque a été battu une dizaine de fois consécutivement par différents voiliers de la flotte, tous foilers, jusqu'à atteindre 615,33 milles nautiques, soit 1139,6 km. "Avant, on disait que les bateaux avaient de la mémoire, qu'il fallait les économiser. Désormais ce n'est plus le cas: il faut solliciter beaucoup plus les bateaux pour atteindre un bon résultat", explique Sébastien Simon, détendeur du nouveau record sur 24 heures.
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Yannick Bestaven lors du Vendée Globe 2024-25.

Crédit: Getty Images

Vers deux classements ?

Troisième à l'arrivée, Simon a filé autour du monde à 17,16 noeuds de moyenne (31 km/h) contre 13,81 (25 km/h) pour l'Imoca à dérives droites de Benjamin Ferré. En 2028, l'écart entre les deux types de bateaux est encore appelé à se creuser. "Je pense qu'on a une vraie frontière technologique. Ils ont éclaté tous les records, tu ne peux pas te battre contre des bateaux pareils", a regretté Jean Le Cam, 20e cette année, qui espérait pouvoir s'accrocher avec un bateau neuf mais à dérives droites.
La fracture est aussi économique. Un Imoca à foils compétitif coûte plus de cinq millions d'euros à la construction, une paire de grands foils pouvant chiffrer à plusieurs centaines de milliers d'euros. Rares sont les sponsors volontaires et avec un tel porte-monnaie, ce qui pousse certains marins à se tourner vers le marché d'occasion, en foilers ou dérives droites, quitte à faire une croix en amont sur leurs ambitions réelles de victoire.
"On est de plus en plus au départ, mais aussi de moins en moins à pouvoir rivaliser sérieusement avec les grosses écuries", déplore l'un des arrivants cette année, qui reconnait toutefois que "cela fait souvent partie du jeu dans les sports mécaniques".
Du côté des organisateurs, on a toujours écarté la possibilité d'éditions à deux classements. "Chacun a quelque chose à raconter sur cette course: il faut qu'on continue à mettre en avant tout le monde, ceux qui ont des gros porte-feuilles et ceux qui sont aidés par les bénévoles", expliquait à l'AFP avant le départ Alain Leboeuf, président du Vendée Globe.
Sur l'édition de 2016, où les foilers ont fait leur apparition, 7 bateaux sur 29 étaient des foilers. Cette année, ils étaient 25 sur 40. Ils occupent les 15 premières places du classement.


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