Un festin de rois... sans dessert. Voilà comment se résument les deux dernières saisons de Pro A pour Le Mans, élève doué et appliqué en saison régulière, mais qui s'est fait taper deux fois sur les doigts au plus mauvais moment, en playoffs. Là où les champions, les vrais, se dessinent. L'échec face à Nancy, au printemps dernier, dès les quarts de finale, avait ainsi fait très mal.
La frustration née de ce brutal retour sur terre a au moins une vertu. Elle aiguise encore plus l'appétit d'un groupe talentueux et sain, deux qualités qui ne vont pas toujours de pair. " On a toujours faim", martèle Vincent Collet. L'entraîneur manceau est lui aussi resté sur la sienne, persuadé que le printemps 2004 aurait dû être celui de la consécration pour son équipe.
Guice débarque
Aujourd'hui, il doit gérer une fin de cycle, plusieurs figures emblématiques ayant plié bagages. Le meneur américain Hollis Price, qui a fait frissonner de plaisir les travées d'Antarès, est parti. Le secteur intérieur a lui carrément été recomposé après les départs d'Amara Sy et des deux pivots, Mate Skelin et Rashon Turner.
Pas question pour autant de revoir les ambitions à la baisse. Profitant à fond du nouveau règlement, Le Mans a opté pour un recrutement très américain. Le MVP du dernier championnat, l'arrière Jermaine Guice, arrive du Havre, ce qui n'est pas loin de constituer le plus joli coup de l'été sur le marché des transferts. Sa ligne de stats 2004-2005 laisse rêveur: 19,7 points, 5,6 passes, 4,5 rebonds et 2,7 interceptions.
L'intérieur Eric Campbell, (Ironi Nahariya, Israël), et l'ailier Kenny Gregory (Edimes Pavie, Italie) complètent le panel des nouveaux yankees. Les centimètres évaporés de Skelin sont remplacés par ceux de l'international turc Huseyin Besok (2,12m), qui a besoin de rebondir après une saison décevante à Villeurbanne. Bref, Le Mans a toujours les moyens de viser la première place.
Jouer sur tous les tableaux
Vincent Collet affiche d'ailleurs sa confiance, même si les nouveaux visages, nombreux, nécessiteront sans doute un temps d'adaptation. "Nous sommes bien armés, même si ça risque de prendre un peu plus de temps pour trouver toute la rigueur défensive nécessaire, avec des automatismes à retravailler", juge le technicien sarthois. Mais le MSB a assez joué les lièvres. Il est prêt à se muer en tortue pour mieux s'imposer au printemps.
Prêt à justifier son statut de nouvelle place forte, le club manceau se sent pourtant apte à répondre présent sur tous les fronts. "Notre ambition est de concourir pour le titre, confirme le président Jean-Pierre Goisbault, mais aussi d'être présents sur toute la saison, aussi bien dans la phase préliminaire qu'en Coupe ULEB où, malgré une poule très difficile, digne de l'Euroligue, nous viserons une qualification qui nous a échappé deux fois de suite sur des détails". Ceux-là même qui ont coûté si cher depuis deux ans...
























