Paris 2024 : Victor Wembanyama, le monde le regarde

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Il est l'une des plus grandes attractions des Jeux Olympiques. Victor Wembanyama aura les feux des projecteurs braqués sur lui lors de l'entrée en lice de l'équipe de France à Paris samedi face au Brésil (17h15). L'intérieur français connaît le type de pression qui l'attend dans un événement taillé pour lui. Mais si le monde le regarde, il aura besoin des autres pour briller.

"Les objectifs ne sont pas que des mots, ce sont aussi des actes" : zoom sur le phénomène Wembanyama

Video credit: Eurosport

Victor Wembanyama se souvient peut-être de la dernière fois où il est passé inaperçu. Cela ne date certainement pas d'hier. Et la prochaine fois ne sera vraisemblablement pas pour demain. C'est déjà compliqué de passer incognito quand on mesure 2,24 m. Encore plus pour l'un des prospects les plus attendus de la NBA, premier choix de la draft 2023, et élu rookie de l'année au terme d'une première saison stratosphérique dans la plus grande ligue de basket du monde. Et définitivement impossible quand le bonhomme en question, devenu une icône du sport français et international, enfile le maillot des Bleus pour des Jeux Olympiques à Paris.
Cela ne l'empêche pas de savourer l'événement. Wembanyama en a vu d'autres dans la frénésie de la NBA. Mais la découverte d'un tournoi olympique, c'est encore autre chose même s'il mesure déjà certaines différences. "C'est comme n'importe quelle expérience sportive mais avec encore plus d'exigences, a-t-il estimé en conférence de presse. Mentalement, c'est beaucoup d'excitation, c'est dur de réaliser pour moi. C'est vraiment les JO, bien sûr je le vis différemment de toutes les autres années où j'ai observé les JO. Je pense que je me rendrai compte seulement pendant la première Marseillaise, sinon c'est encore un rêve."
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📸 Wembanyama, un géant en photos

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Wembanyama va le vivre sous le regard du monde. Le Français n'a que 20 ans et il a déjà eu le temps de s'y habituer. Mais l'événement donne encore une dimension supplémentaire au phénomène. "C'est un style de challenge que j'ai pu rencontrer régulièrement ces dernières années, a-t-il reconnu. Ce n'est pas vraiment nouveau au niveau sportif, mais c'est sûr qu'en termes de responsabilités c'est différent. On porte le maillot de la France, on est dans un groupe où il faut apprendre à se connaître rapidement. C'est vraiment une charge, une responsabilité en plus d'être à la hauteur de l'équipe de France. Mais c'est plus quelque chose d'excitant que d'effrayant."

"Qu'il se rapproche du panier"

Être à la hauteur sous le maillot des Bleus pour ses premiers Jeux, à Paris, c'est déjà l'un des plus grands défis de sa carrière. Il n'arrive pas trop tôt. Le potentiel exceptionnel du joueur, sa trajectoire, et le cadre de l'événement appelaient ce degré extrême de responsabilités. "Il faut jouer autour de Wembanyama, c'est évident, résume l'ancien international Fred Weiss, consultant pour Eurosport. En plus le coach le connaît bien. Il a eu l'avantage de travailler une année avec lui, ils ont créé des liens. Il a eu la chance de signer à San Antonio, avec Gregg Popovich qui connaît très bien Vincent Collet. Tout ça fait un mix super intéressant pour se dire qu'il faut mettre Wembanyama en avant avec l'équipe de France, le faire avancer, construire autour de lui, et quoi de mieux que de le faire à Paris."
Ce défi est d'une taille pas si facile à soupçonner. Wembanyama est gavé de talent, il sort d'une première année statistique éblouissante en NBA avec les San Antonio Spurs (21,6 points, 10,9 rebonds, 3,9 passes décisives, 1,9 interception et 3,6 contres) et cela légitime fatalement les attentes les plus importantes. Mais dans le contexte radicalement différent d'un tournoi olympique, avec une sélection nationale où il manque d'automatismes, et dans un style de jeu différent de celui auquel il s'est habitué en NBA, le challenge est loin d'être simple. La préparation des Bleus a d'ailleurs permis de mesurer la marge de progression évidente dans l'utilisation de Wembanyama sous le maillot tricolore.
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Wembanyama sur la science du contre : "J'ai passé un cap à 15 ans"

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Notamment pour le trouver près du panier, et profiter pleinement de sa dimension athlétique dans la raquette en phase offensive. "Ça fait partie de nos préoccupations de le rapprocher du cercle, qu'il joue poste 4 ou poste 5, a reconnu le sélectionneur Vincent Collet. C'est surtout une question de vouloir le faire et je suis convaincu qu'il va le faire davantage avec l'entrée dans la compétition. Et lui va être vigilant pour avoir davantage d'alternance, c'est important même s'il a aussi une capacité exceptionnelle loin du cercle. Nous on a absolument besoin, pour se rendre les choses plus faciles, qu'il se rapproche du panier de temps à autre."

"On sait qu'il va être au centre des regards"

C'est un processus crucial pour le destin des Bleus dans ces Jeux Olympiques, tant la capacité des Tricolores à exploiter pleinement tous les atouts de Wembanyama définira en grande partie le niveau qu'ils peuvent atteindre dans ce tournoi. Mais aussi celui des difficultés rencontrées par les adversaires des Français à contenir le phénomène. C'est un cercle vertueux que les Bleus doivent créer en intégrant Wemby de manière optimale dans leur collectif. Plus il sera difficile à contrôler, plus l'attention sera portée sur lui, et plus ses coéquipiers auront les opportunités pour en profiter et créer d'autres différences. Seule une cohésion tactique et collective optimale peut permettre de magnifier l'astre Wembanyama et donner ainsi une autre dimension à cette équipe de France.
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Wembanyama : "On découvre des choses que l'on n'était pas capables d'exécuter"

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Ce but-là est collectif. L'ensemble des joueurs tricolores est pleinement conscient de l'enjeu de mettre Wembanyama dans les meilleures conditions. "Il faut qu'on arrive à le trouver un peu plus sur le terrain, a expliqué Guerschon Yabusele. On essaie de trouver plusieurs façons de lui rendre la tâche facile. On sait qu'il va être au centre des regards des autres équipes, qui vont essayer de trouver des moyens de l'impacter. Il faut que nous aussi, on arrive à faire notre job pour lui rendre la tâche facile et qu'il n'ait pas toute cette responsabilité-là sur les épaules."
Cela demande du temps. Et c'est bien à cela que servait la préparation des Tricolores, dans toutes ses imperfections illustrées par une série de quatre défaites consécutives. Wembanyama est le premier à le reconnaître. "J'estime que j'ai été assez à l'écoute des coaches, j'essaie au maximum d'appliquer leur volonté, a-t-il expliqué. Je n'ai pas de regret par rapport à cette préparation, j'ai l'impression qu'on a tous fourni les efforts à hauteur de nos exigences et de nos ambitions. Ce qui ne veut pas dire qu'on a été parfait et que j'ai été parfait. Les difficultés font partie d'un parcours olympique, c'est tout naturel. Ce qui sera important, c'est la manière dont on va commencer la compétition." Le monde n'attend que de voir ça.
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