Eurosport
"Gilbert, c'est la classe"
Par
Publié 25/04/2011 à 09:35 GMT+2
Les frères Schleck ont salué leur bourreau. Beaux joueurs, Frank et Andy, respectivement deuxième et troisième de Liège-Bastogne-Liège, ont mis en exergue la supériorité de Philippe Gilbert. Les Luxembourgeois n'ont aucun regret. Ils estiment avoir tout tenté pour déstabiliser le Belge. En vain.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Ils ont tout tenté. En tout cas, tout ce qu'ils pouvaient tenter. Frank et Andy Schleck n'avaient pas de regrets dimanche soir à Liège. Présents sur les deux plus mauvaises marches du podium de la Doyenne, ils ont buté, comme tous les autres tout au long de cette campagne ardennaise, sur un Philippe Gilbert en lévitation dès qu'il tournait les pédales. Plutôt que de pleurer, ils se sont fendus d'un hommage, par la voix d'Andy: "Gilbert, c'est la classe ! Pour le moment, Philippe est le coureur le plus fort. Nous ne pouvions pas le battre aujourd'hui. Personne ne pouvait le faire."
En tout cas, personne n'en a été plus proche que la fratrie luxembourgeoise. Elle a appliqué à la lettre le plan prévu. L'idée était de dynamiter la course dans la côte de La Roche aux Faucons, avant-dernière difficulté du tracé liégeois, à 20 kilomètres environ de l'arrivée. C'est là qu'Andy Schleck a porté l'estocade. Personne n'y a résisté. Personne, sauf son propre frère… et Philippe Gilbert. "Je connais bien cet endroit, raconte Andy. C'est là que j'avais également démarré en 2009 et 2010. Mais Gilbert a prouvé que lui aussi savait négocier cette difficulté." "L'attaque d'Andy était parfaite, juge pour sa part Kim Andersen, le directeur sportif de Leopard Trek. Il a fait exploser tout le peloton, mais Gilbert a suivi malheureusement." A partir de là, il ne leur restait plus 36 solutions. "Ils ont à nouveau essayé dans St-Nicolas. Avant le contre de Gilbert, ils ont attaqué trois fois", reprend Andersen.
Pas de victoire pour Leopard
Dans Saint-Nicolas, Frank et Andy ont effectivement subi un véritable effet boomerang en se faisant contrer par Gilbert. La terrible accélération du Belge a décramponné le cadet des Schleck. Seul Frank a réussi à suivre. Un peu plus loin, les trois hommes se sont retrouvés, avant la montée finale vers Ans et le sprint, mais la messe était dite. "Après Saint-Nicolas, je me suis dit que le plus dur était fait, explique d'ailleurs Gilbert. D'autant qu'il y avait vent de face dans le final et dans la dernière ligne droite. Ça m'arrangeait bien." Les Schleck pouvaient-ils faire plus? Ou autrement? Ils ne le croient pas. "Je n'ai aucun regret, reprend Frank, car nous avons bondi dans toutes les occasions, nous avons activé le peloton quand c'était nécessaire. Je pense que nous avons tous fait la course juste. Nous avons attaqué Philippe Gilbert dans la Roche-Aux-Faucons et dans Saint-Nicolas mais il a su répondre sans problème. Philippe était un peu isolé mais il a couru en champion. On le voyait très confiant, on ne pouvait pas le lâcher."
Si regret il y a au sien de l'équipe Leopard Trek, il se situe plus sur l'ensemble du printemps que sur la seule journée de dimanche. Omniprésente, la formation de Bryan Nygaard n'a finalement pas accroché la moindre grande classique à son tableau de chasse. Une déception, assurément, au regard des objectifs initiaux. Via Cancellara ou les frères Schleck, les Leopard sont montés sur le podium de Milan-Sanremo, du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix et de Liège-bastogne-Liège. Trois fois deuxième, deux fois troisième. La stratégie du "tout sauf Cancellara" a pesé lourd à Roubaix ou sur le Ronde, même si le manque de soutien autour du Suisse a pesé. Paradoxalement, alors que Philippe Gilbert aurait pu subir dimanche le même sort que Cancellara, il a été "sauvé" par l'équipe Leopard, qui a roulé derrière l'échappée alors que les Omega tiraient dangereusement la langue. "C'était un peu décevant de voir qu'au Tour des Flandres ou à Paris-Roubaix beaucoup de coureurs ont roulé pour faire perdre Fabian, peste Frank Schleck. Philippe (Gilbert) était dans la même situation. On adore Liège-Bastogne-Liège, c'est une grande course, on voulait la gagner et, pour cela, il fallait lui lancer le défi."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité