On leur promet l'enfer. Un retour express pour la France. Sur le papier, jouer la Turquie semble être synonyme d'élimination assurée pour l'équipe de France. Défier le pays hôte, invaincu au premier tour et qui présente la meilleure défense du tournoi, n'est en effet pas vraiment bon signe. C'est même le pire huitième de finale possible pour les protégés de Vincent Collet. Les Bleus ne s'avouent pas vaincus pour autant, loin de là. "C'est un kiff énorme de jouer les Turcs en Turquie et dans une ambiance de folie, avance Nicolas Batum sur le site de la FFBB. On va essayer de les faire douter. Ils ont une pression énorme." Si leurs dernières sorties face à la Lituanie (69-55) et la Nouvelle-Zélande (82-70) n’aident pas y croire, les Français ont un exemple qui les pousse à l'optimisme : le match de barrage à l'Euro 2005.
A Novi Sad, les Bleus avaient signé l'un des plus beaux exploits de leur histoire face à la Serbie. Après un premier tour raté (1 victoire, 2 défaites), ils avaient sorti l'organisateur de la compétition, champion du monde en titre (71-74), avant d'éliminer la Lituanie, championne d’Europe, et de décrocher la médaille de bronze. "Une petite Novi Sad, ça me dirait bien", sourit Traoré. "Il y a cinq ans, la France avait éliminé la Serbie en Serbie à l’Euro 2005… On ne sait jamais", abonde Batum. Boris Diaw, l'un des derniers rescapés de cet exploit avec Florent Pietrus et Mickaël Gelabale, espère bien s’inspirer de ce souvenir : "C'était pareil. Personne ne nous donnait vainqueur et on a réussi à passer outre en jouant à fond. On était confiants et on était les seuls. On essaye de l'être aussi aujourd'hui".
S'il espère bien sûr rééditer cette performance, Vincent Collet est plus mesuré que ses protégés. "Ce ne sont pas les mêmes équipes, lâche le sélectionneur. En 2005, on avait probablement l'une des équipes les plus talentueuses de ces dix dernières années avec Rigaudeau, Parker et tous les meilleurs lieutenants. Cette équipe avait dès le départ d'autres ambitions que mon groupe." En l'absence de Tony Parker, Joakim Noah, Ronny Turiaf ou encore Mickael Piétrus, les Bleus sont bien conscients de cette différence de talent. Mais ils gardent espoir. "C'est extraordinaire ce qu'ils ont fait. Je pense que ce serait encore plus grand si on gagne cette année car on a moins de gros joueurs qu'à l'époque", glisse Batum. "Il faut que le jour J, tout le monde soit motivé, conseille Mickaël Gelabale. On est allé battre la Serbie chez elle en 2005 et on est capable de remettre ça. Mais pour cela, il faut qu'on arrive à se retrouver et à jouer notre basket." Après s'être offert l'Espagne – championne du monde en titre -, ajouter la Turquie à son tableau de chasse serait du plus bel effet."Si on a battu les Espagnols il y a cinq jours, c'est qu'on est capable aussi de faire des belles choses", glisse Collet.



AFP






















