Le navigateur suisse Yvan Bourgnon, grand spécialiste du multicoque et auteur de raids sur de nombreuses mers du globe, a décidé de s'attaquer en 2013 à un tour du monde en catamaran de sport, non habitable, une aventure qui n'a encore jamais été tentée.
"Ces bateaux peuvent faire plein de choses", confie-t-il à l'AFP à l'occasion du Salon nautique international de Paris (Nautic).
"Ca fait un moment que je pense à ce défi et je sais exactement ce qu'il faut comme bateau pour le faire".
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Bourgnon, 41 ans, est un récidiviste de ce genre de navigations hors du commun, vivement déconseillées au commun des mortels.
En septembre 2010, il avait traversé la Méditerranée avec le Français Jérémie Lagarrigue, reliant Marseille à Carthage (Tunisie) en 53 heures et 52 minutes sur un catamaran conçu pour régater dans des eaux abritées.
Et en janvier 2012, le marin suisse et son coéquipier français Sébastien Roubinet avaient fait le tour du cap Horn, d'Ushuaïa à Ushuaïa (Argentine), en une soixantaine d'heures à bord d'un Nacra F20 de 6 mètres de long, un autre catamaran de sport.
"C'est le truc le plus dur que j'ai fait", avait déclaré Bourgnon à son retour à Ushuaïa (Argentine), reconnaissant qu'il lui avait fallu "une bonne dose de folie".
Protéger les mains
Cette fois-ci, Bourgnon met la barre encore un peu plus haut. Avec un catamaran de 21 pieds (6,30 m), "très puissant et très costaud", il veut, avec le Français Vincent Beauvarlet, accomplir une circumnavigation d'est en ouest, en huit mois et une vingtaine d'escales. Une "balade" de 50.000 km, via Panama et Suez...
"Ce sera le premier tour du monde sur un voilier non habitable, explique-t-il. Des gens ont traversé l'Atlantique et le Pacifique sur de tels bateaux mais n'ont jamais enchaîné".
"Cela demande une grosse préparation, du bateau et des hommes", ajoute Bourgnon, listant les problèmes (escarres, blessures) que peuvent entraîner de longues semaines passées "dans un milieu aussi hostile" que la mer, engoncés dans des combinaisons (plus ou moins) étanches.
"Les mains, notamment, souffrent beaucoup, souligne-t-il, et on réfléchit aux crèmes qu'il faudra emmener pour se protéger le corps".
Un sextant mais pas de GPS
Le catamaran a été dessiné par le Suisse Sébastien Schmitt, qui a beaucoup travaillé sur des bateaux de la Coupe de l'America, et sera construit en kevlar/epoxy à La Trinité-sur-Mer (Morbihan). Il sera équipé de chaque côté de plateformes surélevées sur lesquelles l'un des deux hommes pourra dormir pendant que l'autre sera à la barre.
Le bateau pèsera environ 700 kg en ordre de marche avec son équipage et sera capable de marcher à 25 noeuds.
Bourgnon et Beauvarlet envisagent de partir en octobre 2013 et de naviguer "à l'ancienne", c'est à dire sans GPS mais au sextant. Pour des raisons de sécurité et pour communiquer, ils emmèneront tout de même un téléphone satellite.
La nourriture sera lyophilisée, l'eau douce fabriquée par des dessalinisateurs et le petit catamaran sera équipé d'un panneau solaire.
L'idée générale, affirme Bourgnon, c'est de montrer qu'on peut "réaliser des défis à taille humaine sans être obligé de dépenser des sommes colossales".
Le port de départ (et d'arrivée) a déjà été choisi: ce sera Les Sables-d'Olonne (Vendée), d'où sont partis le 10 novembre les 20 skippers du Vendée Globe, le tour du monde en solitaire et sans escale. Tout un symbole!
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