Bruyneel, monsieur plus?

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Johan Bruyneel sera à la tête de la nouvelle équipe RadioShack-Nissan-Trek l'an prochain. L'occasion pour lui de viser une 10e victoire sur le Tour de France par l'intermédiaire d'Andy Schleck. Le manager belge veut faire progresser le Luxembourgeois sur les détails qui l'éloignent encore du sacre.

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Crédit: Eurosport

Cet été sur le Tour de France, Johan Bruyneel a rongé son frein. Sans grand leader, et avec une équipe décimée par la poisse, le manager belge a sans doute vécu à la tête de RadioShack son Tour le plus pénible depuis qu'il a raccroché le vélo pour s'installer au volant d'une voiture. Vainqueur de neuf Tours de France depuis 1999 (sept avec Lance Armstrong, deux avec Alberto Contador), Bruyneel se voulait philosophe au mois de juillet. "Pour gagner le Tour, il faut avoir le meilleur coureur, c'est aussi simple que ça, nous avait-il confié. Cette année, je n'ai pas le coureur exceptionnel qui permet ça, comme Lance ou Alberto".
Mais à long terme, on voyait mal Bruyneel rester éloigné des premiers rôles sur le Tour. Il en a trop envie et trop besoin. Or chez RadioShack, il ne dispose pas de ce leader indispensable. Janez Brajkovic a 28 ans, et il ne parvient pas à franchir le cap décisif. Les autres, Leipheimer, Kloden ou Horner, se rapprochent de la quarantaine. Le rapprochement annoncé entre les équipes RadioShack et Leopard Trek offre à Johan Bruyneel l'opportunité de retrouver une vraie grande pointure susceptible de ramener le maillot jaune à Paris, à savoir Andy Schleck. La fusion RadioShack-Leopard, c'est aussi la fusion Bruyneel-Schleck.
"Il y a toujours la place pour progresser"
Sur son blog, Bruyneel a d'ailleurs insisté sur sa future collaboration avec le cadet des Schleck: "Je suis très impatient de travailler avec certains coureurs talentueux de l'actuel Leopard Trek, comme Fabian, Frank, Jakob Fulsang, Maxime Monfort et Daniele Bennati pour n'en nommer que quelques-uns. Bien sûr, nous aurons aussi Andy Schleck". Tout est dans le bien sûr, comme si, aux yeux de Bruyneel, le projet trouvait sa raison d'être, sportivement parlant, dans le fait d'avoir sous la main un garçon ayant les qualités pour lui offrir une 10e victoire personnelle sur la Grande Boucle. Il n'y en a pas 50 dans le peloton et comme il est peu probable que Bruyneel travaille à nouveau avec Contador, Andy Schleck s'impose comme le meilleur choix dans sa génération.
On le sent bien, tout tournera autour d'Andy dans l'optique du Tour. Il n'est jamais question de Frank, pourtant globalement au même niveau que son frère cette année. "C'est un coureur qui a porté le maillot jaune ces trois dernières années (NDLR: en réalité, ces deux dernières années), mais il est toujours resté à une place de le porter à Paris. Évidemment, il est l'un des coureurs les plus talentueux  et mon objectif est de l'aider à atteindre l'objectif de gagner le Tour de France." Et Bruyneel se sent en mesure d'apporter au Luxembourgeois ce qui lui a fait défaut en 2009, 2010 et 2011. "Comme avec n'importe quel coureur, juge-t-il, il y a toujours la place pour progresser et je pense qu'avec ces ajustements et l'équipe que nous allons mettre en place autour de lui, Andy aura une excellente chance d'être sur la plus haute marche du podium."
L'association belgo-luxembourgeoise peut-elle vraiment faire franchir la dernière marche à Andy Schleck? Est-ce Bruyneel qui a fait gagner Armstrong et Contador ou le contraire? Après tout, quoi qu'on puisse penser de Bjarne Riis, le Danois n'est pas le plus mauvais des managers. Pourtant, lui non plus n'a pas réussi à installer le plus jeune des frères Schleck tout en haut du podium parisien. Mais Bruyneel peut lui amener une forme de confiance. Avoir quelqu'un a ses côtés qui a remporté 13 grands tours, dont neuf Grande Boucles, comme manager, ne peut pas faire de mal.
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