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Dopage/Affaire Puerto - Jesus Manzano: "Il y aurait pu y avoir un mort"

Manzano: "Il y aurait pu y avoir un mort"

Par AFP
Dernière mise à jour Le 13/02/2013 à 15:27 -
Par AFP - Le 13/02/2013 à 15:27
Décidé à parler, Jesus Manzano est revenu sur les méthodes illicites du docteur Fuentes au sein de la formation Kelme entre 2000 et 2003, dans le cadre du procès de l'affaire de dopage Puerto.

Jesus Manzano, partie civile du procès de l'affaire de dopage Puerto, n'y va plus par quatre chemins. L'ancien cycliste espagnol a assuré mercredi qu' "il y aurait pu y avoir un mort" au sein de son ancienne équipe Kelme du fait du système de dopage mis en place par Eufemiano Fuentes entre 2000 et 2003, période durant laquelle le fameux docteur Fuentes, principal accusé de l'affaire Puerto était médecin-chef de Kelme (entre 2001 et 2003). Mais il n'est pas le seul : sont également impliqués sa soeur Yolanda Fuentes également médecin de l'équipe, le préparateur physique José Ignacio Labarta et le directeur sportif Vicente Belda.

Manzano, qui avait déjà choqué l'Espagne en 2004 en dénonçant dans le journal AS les pratiques dopantes qui régnaient au sein de Kelme, mettant ainsi la police sur la piste du docteur Fuentes, a redécrit en quoi consistait le système dopant de l'équipe espagnole. Le coureur espagnol a donné une longue liste de produits dopants, dont il a assuré que tous lui avaient été prescrits par les docteurs de l'époque. Hormones de croissance, hormone féminine (HMG), Androgel (testostérone), cortisone, Actovegin (sang de veau), nandrolone, EPO russe et chinoise et albumine pour faire baisser l'hématocrite, tous ces produits - en plus des autotransfusions - étaient livrés à Manzano et à d'autres coureurs de Kelme par Eufemiano Fuentes ou Walter Viru, selon l'ex-coureur. "Fuentes a été médecin-chef de l'équipe entre 2001 et 2003 avec une interruption fin 2002-début 2003 où c'est Walter Viru et Alfredo Cordova qui se sont occupés de l'équipe", a précisé Manzano.

"On risquait tous la prison"

Le coureur est notamment revenu sur l'épisode de son évanouissement sur le Tour de France 2003 qu'il avait déjà raconté à AS en 2004. "Au matin de la septième étape, le directeur (Vicente Belda) m'a envoyé voir le médecin (Walter Viru) dans sa chambre. Celui-ci m'a injecté 50 ml d'Oxyglobin (hémoglobine d'origine canine). Durant l'étape je m'échappe, mais je commence à me sentir mal, mal, mal et je m'évanouis. On m'a emmené à l'hôpital où les directeurs sportifs sont venus expressément me voir pour me dire de ne surtout pas dire ce qu'ils m'avaient donné, qu'à cause de cela, en France, on risquait tous la prison."

"Après cet épisode, je ne me suis plus jamais senti le même, physiquement", a assuré Manzano. L'Espagnol de 35 ans, toujours très clair dans sa déposition, a également précisé que tous les coureurs de l'équipe Kelme de l'époque s'étaient dopés, à l'exception d'un seul coureur, Juan Miguel Cuenca Martinez. "Il n'utilisait pas de produits dopants parce qu'il avait eu un problème d'inflammation des veines. Le reste, si", a expliqué Manzano.

Dopage obligatoire

L'ancien cycliste espagnol a également affirmé a affirmé que ses directeurs sportifs de l'époque l'avaient "obligé à se doper". "On m'a obligé à me doper. Si je ne prenais pas les médicaments qu'on me donnait à l'époque, on me mettait à la porte de suite", a insisté Manzano, désignant directement ses anciens directeurs sportifs de l'époque Belda et Labarta comme incitateurs de ce dopage ainsi qu'Eufemiano Fuentes et sa soeur Yolanda comme médecins menant à bien ce dopage.

"Si je parlais à cette époque, je me retrouvais à la rue et toute l'équipe allait en prison. Je ne voulais pas leur créer de problèmes", a assuré Manzano. Puis, sur ses révélations parues en 2004 dans le journal AS où il exposait entièrement le système de dopage chez Kelme, l'ancien coureur a expliqué: "Si je l'ai raconté, c'était pour moi et pour faire le ménage dans le cyclisme. Parce que maintenant, on sait dans quel état il est". Par ailleurs, Manzano a assuré à plusieurs reprises ne jamais avoir consommé de cocaïne, comme l'avaient pourtant affirmé le docteur Fuentes et Belda au cours de leurs déclarations.