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La chute de la maison Saiz
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Publié 26/05/2006 à 12:00 GMT+2
Lâché par Liberty Seguros après sa mise en cause dans le cadre d'une vaste affaire de dopage, Manolo Saiz, personnage central du cyclisme professionnel depuis plus de 15 ans, aura cette fois du mal à se relever. Gros plan.
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Crédit: Eurosport
Il a la gueule ronde et forte. Derrière son oeil noir et sa bonne bouille, Manolo Saiz s'est imposé depuis près de 20 ans comme un personnage incontournable du cyclisme espagnol. Du cyclisme tout court. Charismatique, bourru, provocateur, maniant la mauvaise foi avec une rare intelligence, il n'a jamais laissé personne indifférent. Mais au fil des années, les doutes sur sa méthode de management se sont accumulés. Les affaires aussi. Jusqu'à son arrestation, mardi, par la garde civile. Libéré le lendemain par la police, il l'a également été par Liberty Seguros, qui a décidé de mettre un terme à son partenariat avec son cyclisme.
Même s'il a la peau dure, cette fois, l'homme de Santillana del Mar risque de peiner pour se relever. Il est en première ligne dans l'affaire de dopage sorti cette semaine. Désormais sans équipe, Saiz peut-il rebondir? Selon nos informations, la firme Wurth, deuxième sponsor de la formation espagnole jusqu'ici, n'exclut pas de poursuivre l'aventure et de reprendre le flambeau. Toutefois, même dans cette hypothèse, il est vraisemblable que Saiz ne serait pas conservé, contrairement aux coureurs.
Image troublée
La figure emblématique du peloton espagnol est donc plus proche que jamais de la sortie. C'est donc une page presque historique qui est en passe de se tourner. Manolo Saiz avait su imposer sa patte à la tête de l'équipe ONCE, puis aux commandes de la formation Liberty Seguros. Très proche de ses coureurs, presque paternaliste, l'Espagnol s'est taillé un palmarès impressionnant. Seul le Tour de France lui a échappé. C'est dans cette optique qu'il avait recruté Alexandre Vinokourov l'hiver dernier.
Toutefois, au fil des ans, son image s'était troublée dans le milieu comme aux yeux du public. En 1998, il avait quitté la Grande Boucle en pleine affaire Festina, entrainant dans son sillage les autres équipes espagnoles (preuve de son influence...) en mettant "un doigt au c... du Tour de France". Du Manolo dans le texte. Plus grave, les cas de dopages, supposés ou affirmés, se sont multipliés dans son équipe. En 2003, Igor Gonzalez de Galdeano, ancien maillot jaune du Tour, avait été interdit de toute compétition en France.
Un homme de pouvoir
Deux ans plus tard, c'est Isidro Nozal, révélé par sa deuxième place lors de la Vuelta 2004, qui était banni du Dauphiné Libéré avant le départ pour nu taux hématocrite supérieur à 52. On se posait des questions. De plus en plus. Les réponses furent pénibles à entendre, avec le contrôle positif de Roberto Heras sur le Tour d'Espagne, qu'il venait de remporter pour la quatrième fois. Suspendu pour deux ans, le grimpeur espagnol aurait pu entrainer son manager dans sa descente aux enfers.
Il n'en fut rien. Presque par miracle, Saiz fut confirmé dans ses fonctions. Confirmé, et presque conforté. Il avait en effet pris du grade au sein d'Active Bay, société propriétaire de l'équipe Liberty, fin 2005. Cette fois, il se trouve coincé. Devenu homme de pouvoir, il est le président de l'Association internationale des groupes professionnels. Il fut aussi un des instigateurs du circuit ProTour mis en place début 2005 malgré l'opposition des trois grands Tours (France, Italie, Espagne). Manolo Saiz a-t-il été dépassé par sa propre ambition?
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