La plus belle d'Hushovd

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Thor Hushovd a enlevé la première classique de sa carrière en remportant Gand-Wevelgem mercredi. Le Norvégien de l'équipe Crédit Agricole s'est montré le plus puissant lors du sprint final, devant l'Allemand David Kopp (Gerolsteiner) et l'Italien Alessand

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Crédit: Eurosport

Voilà un moment que Thor Hushovd tournait autour du pot sans tomber dedans. Troisième de Milan-San Remo l'an dernier, huitième de Paris-Roubaix, toujours en 2005, le sprinter norvégien se savait capable d'accrocher une classique. Roger Legeay, manager de l'équipe Crédit Agricole, aussi. A 28 ans, Thor a enfin fait parler la foudre en accrochant Gand-Wevelgem à son palmarès. Il a réglé au sprint un peloton d'une quarantaine d'unités, au sein duquel figurait pourtant Alessandro Petacchi. Mais l'Italien, également devancé par le jeune Allemand David Kopp (Gerolsteiner) a dû se contenter de la troisième place.
Pour Hushovd, il s'agit d'une première consécration, même si le natif de Grimstad minimisait presque sa performance. "C'est une grande victoire pour moi, car c'est la première classique que je remporte. Enfin, c'est une semi-classique, ce n'est pas encore les très grandes courses dont je rêve, mais c'est un bon début ", a-t-il confié à l'arrivée. C'est le moins que l'on puisse dire, car Gand-Wevelgem, sans égaler l'aura d'un Tour des Flandres ou d'un Paris-Roubaix, tient une place importante dans la galerie des grandes classiques.
Pozzato passe tout près
Sous le soleil flamand, cette 68e édition n'a pas souri aux attaquants. Benrhard Eisel et Vladimir Gusev, partis de (trop) loin à 90 kilomètres du but, n'ont jamais pu compter plus d'une minute trente de marge sur un peloton décidé à cadenasser la course. Un peu plus tard, un nouveau groupe tenta sa chance, avec notamment Anthony Geslin, sans plus de réussite. Dans le final, Bert Roesems, le géant de la Davitamon, tint le gros de la troupe en respect jusqu'à moins de deux kilomètres de l'arrivée, avant d'être rejoint. Ce fut alors au tour de Filippo Pozzato de placer un contre terrible.
Le vainqueur de Milan-San Remo, tout en puissance, semblait parti pour refaire le coup de la Primavera. Malheureusement pour lui, le coéquipier de Tom Boonen échoua pour quelques hectomètres devant le retour des sprinters. Il termine quatrième. "C'était très serré et quand Pozzato a attaqué, j'ai cru que nous n'allions pas revenir", avoue Hushovd. Le Norvégien fut le premier à déborder l'Italien, avant de résister au retour de Kopp et Petacchi, qui n'avait plus de jus. "Je n'étais pas bien dans le sprint. J'étais fatigué", confesse le Spezian, qui faisait pourtant office de grandissime favori tant il était bien entouré dans le premier peloton.
L'absence de Tom Boonen au sein de celui-ci offrait une chance supplémentaire à Petacchi. Sans doute un peu usé mentalement et physiquement après son triomphe dans les Flandres, et l'esprit un peu ailleurs avant Paris-Roubaix, Boonen n'a pu peser sur la course. Lorsque le peloton s'est cassé en deux après le deuxième passage au mont Kemmel, le champion du monde s'est retrouvé dans la mauvaise partie. "Il n'était pas au mieux dès la première ascension du Kemmel", avait confié un peu plus tôt Patrick Lefevere sur l'antenne d'Eurosport. Il ne bluffait donc pas.
Legeay: "Je l'attendais!"
A défaut de poursuivre sa razzia, Boonen espérait assister au triomphe d'un des siens. Avec la charge finale de Pozzato, le coup est passé bien près. Mais les Quick Step, qui avaient quasiment tout raflé sur les courses d'un jour depuis le début de la saison, du Tour des Flandres au Grand Prix E3 en passant par Kuurne-Bruxelles-Kuurne ou Milan-San Remo, durent cette fois baisser pavillon. Tant mieux pour le Crédit Agricole et Hushovd. "Je suis vraiment heureux, lance ce dernier. Pour la confiance, c'est toujours bon de battre au sprint un coureur comme Petacchi". Effectivement.
Interrogé à chaud sur notre antenne, Roger Legeay ne pouvait dissimuler une pointe d'émotion après le triomphe de son poulain. "Je suis vraiment très content. Je l'attendais cette victoire de Thor. Depuis le temps qu'on travaille ensemble "step by step"... C'est un garçon qui est arrivé chez nous à 19 ans", rappelle-t-il. Heureux, le patron du CA, mais pas surpris: " C'est une course qui lui correspond et je savais que ce serait sans doute la première classique qu'il gagnerait, parce qu'elle est plus courte que d'autres. Mais il peut aussi gagner Paris-Roubaix ou Milan-San Remo à l'avenir. Il en a les moyens". Plus personne n'en doute.
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