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Mini : tout d'une grande
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Publié 22/08/2011 à 19:42 GMT+2
Troisième en Allemagne, Mini a pris place dans le concert international du rallye dimanche, derrière les Citroën. A la place habituelle de Ford. Grâce à un pilotage sûr, Dani Sordo a montré que la John Cooper WRC était bien née. A revoir. Vite.
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En Allemagne, Mini a fait souffler un vent de fraîcheur sur le WRC. Pour la première fois depuis le Rallye de Finlande 2009, on a vu une autre marque que Citroën ou Ford sur le podium. Il y a deux ans, Subaru avait fini 3e aux "1000 lacs", avec l'Australien Chris Atkinson. Son Impreza était préparée par Prodrive, déjà. Victime de la crise économique, la marque japonaise s'était retirée sans prévis du Mondial, fin 2009. Un an et demi auront suffi à David Richards pour mettre sur pied un projet et retrouver les belles places en Mondial. Trois rallyes, surtout, auront suffi pour mettre en évidence les qualités de la "Mini John Cooper Works WRC", comme la maison mère BMW aime qu'on l'appelle.
Après la prometteuse entrée en matière italienne de Dani Sordo (6e), la poursuite de l'apprentissage sur les bosses finlandaises, l'Espagnol a obtenu un magnifique podium en Allemagne. Au terme d'un parcours impeccable, qu'aucune circonstance particulière n'a favorisé. Le Cantabre était apprécié chez Citroën WRT pour sa régularité de métronome. Il l'a encore été : il a signé 15 de ses 19 chronos aux places 4 (4 fois), 5 (6) ou 6 (4). Il a aussi fini 2e (2 fois), 3e (1) et 7e (1). Au classement général, ce fut une progression linéaire : 6 (ES1), puis 4e (ES2-ES9) et 3e (ES10-ES19). Il a successivement pris le dessus de Petter Solberg (Citroën Solbert), Jari-Matti Latvala (Ford WRT) et Mikko Hirvonen (Ford WRT), tous champion ou vice-champion du monde.
Sordo, un métronome
"Je suis vraiment, vraiment, content pour moi et pour l'équipe", s'est exclamé Dani Sordo, 3e à 1 min 55.6 sec du vainqueur, Sébastien ogier (Citroën WRT). "Pour une première sur asphalte, c'est très bon. C'est une surprise, et les chromos étaient si proches des Ford et des Citroën que nous nous rendrons au prochain rallye avec beaucoup de confiance. La voiture est très bonne sur le bitume. Nous avons un très bon set up et la suspension est parfaite. Nous devons maintenant travailler d'arrache pied pour battre également Citroen", a-t-il ajouté. Plus appréciable encore, l'Ibère n'a jamais cherché à raconter des histoires à son auditoire. Il avait cédé 0.56 sec au kilomètre au meilleur de chaque spéciale vendredi. Le delta est tombé à 0.33 sec samedi (hors ES2), parce que Sébastien Loeb avait été invité par son patron à rouler en dedans. Sordo s'est empressé de le souligner. Il en fut de même dimanche lorsqu'Ogier a mis le coude à la portière. L'écart est tombé à 0.25 sec hors power stage. Des contrariétés, il y en a eu, évidemment. Des "petites erreurs" de pilotage au départ de l'ES7, une épingle ratée dans l'ES8 puis l'ES10, une perte de feeling dans l'ES12 et l'ES15. Enfin, des changements de réglages contre productifs dans l'ES17, où la limite était "difficile à trouver."
Kris Meeke aurait complété ce tableau avec une belle 6e place, devant Kimi Räikkönen (Citroën Ice1) sans un insoluble problème d'alternateur dans le 18e des 19 chronos au programme. Le Britannique s'est battu avec Petter Solberg, ça a suffit à le situer. Moins expérimenté que son coéquipier, il commencé 7e puis a oscillé dès l'ES2 entre les 5e et 6e positions. "Nous avons contenu Petter dans la première spéciale (ES15) et nous avons commis une erreur de note dans la suivante : en reconnaissance, j'avais été un peu trop optimiste et j'ai raté le point de freinage et perdu 10 secondes", a-t-il rapporté. "Après la pause, c'était très glissant et il n'y avait qu'une seconde entre moi et Petter dans l'ES17, et dans la suivante la voiture a commencé à avoir des coupures moteurs. Puis elle s'est arrêtée. C'était un souci électrique."
"Pauvre Kris ! Si la malchance frappe, ce doit être sur lui"
"Nous savions ce que nous avions à faire : Kris était concentré pour rester devant Petter Solberg. Dani devait juste garder sa carrosserie propre et maintenir l'écart sur Mikko Hirvonen", a relaté Dave Wilcock, directeur technique. "Les spéciales de dimanche matin ont été un peu un pari. Tous les concurrents étaient en 'tendre', et nous avons partagé les choix en optant pour la sécurité avec des 'tendre' pour Dani, alors que Kris a pris des 'dur'. C'était vraiment le bon choix : nous avons vu après 10 kilomètres, dans l'ES15 que les 'dur' étaient chauds et j'avais confiance dans le fait que nous nous dirigions vers notre premier scratch. Malheureusement, nous avons écopé d'une crevaison avant la fin. Après la pause, le ciel s'est dégage et les 'tendre' était le choix évident pour tous. L'après-midi, Dani a rivalisé avec Hirvonen, et est monté en régime quand il fallait et a fini en boulet de canon. Pour Kris, nous avons fait face à une perte de puissance électrique après trois kilomètres dans l'avant dernière spéciale. La batterie lui a permis de rouler sept minutes de plus, puis la panne a été totale. L'abandon a été entériné après de longues minutes d'échanges au téléphone et à la radio. Le problème était un faisceau cassé, un problème très simple jamais rencontré après des milliers."
Ce coup de théâtre n'a pas gâche la fête. "Dani [Sordo] a fait un rallye impeccable, sans jamais mettre une roue à côté. Je n'ai jamais douté de ses capacités", a rappelé David Richards, directeur de Prodrive. "Pauvre Kris [Meeke] ! Si la malchance frappe, ce doit être sur lui", s'est-il désolé. "Avoir une malchance si cruelle à deux spéciales de l'arrivée me fait de la peine pour lui, mais son jour viendra. Il a prouvé à quel point il peut être compétitif. Je suis sûr qu'il attend le Rallye de France avec impatience."
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