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Halimi s'en est allé
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Publié 13/11/2006 à 06:00 GMT+1
Alphonse Halimi, ancien champion du monde, est décédé à l'âge de 74 ans, dimanche à l'hôpital Bichat à Paris. Ce Français, d'origine algérienne et de confession juive, fut champion du monde des coq en 1957, contre toute attente à l'âge de 25 ans.
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Prodige né le 18 février 1932 d'une famille de dix-huit enfants, le Constantinois Alphonse Halimi, décédé dimanche à Paris à l'âge de 74 ans, devient champion du monde des coq, à l'âge de 25 ans, au soir de son dix-septième combat professionnel, grâce à une victoire aux points, en quinze reprises, sur l'Italien Mario d'Agata. D'aucuns peuvent alors penser qu'il s'agit là d'une farce, l'exploit, authentique, s'étant en effet déroulé un 1er avril (1957), à Paris.
Mais, courageux, le jeune Algérien de confession juive a bel et bien gagné le droit de brandir une ceinture qu'il gardera durant vingt-sept mois. Conservant, encore à la limite, son précieux bien, six mois plus tard à Los Angeles, contre Raton Matias, la "Petite Terreur" (son surnom dans la capitale) tombe sur un autre Mexicain, Joe Becerra, dans le même cadre californien. Face à cet homme aux 37 KO, le verdict est sans appel: Halimi perd, au 8e round, illusions et ceinture.
Sans doute a-t-il aussi laissé ce soir-là à "LA" (4 février 1960) une partie de sa fraîcheur puisqu'il retrouvera encore le tapis, couronne en jeu, devant Becerra (KO 9e), en un choc semblant annoncer le chant du cygne de ce talentueux styliste, élevé à l'école de Fernand Vianey. Pugnace, Halimi décide alors de refaire ses gammes en passant par le titre de champion d'Europe, lui qui n'a jamais décroché le moindre honneur continental, voire même national, hormis chez les amateurs, où il avait été couronné à trois reprises (53-54-55).
Vengeur de Jeanne d'Arc
Une grande partie de sa notoriété lui vient d'ailleurs d'un championnat d'Europe disputé, le 25 octobre 1960 à Londres, face à l'Anglais Freddie Gilroy. Là encore, il va à la limite des quinze rounds pour écrire une page dans la légende du noble art. Une phrase, lâchée à la volée en conférence de presse, suffit. "Aujourd'hui, j'ai vengé Jeanne d'Arc", prononce-t-il solennellement, à la grande stupéfaction de l'assistance. Le petit gars des bidonvilles était-il, à ce point, féru d'histoire?
Cette couronne continentale est pourtant vagabonde entre ses poings d'artiste. Il la cède, le 30 mai 61 à Londres, face à l'Irlandais Johnny Caldwell (victorieux par deux fois aux points) avant de la récupérer, l'année suivante, à Tel-Aviv, devant l'Italien Piero Rollo (toujours aux points). Halimi se sent alors des ailes. Il accorde une revanche à l'Italien, sur ses terres, à Cagliari, et perd aux points. C'en est alors définitivement fini de la carrière de cet enfant ayant surmonté sa pauvreté par une témérité l'incitant à aller défier les meilleurs dans leur antre.
Un revers de fortune dans une brasserie de Vincennes, sise près du donjon, ternira ensuite les destinées de ce pugiliste aux traits de jeune premier, fort de 41 victoires (dont 22 avant la limite), 1 nul et 8 défaites.
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