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Armstrong encore accablé
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Publié 13/06/2012 à 23:27 GMT+2
Le Washington Post révèle que l'agence antidopage américaine (USADA) a entrepris une procédure contre Lance Armstrong. Avec des charges très lourdes stipulant l'usage d'EPO, de transfusions et notamment de testostérone entre 1998 et 2011. L'Américain n'est pas la seule personne visée.
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Le répit de Lance Armstrong aura duré quatre mois. Quatre mois après que le Bureau du procureur des Etats-Unis à Los Angeles a mis fin à l'enquête de près de deux ans menée contre lui après les accusations de ses anciens équipiers Floyd Landis et Tyler Hamilton, l'ex-coureur américain fait désormais l'objet d'une procédure de l'USADA, l'agence antidopage américaine, qui l'accable avec de nouveaux éléments. C'est le Washington Post qui a révélé l'envoi de ce courrier de quinze pages au septuple vainqueur du Tour de France (1999-2005) et à cinq autres personnes. L'UCI, sans citer de nom, puis l'USADA ont confirmé dans la soirée l'ouverture de cette procédure, et quelques-uns des détails fournis par le quotidien américain. Lance Armstrong a été suspendu à titre préventif, ce qui l'empêche notamment de participer à des triathlons, auxquels il s'adonne depuis sa retraite, prise en janvier 2011.
Le document, daté de mardi, posté par l'USADA, apporte des éléments auquel Armstrong n'avait jusqu'ici jamais été confronté. L'agence serait notamment en possession d'échantillons sanguins d'Armstrong datés de 2009 et 2010 "pleinement compatibles avec la manipulation du sang, y compris l'utilisation d'EPO et de transfusions sanguines." Elle envisage aussi l'utilisation de testostérone et de corticoïdes. L'USADA, qui peut être présentée comme l'équivalent de l'AFLD française, est l'organisme qui supervise la lutte contre le dopage aux Etats-Unis dans les sports olympiques. Elle est habilitée à porter des accusations susceptibles d'entraîner des suspensions et des privations de titres. Elle n'a en revanche aucun pouvoir judiciaire.
Bruyneel cité
Armstrong n'est pas le seul à être inquiété par ces soupçons, qui stipulent la possible existence d'un système de dopage généralisé autour de lui entre 1998 et 2011. Les autres noms sont ceux de trois médecins, Michele Ferrari, Pedro et Luis Garcia del Moral, de l'entraîneur Pepi Marti et du manager Johan Bruyneel, actuellement à la tête de RadioShack. L'USADA confirme leur profil mais pas leur nom, Armstrong étant le seul qu'elle cite dans son communiqué. Le dossier fait aussi intervenir un témoignage du médecin Martial Saugy, directeur d'un laboratoire en Suisse, lequel aurait déclaré que les échantillons d'urine prélevés sur Armstrong lors du Tour 2001 portaient les traces d'un usage d'EPO. “De multiples témoins”, selon le Post, auraient rapporté qu'Armstong leur avait dit que ces résultats avaient ensuite été dissimulés.
Lance Armstrong, qui n'a jamais été contrôlé positif dans sa carrière, a toujours réfuté les suspicions de dopage à son encontre, explicites depuis que L'Equipe a affirmé, en août 2005, que le coureur s'était dopé à l'EPO sur la base d'échantillons censés lui appartenir et datant du Tour de France 1999. "Je n'ai jamais été dopé, et, contrairement à beaucoup de mes accusateurs, j'ai été un athlète endurant pendant 25 ans sans pic de performance. J'ai participé à plus de 500 tests et je n'ai jamais failli à l'un d'entre eux, a déclaré Armstrong dans un communiqué publié par son avocat. L'USADA n'en tient pas compte, ne fait pas de distinction fondamentale entre moi et ceux qui ont été condamnés pour dopage. Cela en dit beaucoup sur l'USADA, son manque d'équité et de cette vendetta autour de ma culpabilité ou mon innocence." Selon l'avocat d'Armstrong, Robert Luskin, basé à Washington, "ces accusations sont le produit de la malice et de la méchanceté. Ils ne constituent pas une preuve."
L'USADA parle de "preuves"
L'USADA, dans un langage qui tranche avec les précautions des instituions de ce type, précise de son côté qu'elle "ne fait pas son travail sur la base de pressions extérieures, d'intimidation ou toute autre raison que la preuve". "Notre devoir, poursuit-elle, au nom des athlètes propres et de ceux qui apprécient l'intégrité du sport, est d'évaluer de manière approfondie et équitable toutes les preuves disponibles, et quand il ya des preuves crédibles de dopage, de prendre des mesures en vertu des règles applicables." Elle précise néanmoins que, "comme dans tous les cas instruits par l'USADA, toutes les personnes citées sont présumées innocentes, jusqu'à ce que preuve du contraire ait été apportée par voie légale."
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