Athletisme
07/01/2010 - 12:35Bolt : "J'ai encore des objectifs"

Dans un entretien exclusif, Usain Bolt revient sur ses expériences pékinoises et berlinoises. Le Jamaïcain estime pouvoir améliorer son record du monde du 100m (9"58) et reconnaît vouloir s'aligner sur d'autres disciplines. Bolt évoque également son attitude parfois jugée irrespectueuse.
USAIN BOLT, comment s'est déroulée votre enfance en Jamaïque ?
U.B. : Pour moi, c'était facile. Cela n'a jamais été compliqué. On pratiquait énormément de sports, comme le football ou le cricket dans la rue. Tout le temps. On s'amusait avec mes amis, on traînait ensemble toute la journée et c'était génial. Mes parents se sont battus pour que je ne manque de rien.
Avez-vous toujours su que vous feriez de l'athlétisme ?
U.B. : Non. A l'âge de six ans, j'ai commencé à regarder du cricket avec mon père. C'est grâce à ça que j'ai commencé à aimer ce sport en premier et à le pratiquer. C'est ensuite que j'ai pris le goût de l'athlétisme. C'est d'ailleurs mon coach de cricket qui m'a conseillé de courir. Au fil des années, j'ai progressé. Certaines personnes qui me voyaient m'entraîner m'ont dit qu'ils pourraient m'emmener aux Carifta Games (les Jeux caribéens). Et c'est après ça que tout a réellement commencé.
Lors des JO de Pékin, vous avez explosé à la face du monde. Quelle était l'atmosphère lors des finales ?
U.B. : C'était l'un des moments les plus incroyables de ma carrière. Je n'avais plus connu ça depuis mes années juniors en Jamaïque. C'était incroyable. Le stade était rempli d'énergie. C'est la première fois que je voyais autant de gens chanter en mon honneur le jour de mon anniversaire. Ce fut une sacrée expérience, c'est sûr...
En finale du 100m, vous attendiez-vous à courir en 9"58 ?
U.B. : Beaucoup de personnes avaient dit que c'était possible. Mon coach avait également déclaré que si je ne m'arrêtais pas avant la ligne, je pouvais courir en 9"54 ou quelque chose comme ça. Donc j'avais cela en tête. Quand j'ai vu que j'avais couru en 9"58, ce ne fut pas une surprise car je m'étais préparé à un tel chrono. Et puis, il y avait Tyson Gay à côté de moi. C'est ce qui rendait la chose encore plus excitante. C'était une expérience incroyable mais je le redis : ce chrono ne m'a pas surpris.
Vous avez désormais tout gagné. Qu'est-ce qui vous motive ? Qu'est-ce qui vous pousse à vous entraîner encore ?
U.B. : Des gens me disent : "Usain, tu es déjà une légende". Mais je ne le pense pas. J'ai encore plein de choses à accomplir. Je dois, dans un premier temps, défendre les titres que j'ai acquis à Pékin et à Berlin notamment. Ensuite, je tenterai de briller dans une autre épreuve. Pour résumer, j'ai encore plein d'objectifs...
Jusqu'où pouvez-vous faire descendre ce record du 100m ? 9"50 ? 9"40 ?
U.B. : Mon coach a dit que la limite était fixée à 9"40. Et je suis d'accord avec lui. Quand mon entraîneur dit que quelque chose est possible, il ne le dit pas sans y croire. Donc quand il évoque ce chrono, il pense que c'est réalisable. J'espère juste être celui qui signera un tel chrono.
Pékin vous a permis de devenir une superstar mondiale. Mais certaines personnes ont critiqué votre attitude durant ces Jeux...
U.B. : (Il rit puis hésite) Ecoutez... C'est la première fois que j'entendais des gens faire des commentaires sur mon attitude qui était, selon eux, irrespectueuse. Je suis donc allé voir d'autres athlètes et leur ai demandé ce qu'ils ressentaient en voyant mon attitude. Beaucoup m'ont dit : "Si nous avions gagné, nous aurions sûrement fait la même chose que toi." D'autres personnes avant moi ont fait ça. Je ne suis pas le premier à avoir montré autant d'enthousiasme. Je pense que c'est bon pour le sport d'avoir de tels comportements. Les gens m'apprécient car je montre que j'aime ce que je fais. Si j'agis ainsi, c'est avant tout pour le public.
Le président du CIO , Jacques Rogge , n'est pas de votre avis. Qu'avez -vous à lui répondre ?
U.B. : Je ne sais pas trop. Je pense qu'il doit juste comprendre que le sport change. C'est quelque chose qu'il faut accepter car c'est inéluctable. Donc, si j'avais quelque chose à lui dire, c'est ça : qu'il comprenne que tout évolue et qu'il faut l'accepter.















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