La presse s'insurge aussi

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Entre colère et fatalisme, les journaux espagnols s'indignent mardi matin de la suspension infligée à Alberto Contador. Ils dénoncent globalement les incohérences du Tribunal arbitral du Sport qui, à leurs yeux, a rendu un verdict "scandaleux, inexplicable et largement différé".

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Crédit: Eurosport

L'Espagne est sous le choc. Mardi matin, la presse sportive se fait écho de l'indignation générale qui a saisi le pays d'Alberto Contador, suspendu deux ans pour son contrôle positif au clenbutérol, lors du Tour de France 2010. En Une, Marca n'y va pas de main morte avec le Tribunal arbitral du Sport, à l'origine de cette "sentence scandaleuse et inexplicable", dont "les fondements relèvent du surréalisme". Photo de Contador à l'appui, Marca estime que "le TAS perd la tête"."La sanction mérite de rentrer dans une anthologie de l'absurdité, écrit Marca. La sentence du TAS porte atteinte à des aspects aussi élémentaires que la présomption d'innocence et, évidemment, réduit à néant toute la crédibilité de ceux qui auraient la responsabilité de se battre pour un sport propre."
Le quotidien sportif relève les incohérences de la juridiction suprême, qui considérait pourtant "comme hypothèse la plus probable" celle avancée par le coureur-lui même. Pour sa défense, Contador se disait "victime" d'une intoxication alimentaire. L'argument, qui avait convaincu la Fédération espagnole de cyclisme, n'a pas reçu le même accueil de la part des instances internationales. Au grand dam du quotidien As. "Maudite clenbutérol", enrage l'autre journal sportif de Madrid, qui rappelle que "la décision implique la perte du Tour de France 2010, du Giro 2011, de dix autres victoires et une amende de 2,5 millions d'euros". Dans un éditorial intitulé "Contador a mangé sa preuve", As fait toutefois preuve d'un fatalisme qui contraste avec la véhémence de Marca. "Cela nous chagrine, mais c'est ainsi. Contador avait bien du clenbutérol dans son organisme et cela doit être sanctionné. Ce que le coureur soutient, il ne peut le démontrer, parce que si cette preuve a existé, il l'a mangée. "
"Une sensation de chaos et d'arbitraire"
En Catalogne, le son de cloche est sensiblement le même. "On retire un Tour et un Giro à Contador", insiste ainsi Sport. "Deux années de suspension sans prouver qu'il s'est dopé", c'est, selon le quotidien de Barcelone, un verdict "scandaleux". Pour El Periodico, le coureur de la Saxo Bank a été "condamné sans preuves", "alors qu'il prétend s'être dopé involontairement".
El Mundo deportivo se montre plus mesuré, tout en déplorant qu'El Pistolero a écopé de la "peine maximum". "Alberto Contador détrôné pour dopage", titre sobrement El Pais, qui déplore un verdict rendu "pratiquement dix-neuf mois" après le contrôle anti-dopage de juillet 2010. A ses yeux, cette "décision largement différée" a terni "le passé glorieux" de celui qui est "actuellement peut-être le meilleur cyclise du monde". "Le cas Contador montre une sensation de chaos et d'arbitraire qui bat en brèche la moindre prétention de sérieux, reprend El Pais. A partir des mêmes faits, un organisme choisit l'acquittement (la fédération espagnole) là où un autre sanctionne avec la plus grande sévérité."
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