Eurosport
Vino dompte le Ventoux
Par
Publié 09/06/2005 à 19:30 GMT+2
Alexandre Vinokourov (T-Mobile) a signé un succès de prestige au sommet du Mont Ventoux jeudi, lors de la 4e étape du Dauphiné Libéré. Le Kazakh adresse un message à la concurrence avant le Tour de France. L'Américain Levi Leipheimer (Gerolsteiner) conser
Eurosport
Crédit: Eurosport
Le tuyau était percé. Après la prise de pouvoir de Levi Leipheimer à l'issue du contre-la-montre de Roanne, mercredi, Lance Armstrong avait annoncé la victoire de son compatriote au sommet du Mont Ventoux. "J'ai des informations de première main qui me le laissent penser", avait confié le Texan. Raté. Non seulement Leipheimer n'a pas gagné, mais il a même franchement vacillé dans le final.
Au moins a-t-il sauvé l'essentiel, à savoir son maillot jaune et bleu de leader au général, où on y voit d'ailleurs beaucoup plus clair à trois jours de l'arrivée. Ils sont désormais quatre à pouvoir prétendre à la victoire finale: Leipheimer donc, et ses trois plus proches poursuivants, Lance Armstrong, Alexandre Vinokourov et Floyd Landis, qui accusent respectivement 21, 26 et 37 secondes de retard. C'est peu, si l'on en croit les écarts créés sur le Mont Chauve.
Une des plus belles de Vino
Sauf très improbable retournement de situation, le lauréat du 57e Dauphiné sera donc américain ou... Vinokourov. Le Kazakh, déçu par son chrono la veille, a réagi avec une classe folle et une envie débordante. A quatre kilomètres du sommet, alors que la principale échappée du jour (avec notamment Zaballa, J.Gutierrez, Jaksche et Vogondy) venait de rendre l'âme, le leader de la T-Mobile dynamita la course d'une seule accélération.
Seuls Jose Gomez Marchante (Saunier Duval) et l'épatant Wim Van Huffel (Davitamon), parti en éclaireur, restaient dans sa roue. Pas pour longtemps. Sous la flamme rouge, Vino portait l'estocade pour filer vers l'un de ses plus beaux succès, à ranger en bonne place dans sa collection auprès de ses triomphes à Liège-Bastogne-Liège au mois d'avril ou dans l'Amstel l'an dernier. Une manière aussi de rappeler, si besoin était, que Jan Ullrich ne sera pas l'unique carte maîtresse de la Magenta sur les routes du Tour.
Botero a coincé
Derrière, la colonie américaine s'est contentée, avec les moyens du jour, de limiter la casse. Après avoir fait le yo-yo durant les dix derniers kilomètres de la montée, Armstrong fut finalement d'un précieux secours à Leipheimer. Au sommet, le Texan concédait 37 secondes au vainqueur, soit quatre de moins que Floyd Landis, et neuf de moins que le maillot jaune. S'il n'est pas encore au top physiquement, Armstrong a en tout cas prouvé en deux jours qu'il était sur la (très) bonne voie.
Et qui sait s'il ne remportera pas ce Dauphiné dimanche? Même s'il prétend toujours le contraire, le sextuple vainqueur de la Grande Boucle est plus que jamais dans le coup. Ce n'est plus le cas de Santiago Botero. Le Colombien, si impressionnant à Roanne dans le chrono, a payé ses efforts en perdant trois minutes. Impitoyable Ventoux, qui ne pardonne pas la moindre faiblesse.
Pas mal, les Français
Coup de chapeau en revanche à Andrey Kashechkin, dont Roger Legeay annonçait cet hiver qu'il serait une des grandes révélations de la saison. Le jeune Kazakh du Crédit Agricole a terminé sur les talons d'Armstrong, ce qui lui vaut la cinquième place du général. Il devance désormais son habituel leader Christophe Moreau, 12e jeudi au Ventoux.
Un résultat dont le Belfortain n'a pas à rougir, pas plus que l'ensemble du clan français d'ailleurs. Nicolas Fritsch (9e), que l'on n'avait plus connu à pareille fête depuis bien longtemps dans un contexte aussi relevé, et David Moncoutié (10e), qui a su attaquer avant de s'accrocher, ont montré la voie. Beaucoup aimeraient être à leur place ce soir, car le Mont Chauve a fait table rase: Chavanel, par exemple, a pris 13 minutes. Mais après tout, c'est à peine plus que Kloeden ou Heras, si loin du niveau requis pour un candidat à la victoire sur le Tour...
Sur le même sujet
Publicité
Publicité