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Les horizons de Gilbert
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Publié 26/04/2011 à 10:45 GMT+2
En remportant Liège-Bastogne-Liège, Philippe Gilbert a assouvi un rêve d'enfant et atteint l'objectif majeur d'une vie de champion. Mais ce succès dans la Doyenne, pas plus que sa récente razzia dans les classiques, ne lui ferme l'appétit. Que peut-il encore accomplir et jusqu'où peut-il aller?
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. SON PALMARES, AUJOURD'HUI
S'il arrêtait sa carrière aujourd'hui, Philippe Gilbert partirait avec un palmarès dont peu de coureurs peuvent se targuer au bout de 10 ou 15 années dans le peloton. Il compte désormais huit classiques majeures à son actif: 2 Tours de Lombardie, 2 Amstel Gold Race, 1 Liège-Bastogne-Liège, 1 Flèche Wallonne, 2 Paris-Tours. Dans ce registre, Gilbert est d'ores et déjà un des plus grands coureurs de sa génération. Il a peu d'égal dans le peloton. Tom Boonen, par exemple, en compte sept. Fabian Cancellara, quatre. A l'échelle de l'histoire, il reste encore du monde devant lui évidemment. Huit classiques, c'est tout de même presque autant qu'un Bernard Hinault. Le Breton avait remporté Paris-Roubaix, l'Amstel, Gand-Wevelgem, deux fois la Flèche Wallonne, deux Tours de Lombardie et deux Liège-Bastogne-Liège. Le reste du palmarès de Gilbert, hors classiques, reste en revanche encore relativement léger pour un coureur de sa trempe. Il n'a ainsi remporté que trois étapes sur l'ensemble des trois grands Tours. La question est donc de savoir dans quels domaines le Wallon peut étoffer sa carte de visite d'ici la fin de sa carrière.
. ETOFFER SON PALMARES DANS LES CLASSIQUES
Le plus spectaculaire dans le palmarès actuel de Philippe Gilbert, c'est qu'il a été constitué en très peu de temps. Il a remporté 7 de ses 8 classiques en 18 mois. S'il parvient à rester au sommet encore trois ou quatre ans, il a les moyens de devenir un des plus grands coureurs de classiques de tous les temps. Il peut d'abord à nouveau gagner là où il a déjà triomphé. "Gagner Liège une deuxième fois, ça me ferait plaisir. Je reviendrai disputer cette course comme si je ne l'avais jamais remportée. Ma carrière ne s'arrête pas ici", a-t-il promis dimanche. Peut-être même commence-t-elle seulement. L'avenir le dira. Tant qu'il sera au top, Gilbert sera très difficile à contrôler sur les Ardennaises ou sur le Tour de Lombardie.
Il y a ensuite toutes celles qu'il ne possède pas encore. Prenons les cinq grands monuments. Le coureur de Verviers en a deux aujourd'hui, la Doyenne et la Lombardie. Il peut sans aucun doute en remporter deux autres, Milan-Sanremo et le Tour des Flandres, deux courses où il a déjà fini sur le podium. Reste Paris-Roubaix, sans doute la moins accessible pour lui. Encore que. "Paris-Roubaix me tente, mais c’est aussi très dangereux, juge-t-il. Je ne veux pas prendre le risque, j’ai trop à gagner ailleurs pour le moment. J’y reviendrai probablement plus tard, quand je serai plus vieux." Roubaix attendra donc, mais sa récente razzia a simplement ouvert l'appétit de Philippe Gilbert, déterminé à marquer son époque. "Ce genre de défis, comme celui de gagner les cinq monuments, ou toutes les classiques au moins une fois, cela me motive plus que tout", explique-t-il.
. ALLER CHERCHER LE TITRE MONDIAL
"Ce qui m'a toujours fait avancer sur un vélo, dit Gilbert, ce sont les courses d'un jour. Je crois que j'ai les capacités et les qualités pour les gagner toutes." Parmi les grandes courses d'un jour, il y a les classiques. Et il y a le Championnat du monde. Maintenant qu'il a gagné Liège, le Wallon va rêver du maillot arc-en-ciel, soyez-en certains. "N'allez pas imaginer que, parce que j’ai réalisé le rêve qui m’habitait depuis mes débuts en cyclisme (NDLR: remporter Liège-Bastogne-Liège), je n’en ai plus. Le Mondial, par exemple, est un autre de mes rêves." C'est aussi ce qui lui manque par rapport à un Paolo Bettini, auquel on le relie souvent pour leur style commun. L'an dernier, il avait déjà fait du Mondial un objectif majeur, mais il n'avait pu se défaire du marquage serré de la concurrence. Son attaque dans le final n'avait pas suffi. Mais il retentera le coup jusqu'à ce qu'il y parvienne. "J'ai la chance que les parcours des Mondiaux 2012 et 2013 me conviennent bien", souligne-t-il. Mais plus encore que les grandes classiques, le Mondial est une course complexe à maîtriser, où il n'est pas simple d'être le grand favori et où être le plus fort suffit rarement.
. ET LES GRANDS TOURS ?
Pour l'instant, c'est le domaine dans lequel Philippe Gilbert a été le moins présent. En toute logique. Mais, maintenant qu'il a considérablement étoffé son CV en matière de classiques, il pourrait s'ouvrir d'autres horizons. On ne l'a plus revu sur le Tour de France depuis 2008, par exemple. Alors, Gilbert a décidé de mettre un terme à son infidélité au Tour de France. Il sera là cet été. "Je n'ai jamais porté le maillot jaune au Tour de France. Ce sera mon prochain objectif cette saison", a-t-il même annoncé après sa victoire à Liège. L'absence de prologue sert ses intérêts. La première étape, avec une arrivée en côte, peut lui permettre d'être le premier leader du Tour 2011. Il y a trois ans, à Plumelec, dans une première étape similaire, il avait terminé deuxième, juste derrière Alejandro Valverde. Depuis, il a changé de dimension… Il veut au moins remporter une étape, comme sur le Giro et la Vuelta (il compte deux succès sur le Tour d'Espagne). En revanche, il semble peu probable qu'il puisse un jour être capable de jouer un rôle majeur au général sur un grand tour. Ses lacunes intrinsèques, en montagne notamment, paraissent insurmontables à bientôt 29 ans. Mais c'est vraiment son unique limite.
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