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Gaumont balance
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Publié 08/11/2006 à 08:05 GMT+1
L'ex-coureur Philippe Gaumont, jugé avec neuf co-prévenus pour des pratiques de dopage au sein de l'équipe Cofidis, a dénoncé mardi devant le tribunal de Nanterre la "culture de la seringue" régnant dans le vélo. Des accusations confirmées par David Milla
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Salarié par Cofidis de 1997 à 2004, Gaumont, 33 ans, a brossé un tableau dantesque du recours à la pharmacopée dans le cyclisme avec lequel son ex-coéquipier et co-prévenu Médéric Clain s'est déclaré "globalement d'accord". Pêle-mêle, Gaumont a décrit d'autres cyclistes de Cifidis, David Millar et Stuart O'Grady, "sniffant" des médicaments en les arrosant d'alcool, et les camping-cars avant les contre-la-montre où "chacun passe à tour de rôle pour se faire piquer". La présidente du tribunal Ghislaine Polge: "C'est une culture de la seringue ?" - Gaumont : "Oui. (...) 100 piqûres par an, c'est pas énorme pour un coureur cycliste" .
Piqûres de produits dopants pour lesquels les coureurs se débrouillaient par leurs propres moyens, mais aussi piqres de produits "légaux", vitamines, glucose, prise de Guronzan, Daffalgan, caféine... Ainsi la structure sportive Cofidis Compétition a-t-elle officiellement dépensé 37.000 euros en médicaments pour la seule année 2003, selon l'enquête. La présidente Polge, un peu saisie : "C'est effrayant! Vous prenez des substances vénéneuses, mais aussi des médicaments, avec une confusion extraordinaire !"
Gaumont tient à nuancer : "Personne chez Cofidis ne m'a poussé à me doper, mais je leur reproche de jouer les vertueux alors que leur système pousse au dopage". Il énumère les "CDD d'un an ou deux" pour des "gens qui ont quitté les études très tôt", une "pression pas possible" sur les coureurs pour obtenir des résultats "àcause des sponsors qui veulent un retour sur investissement" . "Le mot qui convient, c'est l'hypocrisie", martèle encore l'ex-coureur qui estime que ces sportifs sont des "pions" dont tout le monde "se fout".
Millar : "On est prisionnier"
Ayant recouru à l'EPO et la testostérone entre 2001 et 2003, l'Ecossais David Millar, ex-leader de Cofidis, champion du monde 2003 de contre-la-montre déchu de son titre pour dopage, n'a pas dit autre chose : "la politique de Cofidis était 'faites des résultats et pour le reste débrouillez-vous'". "Je me suis dopé car mon job était d'arriver bien classé. (...) On se dope parce qu'on est prisonnier de soi-même, de la gloire et de l'argent. Je n'étais pas fier de moi", a-t-il encore dit.
Conclusion fracassante de Gaumont : "Dans les 200 premiers du classement de l'UCI, il n'y a pas plus de 5% de coureurs qui n'ont jamais eu recours au dopage". Quant à lutter contre le dopage... "Difficile de faire bouger les choses", estime encore Gaumont, car "le vélo est dirigé par d'anciens coureurs, et qui dit anciens coureurs dit obligatoirement anciens dopés".
Détail croustillant venant parachever le tableau : "Armand Mégret m'a injecté mon premier produit dopant de ma carrière en 1994" , a affirmé mardi Gaumont. Le juge assesseur Jean-Louis De Ré : "Le même Armand Mégret qui est aujourd'hui médecin fédéral (de la Fédération française de cyclisme, ndlr) et vers qui remonte le suivi longitudinal (suivi médical des coureurs censé lutter contre le dopage, ndlr)?". Gaumont : "Oui". Jusqu'à vendredi, dix personnes, dont sept coureurs ou ex-coureurs, comparaissent en correctionnelle pour "une somme de comportements individuels illicites dans un milieu fortement marqué par la prise de médicaments et de substances interdites", selon l'enquête.
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