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Liquigas, journée noire
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Publié 15/05/2010 à 21:07 GMT+2
Idéalement placés au général avant l'étape de Montalcino, Vicenzo Nibali et Ivan Basso ont perdu gros samedi sur les routes de l'Eroica. Victimes d'une chute collective, les deux leaders de la Liquigas n'ont pas pu rentrer sur la tête et se retrouvent dans l'obligation de passer à l'offensive.
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Crédit: Eurosport
En cyclisme plus qu'ailleurs, tout peut aller très vite. Les coureurs de la formation Liquigas en savent quelque chose. Depuis le contre-la-montre par équipe de Cuneo, mercredi, les hommes de Roberto Amadio occupaient les trois premières places du classement général. Derrière Vicenzo Nibali qui confirmait à l'Italie qu'il pouvait être le futur grand du cyclisme transalpin et devant le prometteur et dévoué Valerio Agnoli, Ivan Basso se tenait en embuscade, prêt à se parer en recours dans le cas d'une défaillance de son coéquipier au maillot rose dans sa quête assumée de rédemption.
Près de 200 kilomètres durant samedi, les hommes au maillot vert ont efficacement tenu la baraque. Bien aidés par les formations Katusha et Lampre qui œuvraient respectivement pour Filippo Pozzato et Damiano Cunego, les coéquipiers du maillot rose ont jugulé les différentes offensives et passé sans encombre l'ascension du Passo del Rospatolo. Tout allait donc pour le mieux pour les coureurs de la Liquigas quand une chute collective survenue dans la descente de cette même difficulté jeta à terre trois coureurs de la formation transalpine. Parmi les malchanceux, on relevait immédiatement l'identité des garçons de l'équipe impliqués: Nibali, Basso et Agnoli soit rien de moins que les trois premiers du classement général.
"On ne pouvait pas éviter Scarponi quand il est tombé", regrette Nibali qui a perdu son maillot rose dans l'affaire. Rapidement relevé, le Sicilien est très vite remonté sur son vélo pour se lancer à corps perdu à la poursuite de ses principaux adversaires qui ne l'attendaient pas. Un temps handicapé par une douleur qui s'est ensuite estompée, le lauréat du GP de Plouay 2006, uni dans son malheur avec Basso, a efficacement collaboré avec son partenaire pour tenter de limiter la casse: "Je me suis blessé à la jambe et pendant plusieurs minutes je n'arrivais plus à pédaler. Ensuite, avec Ivan, on a roulé fort."
"Changer nos plans"
Malgré cette allure soutenue qui leur a permis de ramasser tous ceux qui avaient présumé de leurs forces sur l'enfer de routes blanches devenues ocres, les deux leaders de la Liquigas ont coupé la ligne avec plus de deux minutes de retard sur Cadel Evans. "Nous avons cherché ensuite à limiter l'écart. Avec Vincenzo, on a préféré rester ensemble plutôt que de faire la poursuite chacun de son côté dans le final", explique un Basso qui a montré ses limites du moment dans la dernière ligne droite en devant se résoudre à abandonner le sillage de Nibali, visiblement bien plus fort que lui dans le final. Pourtant, tout au long de la poursuite, le maillot rose a préféré attendre le vainqueur du Giro 2006. Au vu des limites affichées samedi par le Varésan sur les forts pourcentages, il eut peut-être été plus opportun pour la Liquigas de laisser le Sicilien faire sa course à bloc.
A l'approche de la première étape de montagne et de l'arrivée au sommet du Terminillo, Nibali et Basso pointent respectivement aux 5e et 8e rangs à 1'33" et 1'55" du nouveau leader Alexandre Vinokourov. Moins bon rouleurs que le Kazakh ou que Cadel Evans en embuscade au général, les duettistes de la Liquigas, pas franchement réputés pour leurs qualités offensives, vont être dans l'obligation de passer à l'attaque s'ils ambitionnent encore de ramener la précieuse tunique rose à Vérone. A demi-mot, Ivan Basso consent qu'il n'aura effectivement pas le choix. "Maintenant, il va nous falloir changer nos plans", explique-t-il avec la lucidité des coureurs d'expérience avant d'ajouter en guise de promesse que "le Giro est encore ouvert." Même s'ils sont bien moins confortablement installés au classement qu'avant l'apocalyptique étape toscane, les deux coureurs de la Liquigas ont peut-être encore les clés de ce Giro. Reste à savoir s'ils seront capables de forcer le coffre-fort.
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