Cyclisme - Paris-Nice
13/03/2009 - 11:15La mise au point ?

L'arrivée au sommet de la Montagne de Lure, vendredi, fait office de juge de paix sur ce Paris-Nice 2009. Sur son terrain, Alberto Contador (Astana) semble largement en mesure de comble son handicap de 36 secondes sur Sylvain Chavanel (Quick Step) pour reprendre le pouvoir.
Ce Paris-Nice passionnant offre pour l'heure une hiérarchie en trompe-l'oeil. Sylvain Chavanel, magnifique d'audace et de punch sur le route de Vichy, trône au sommet de la feuille des temps au classement général. Il faut descendre trois rangs et 36 secondes plus bas pour y trouver Alberto Contador. Mais personne n'est dupe. L'Espagnol demeure le grand favori pour la victoire finale et le patron de la course, à défaut d'en être le leader. Vendredi, les faits pourraient confirmer cette impression.
Sylvain Chavanel lui-même est bien conscient de la fragilité de sa position face à un cador comme Contador dans la perspective de l'arrivée au sommet de la Montagne de Lure. "Il y a toujours un petit espoir, il ne faut jamais dire qu'il n'y a pas de chance. Mais il ne faut pas rêver non plus. Contador est le meilleur grimpeur du monde, je ne vois pas qui peut le battre", souffle le Poitevin. Quand on voit la facilité avec laquelle Contador est sorti dans la côte de Rochetaillé dans l'étape de Saint-Etienne mercredi, il y a effectivement de quoi être inquiet pour vendredi.
Vexé et motivé
D'autant que le Madrilène a été chatouillé dans son orgueil par le coup de force de Chavanel à Vichy. Un champion n'aime pas se faire piéger de la sorte. "Il était vexé, comme toute l'équipe , a confié Alain Gallopin, directeur sportif d'Astana, à nos confrères de Reuters. Le soir, tranquillement, je lui ai dit qu'il avait fait une erreur. Il avait failli être piégé lundi, il l'a été mardi mais un leader tel que lui n'a pas le droit de mal se placer dans le peloton. De toute façon, il apprendra surtout de ses erreurs, quitte à perdre une course comme Paris-Nice et à mon avis il ne recommencera pas." On peut lui faire confiance.
Aujourd'hui, Contador a un double compte à régler. Le premier, donc, par rapport à l'erreur commise mardi. Le second avec l'édition 2008, dont il a été privé par ASO, qui n'avait pas souhaité invité l'équipe Astana. Le vainqueur du Tour de France 2007 avait été meurtri de ne pas pouvoir défendre ses chances. "Le Tour, on se doutait qu'on ne le ferait pas. Mais Alberto avait été terriblement déçu de ne pas pouvoir défendre son titre sur Paris-Nice. J'avais eu du mal ensuite à le remotiver", raconte Alain Gallopin. Forcément, une victoire dimanche sur la Promenade des Anglais permettrait à l'Espagnol de refermer définitivement cette cicatrice, plus douloureuse qu'on aurait pu le croire.
Contador le sait, c'est sur la Montagne de Lure qu'il doit faire la différence. Tout le monde, dans le peloton, à commencer par Chavanel, semble donc persuadé que l'affaire est déjà dans le sac pour lui. "Il vaut mieux l'aborder avec 40 secondes de retard plutôt qu'une minute. Mais c'est loin d'être plié. Dans la forme qui est la sienne, Chavanel peut très bien limiter les dégâts" , prévient Gallopin, prudent. Et le Directeur sportif d'Astana d'assurer que Contador est "motivé comme un cadet". Une raison de plus de croire que le règne du Français pourrait bien toucher à sa fin vendredi après-midi…
