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Stoudemire a tout changé
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Publié 11/12/2010 à 10:32 GMT+1
Arrivé cet été à New York, Amaré Stoudemire est en train de redonner son lustre d'antan à la franchise de Big Apple. En un quart de saison régulière, l'intérieur des Knicks a balayé les doutes à son endroit. Dans son sillage, New York redécouvre l'ambition. Ce n'est pas une petite victoire.
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Il existe un excellent baromètre pour savoir comment vont les Knicks. Il s'appelle Spike Lee. Le réalisateur est un fondu de la franchise de Big Apple. Un fidèle d'entre les fidèles. Quand il a la banane, c'est que tout va bien. Depuis 10 ans, Lee n'a pas souvent eu l'occasion de sourire. Mais à le voir, hilare et aux anges vendredi soir au Verizon Center de Washington, on comprend que New York va mieux. Beaucoup mieux. Les Knicks ont signé dans la capitale leur 7e victoire de suite, soit leur meilleure série en près de dix ans (1). Une vraie renaissance pour une équipe devenue au fil des ans la risée de toute la NBA. Ce retour au premier plan, Big Apple le doit avant tout à un homme, Amaré Stoudemire.
L'arrivée de l'intérieur des Knicks au Madison Square Garden a certes été éclipsée cet été par le transfert de LeBron James à Miami, mais il est de ceux qui peuvent changer le cours de l'histoire. Les Knicks n'avaient plus de star. Plus de moteur. Plus de leader. Il leur fallait un Stoudemire. "Ce type est génial. Pourquoi on ne l'a pas fait venir plus tôt?", se marre Spike Lee. Pourtant, à son arrivée, beaucoup ont tiqué. New York avait rêvé de LeBron James. De Stoudemire, on disait que, privé de son fournisseur officiel en caviar, Steve Nash, il ne serait plus le même. On doutait de son leadership. Globalement, il y avait donc beaucoup de voix pour remettre en cause sa capacité à ramener les Knicks au premier plan. Et les trois premières semaines de la saison, au cours desquelles New York a perdu 8 matches sur 11, ont conforté les sceptiques.
"Moi, je crois en cette équipe"
Mais aujourd'hui, on ne les entend plus. Même les plus gros détracteurs de STAT (le surnom de Stoudemire, pour Standing Tall and Talented) doivent adopter un profil bas. Dans le sillage de son nouveau joueur vedette, New York vient de remporter 12 de ses 13 derniers matches et parle à nouveau de disputer les playoffs au printemps prochain. "C'est le jour et la nuit avec le début de saison, se réjouit Mike D'Antoni, le coach des Knicks. L'équipe a trouvé son équilibre. Il fallait aussi le temps que la relation entre Raymond (NDLR: Felton, le nouveau meneur de jeu new yorkais) et Amaré ne s'établisse. Chacun a trouvé sa place et l'équipe est bien meilleure qu'elle ne l'était il y a un mois."
Une métamorphose spectaculaire qui doit donc beaucoup à sa recrue vedette. Vendredi soir, à Washington, il a franchi la barre des 30 points pour la 7e fois consécutive, égalant le record de la franchise qui datait de... 1962. Alors, certes, il a commis 11 pertes de balle face aux Wizards, mais d'Antoni s'en fout. D'ailleurs, il s'agace légèrement quand un journaliste vient lui demander s'il n'est pas anormal de perdre plus de 10 ballons dans un match. "Vous voulez chercher la petite bête?, lance celui qui fut déjà le coach de Stoudemire à Phoenix. On parle d'un gars qui est arrivé il y a quelques semaines et qui vient d'égaler un record vieux de 50 ans. Alors je trouve qu'il n'a pas si mal joué. En fait, il fait exactement ce qu'il faut. Il prend les bonnes décisions, il est en pleine confiance." Après 24 matches, Stoudemire tourne à 26.1 points, 9.1 rebonds et 1.9 contre par match. Il faut remonter plus de 20 ans en arrière pour trouver trace d'un joueur des Knicks avec des stats supérieures sur un premier quart de saison, en l'occurrence Patrick Ewing (2). Récemment, Allan Houston, l'ancien arrière des Knicks, a d'ailleurs estimé que l'impact de Stoudemire sur la franchise était comparable à celui produit par Ewing lorsqu'il a été drafté dans les années 80. "C'est agréable de connaitre le succès pour ma première saison avec les Knicks, sourit l'intéressé. Je sais que peu de gens nous voyaient aussi bien, mais moi je crois en cette équipe."
Semaine de vérité
Au-delà de ses statistiques, c'est la façon dont Stoudemire s'est approprié cette équipe qui épate tout le monde. Tout comme son ardeur au travail. "Je l'avoue, j'ai été surpris de découvrir un tel forçat de travail", confie Walt "Clyde" Frazier, ex star des Knicks, dont il commente aujourd'hui les matches. "Il est là avant tout le monde pour travailler son shoot. A l'entraînement ou en match, il donne l'exemple et c'est comme ça qu'une star gagne le respect de ses coéquipiers. On le voit encourager les autres en permanence. Pour son talent et son attitude, il est le go-to-guy que les Knicks n'avaient plus depuis le départ de Pat Ewing." Du coup, New York peut-il revoir ses ambitions à la hausse? Frazier en est persuadé. "Il y a deux mois, tout le monde aurait été content avec une 8e place à l'Est. Mais plus maintenant. Je vois l'équipe de plus en plus forte au fil de la saison."
La semaine qui vient devrait permettre d'en savoir un peu plus sur le véritable potentiel des Knicks. En cinq jours, ils vont affronter successivement, au Madison Square Garden, Denver, mais surtout Miami et Boston, les deux meilleures équipes à l'Est. Or les hommes de D'Antoni ont beaucoup de mal à domicile, où ils n'ont gagné qu'un match sur deux (alors qu'ils affichent un des meilleurs bilans de la NBA en déplacement). "Ils ont été médiocres à la maison. Là, il faut gagner au moins deux de ces trois matches pour s'affirmer comme un prétendant", juge Frazier. Collectivement, les Knicks ont donc beaucoup à prouver d'ici vendredi prochain. Mais ce triple rendez-vous est aussi important pour Stoudemire. Dans sa nouvelle maison, il va croiser le nouvel objet de l'affection new yorkaise (Carmelo Anthony) et l'ancien (LeBron James). L'occasion, pour lui, de donner envie au premier de le rejoindre, et de montrer au second que New York n'avait pas besoin de lui.
(1) New York n'avait plus gagné 7 matches de suite depuis le mois de janvier 2001.
(2) Lors de la saison 1989-90, après 25 matches, Patrick Ewing affichait les moyennes suivantes: 29.6 points, 10.6 rebonds et 4 contres.
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