Tour Auvergne-Rhône-Alpes 2026 | La haute montagne, un dernier doute à lever pour Paul Seixas, vraiment ?

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Ce weekend, Paul Seixas va se frotter pour la première fois de la saison, à des grands cols et à la haute montagne. A l'aise sur tous les efforts proposés cette saison, le leader de Decathlon CGM doit lever le dernier doute qui existe chez certains suiveurs. Seixas, lui, sait ce qu'il vaut et a hâte de le montrer sur la fin de ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes, dernier arrêt avant le Tour de France.

Seixas-Del Toro, duel de pépites : "Ils feront sûrement 1er et 2e sur la prochaine étape"

Video credit: Eurosport

Il a déjà l'assurance de certains grands et ce petit sourire narquois de ceux qui savent et qui ont hâte que les autres le découvrent. Samedi dernier, à la veille du départ du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, quand un journaliste lui a demandé si les grands cols et les efforts de plus de 25 minutes étaient un point à découvrir pour lui, Paul Seixas ne s'est pas vexé mais il a souri et expliqué, le plus calmement du monde, que ceux qui pensaient qu'il ne pouvait pas être à l'aise en haute montagne ne le connaissaient simplement pas. Le dernier weekend dantesque de celui que l'on a déjà surnommé le "TARA" lui permettra de joindre les actes à la parole, d'autant qu'il a un joli retard à combler sur Luke Tuckwell, le maillot jaune.
L'affaire est bien normale. À l'âge qui est le sien, découvrir une faiblesse aurait presque quelque chose, sinon de rassurant, au moins d'excitant pour la suite de sa carrière. On se satisfera assez facilement d'un Seixas sans défaut ni faille mais l'on ne serait pas tombé de la chaise si, ici ou là, il avait montré que dans telle ou telle situation, il y avait encore des watts à aller chercher.  

Trouver la petite bête, le petit défaut 

Force est de constater que jusqu'ici, l'armure ne s'est jamais fendue, que ce soit sur les chemins blancs des Strade Bianche, sur les raidards brutaux du Pays basque, au Mur de Huy ou sur la mythique côte de la Redoute de Liège-Bastogne-Liège. Il n'y a guère que Tadej Pogacar pour rester inaccessible à l'insolent français. Puisqu'il a réussi tous les tests et qu'on voudrait quand même bien trouver la petite bête, celle-ci pourrait être les longs cols, les efforts de 45 minutes à une heure. 
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Seixas au bout de l'effort dans la dernière ascension

Video credit: Eurosport

"Les grands cols interviennent dans les plus grandes courses donc on ne peut pas se former à eux", nous concédait Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance de Decathlon CMA CGM qui suit, entre autres, de près l'évolution du joyau maison. Il faut remonter au Critérium du Dauphiné de l'année dernière pour trouver trace d'un Seixas à l'œuvre sur un grand col au contact des meilleurs. 
Il y en avait trois sur la 7e étape avec la Madeleine, la Croix-de-Fer et la montée finale vers Valmeinier 1800. Douzième sur la ligne, Seixas avait bien lâché 3'51'' à Pogacar mais seulement 1'12'' à Remco Evenepoel tout en finissant avec Carlos Rodriguez ou Guillaume Martin. Cette performance, à 18 ans seulement, pourrait à elle seule lever le doute mais le suiveur est ainsi fait, il oublie parfois. "Un point à découvrir ? Pas pour moi, a répondu l'intéressé il y a une semaine. On va dire que ça l'est pour les gens qui ne me connaissent pas. Moi, je sais ce que je vaux sur ce type d'effort, donc je n'ai pas vraiment de doute." 
Ce ne serait pas logique d'être fort sur 20 minutes et pas sur 45
Voir le Lyonnais de 19 ans nous confier son manque de confiance sans ambages, voilà qui aurait eu de quoi surprendre. Fidèle à sa ligne, Seixas ne craint rien, ni les longs cols ni l'écart qui le sépare encore de quelques adversaires et donc du maillot jaune du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. "Ce ne serait pas logique d'être fort sur 20 minutes et pas sur 45, tranche Quiclet. Après, c'est l'environnement qui évolue, la haute montagne, la météo...". 
Après avoir travaillé, de son propre aveu et de celui de son équipe, les efforts "punchy" qui lui ont permis de remporter La Flèche Wallonne ou de briller à Liège, Seixas a basculé vers les efforts longs. C'était tout l'enjeu du stage de trois semaines en Sierra Nevada en mai, lors duquel il a fait une incursion dans les Pyrénées pour reconnaître des ascensions du prochain Tour de France avec une réussite certaine. "Moi, ce qui m'a toujours intéressé, c'est la haute montagne, donc je suis content d'être ici et de pouvoir me tester là-dessus", dit-il encore. "Se tester" voulant souvent dire beaucoup chez lui, ceux qui doutent pourraient bien en avoir pour leur argent, surtout avec trois minutes à combler au général et un Del Toro qui s'accroche à ses basques.
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