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Julian Alaphilippe, encore tout près mais sans regret

Alaphilippe, encore tout près mais sans regret

Le 18/03/2017 à 23:08Mis à jour Le 18/03/2017 à 23:12

MILAN-SANREMO – Julian Alaphilippe découvrait la Primavera samedi. Le bizuth français ne s'est pas démonté. Accompagnant Kwiatkowski et Sagan dans le Poggio, il a pris une belle troisième place. Un nouveau podium dans une grande course, même s'il lui manque toujours sa première très grande victoire.

Pas de deuxième triomphe consécutif en bleu, blanc, rouge, sur la via Roma. Après le sacre d'Arnaud Démare, qui avait mis fin l'an passé à vingt années de disette tricolore sur les cinq grands monuments, Milan-Sanremo s'est mise pour la première fois aux couleurs de la Pologne grâce à la victoire de Michal Kwiatkowski. Mais la troisième place de Julian Alaphilippe, derrière Kwiatkowski et Peter Sagan, est un joli lot de consolation. Deux éditions de rang avec un Français sur le podium, c'est d'ailleurs une première depuis les années 1988-1990, avec le doublé de Laurent Fignon, suivi de la troisième place de Gilles Delion.

Ce podium 2017 a quelque chose d'indiscutable. Le trio majeur est sorti à la pédale, dans le Poggio, et personne ne l'a plus revu. Pourtant, Julian Alaphilippe n'était pas le leader de la Quick Step dans cette Classicissima. Quand il a répondu à l'offensive décisive de Sagan, ce n'était pas (que) pour lui. "Mon rôle, c'était de couvrir les attaques dans le Poggio, a-t-il expliqué, parce que Fernando (Gaviria) était notre capitaine de route et nous espérions l'amener en bonne position pour le sprint final."

Un podium de plus

Mais il n'y a pas eu d'autre sprint que celui qu'Alaphilippe a livré pour la victoire aux deux derniers champions du monde. "Quand Sagan a démarré, reprend le Français, j'ai suivi. J'étais vraiment à bloc." Michal Kwiatkowski a répliqué dans la foulée et au sommet du Poggio, les trois hommes ont basculé avec une marge suffisante pour aller au bout. Le podium était assuré. Malheureusement pour lui, Alaphilippe y a pris la place la moins enviable. Face au Slovaque et au Polonais, entre qui la gagne s'est jouée à un cheveu, il n'a rien pu faire.

A 24 ans, l'Auvergnat confirme néanmoins ses prédispositions pour les classiques majuscules. Il a le style, le tempérament et le mental requis pour ce type de course. Deux fois deuxième de la Flèche Wallonne (2015 et 2016), deuxième de Liège-Bastogne-Liège en 2015, il ajoute une nouvelle jolie place d'honneur à sa carte de visite. Il reste à conclure, mais ce Milan-Sanremo lui laisse surtout une grande satisfaction. "Je suis encore passé près d'une grande victoire mais j'ai tout donné. Quand je vois les deux coureurs à côté de moi, je ne peux pas avoir de regrets, assure-t-il. Je suis content de mon résultat et j'espère qu'un jour je gagnerai Milan-Sanremo."

" Ça m'a paru un peu long "

Pour une grande première, c'est tout de même presque un coup de maître. Il a pu mesurer qu'il était taillé jouer un rôle majeur sur la Primavera. "J'aime les courses dures avec du mouvement", souligne-t-il, même si, comme il l'a avoué, il a parfois trouvé le temps long sur les presque 300 kilomètres de la plus longue classique de l'année. "C'était difficile de rester concentré sur toute la première partie, ça m'a paru un peu long", a souri le Français. Dans le Poggio, en tout cas, la concentration était là.

Dire qu'après son Paris-Nice si réussi (victoire d'étape dans le chrono, maillot jaune pendant trois jours et 5e place au classement final), il avait été question qu'il ne soit pas de la fête. Cela aurait été dommage. On attend avec impatience de le voir à l'œuvre sur les Ardennaises, à commencer par l'Amstel Gold Race où, s'il n'a pas encore goûté au podium, il a été placé ces deux dernières années (7e puis 6e). Là-bas ou ailleurs, il finira bien par mettre dans le mille…

La folle arrivée de Milan-Sanremo : Peter Sagan, Michal Kwiatkowski et Julian Alaphilippe

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