Championnats du monde 2026 | Paul Seixas (15e à l'arrivée) est déçu, nous aussi : et alors ?
Eurosport sur GoogleBronzé sur le contre-la-montre individuel dimanche dernier, Paul Seixas a quitté Montréal et le Canada avec un goût amer dans la bouche, conséquence de ses crampes et de sa 15e place loin de ce qu'il espérait, loin du titre de champion du monde qu'il espérait et assumait viser. Le Français de 20 ans a eu des mots très durs envers lui-même mais il reviendra, c'est sûr.
Seixas : "C'est une honte ce que j'ai fait, je n'avais jamais crampé de ma vie"
Video credit: Eurosport
Si Paul Seixas nous a appris une chose depuis deux ans, c'est qu'avec lui le temps ne défile pas à la même vitesse. Il progresse trois ou quatre fois plus vite que tout le monde, gagne deux ou trois ans plus tôt que la moyenne et surpasse toujours les attentes, même les plus optimistes. Treizième de ses premiers championnats du monde en 2025, le Français de tout juste 20 ans a reculé de deux rangs à Montréal (15e). Une immense déception, une "honte" même à ses yeux. Seixas s'attendait à mieux, nous espérions plus mais s'il a appris une chose à son tour, c'est qu'en cyclisme, l'échec n'est jamais très loin.
- "L’équipe ne mérite pas un leader comme moi"
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"C’est une honte ce que j’ai fait aujourd’hui, cramper comme ça c’est une erreur de gamin. Je n’avais jamais crampé de ma vie sur le vélo. Je suis extrêmement déçu, pas seulement pour moi parce que c’est ce que je mérite, mais pour toute la France, pour toute l’équipe qui a fait un boulot incroyable et qui ne mérite pas un leader comme moi." Jamais depuis que sa carrière a décollé, Paul Seixas n'avait eu des mots aussi durs envers lui-même, tout simplement parce qu'il n'avait jamais été aussi loin du résultat escompté.
Il va me falloir un peu de temps pour pouvoir digérer ça
Si vous comptiez sur lui pour se trouver des excuses, vous ne pouviez être plus loin de la vérité. Derrière son visage encore poupon et son air de ne jamais vraiment savoir ce qui va lui arriver se cache une ambition débordante et une exigence folle. L'est-il trop, exigeant justement ? "Ça doit être l’hydratation. J’ai peut-être sous-estimé ma manière de suer sur le vélo, a-t-il tenté d'expliquer. On ne peut pas passer à autre chose aussi facilement. Il va me falloir un peu de temps pour pouvoir digérer ça." Seixas avait semble-t-il besoin de se flageller publiquement pour évacuer. A son âge, on ne joue pas encore à cacher ses sentiments profonds, chose qu'il aurait été bien en peine de faire de toute manière.
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Si cet élan de vérité, sa vérité à lui à ce moment-là, était ce dont il avait besoin, Paul Seixas a eu raison de se livrer ainsi, sans filtre, sans retenue. Tant que son exigence ne le ronge pas quand il affronte l'échec, elle est sa meilleure arme, celle qui depuis deux ans le conduit à faire toujours plus, toujours mieux. Le coureur de Decathlon CMA CGM a beau n'avoir que 20 ans, il est une forte tête du peloton et était l'un des favoris d'un Mondial dans lequel il n'a finalement pas pu défendre ses chances jusqu'au bout. Qu'il soit déçu à ce point dit beaucoup du coureur qu'il est déjà et de celui qu'il sera si le sort ne s'en mêle pas.
Les premiers tourments sont toujours les plus durs à digérer
"Moi, ça me fait chier pour lui plus que pour moi. Il porte l’équipe de France sur ses épaules et il ne s’est pas dégonflé. Bien sûr que ça fait chier, mais c’est O.K." Les mots de Thomas Voeckler sont comme souvent très justes. Paul Seixas a à l'évidence fait des erreurs, il lui appartiendra de les analyser pour les éviter mais son échec canadien ne remet rien en cause, pas même la décision du sélectionneur d'en faire son unique leader. En dehors de Remco Evenepoel, aucun des autres favoris n'était flanqué d'un autre coureur protégé et la France n'a pas son Wout van Aert.
Doit-on être déçu pour Paul Seixas ? Bien sûr. Doit-on être déçu de lui ? Peut-être aussi tant il avait semé en nous l'espoir fou de le voir devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire. Ce gamin a tout chamboulé jusqu'à nous faire imaginer qu'il puisse, à 19 ans, monter sur le podium du Tour de France, ce qu'il ne fut pas très loin de réaliser. Il nous avait habitués à toutes les surprises et n'avait jamais véritablement échoué jusque-là. On le sait, les premiers tourments sont toujours les plus durs à digérer.
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