Cyclisme - Paris-Nice
16/03/2009 - 09:00Sanchez, le nouvel homme fort

La victoire de Luis Leon Sanchez dans la 67e édition de Paris-Nice est tout sauf une surprise. Agé de 25 ans, le Murcian progresse en effet régulièrement depuis ses débuts professionnels en 2004 et sort d'un excellent début de saison. Prochaine étape dans sa marche en avant: le Tour de France.
Luis Leon Sanchez peut savourer sa victoire dans Paris-Nice. Depuis six ans qu'il fait partie de l'élite du cyclisme, l'Espagnol n'a jamais manqué la Course au soleil dont il est devenu un véritable spécialiste. En 2007, il s'était classé 3e de l'épreuve derrière Alberto Contador et Davide Rebellin après avoir remporté l'étape de Cannes et l'an dernier, il était allé chercher un succès de prestige sur la Promenade des Anglais assorti d'une belle 5e place au général.
Il y a une semaine, il s'était présenté au départ d'Amilly confiant en ses chances de victoire. Très bien préparé pour ce premier grand rendez-vous de la saison cycliste, le coureur de la Caisse d'Epargne, brillant vainqueur du Tour Méditerranéen à la mi-février puis de nouveau très impressionnant sur le Tour du Haut-Var où il s'était offert une belle victoire d'étape à Grimaud, rêvait d'inscrire enfin son nom au palmarès de la Course au Soleil. Tout au long de la semaine, c'est avec cet objectif précis en tête qu'il a mené sa barque avec justesse et intelligence.
Des progrès en montagne
Excellent rouleur, il avait pris date en se classant 3e de la première étape contre-la-montre et avait patienté, sans fauter lors des étapes piégeuses de Vichy et de Saint-Etienne, jusqu'à l'inédite ascension de la montagne de Lure au sommet de laquelle il s'était hissé au 2e rang du général provisoire. Davantage connu pour ses qualités de baroudeur et de puncheur, le Murcian, capable ce jour d'accrocher la roue de Frank Schleck et de limiter la casse sur Contador, avait alors quelque peu surpris. "Cet hiver, j'ai beaucoup travaillé pour m'améliorer en montagne et ce que j'ai réalisé (à Lure) est un pas important en ce sens".

Samedi, il bénéficia certes de la défaillance aussi subite que brutale d'Alberto Contador mais sa combativité, sa volonté et son sens de la course avéré justifiait largement sa prise de pouvoir. Dimanche, enfin, il a su gérer au métier la fugue d'Alberto Contador sans jamais s'affoler pour franchir la ligne d'arrivée de l'épreuve en vainqueur. Immédiatement comparé à Miguel Indurain, double vainqueur de l'épreuve (1989, 1990), Sanchez, lucide, s'est déclaré encore loin du Navarrais: "Je suis fier du parallèle mais Miguel a gagné cinq Tours de France. Moi, je serais bien content d'en remporter un... d'ici deux ou trois ans !"
Objectif Tour ?
La phrase est lâchée. Le coureur de la Caisse d'Epargne ne se cache pas derrière son petit doigt. Il rêve de la Grande Boucle et s'estime potentiellement capable de la remporter un jour mais, prudent, il évite de se mettre la pression pour cette année. "Sur le prochain Tour de France, les leaders seront Pereiro et Valverde" explique-t-il comme un écolier réciterait une leçon bien apprise. Pourtant, au vu de ses qualités de rouleurs, de ses progrès manifestes en montagne et de son aptitude avérée à gérer ses efforts sur plusieurs jours, il ne paraît pas ubuesque de s'interroger sur sa capacité à jouer les premiers rôles sur le Tour dès cette année.

Il est toutefois vrai que ses références sur trois semaines ne sont pas de nature à lui conférer le statut de favori. Seulement 108e en 2005 pour sa première participation sous les couleurs de l'équipe Liberty-Seguros, Sanchez n'a guère fait mieux l'an dernier (62e) même s'il s'était alors surtout distingué en s'adjugeant en costaud la difficile étape d'Aurillac et en travaillant sans relâche pour Alejandro Valverde pour lequel il n'aura peut-être pas à se mettre à la planche cette année (ndlr: le champion d'Espagne est en passe d'être rattrapée par la justice italienne pour son implication présumée dans l'affaire Puerto).
En attendant, le Tour de France, le vainqueur de Paris-Nice sera samedi au départ de Milan-San Remo où il "espère être devant" mais devrait en revanche faire l'impasse sur les classiques ardennaises pour mieux... préparer le Tour de France. On y revient. "Je progresse depuis le début de ma carrière. Jusqu'à présent, j'ai surtout appris mon métier. Avec cette victoire, je franchis un palier. A l'avenir, je pense surtout me tourner vers les grandes courses par étapes", dit-il en forme de conclusion. Que ce soit pour cette année ou pour un peu plus tard, Sanchez a le mérite d'être clair sur ses intentions.















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