Le scénario était prévisible. Peut-être trop. Finalement, rien ne s'est passé comme prévu lors de cette antépénultième étape de la Vuelta. On attendait une nouvelle démonstration de force d'Alessandro Petacchi, grandissime favori du jour sur un parcours taillé à sa mesure. Mais l'Italien n'a jamais fait rouler ses hommes. Conséquence, le peloton a musardé, tranquillement, s'offrant une journée de répit, presque de repos, avant le week-end final.
Tant mieux pour tous ceux, nombreux, qui avaient décidé d'attaquer, faisant fi des pessimistes qui leur annonçaient une arrivée massive à Alcobendas. Dès les premiers kilomètres, ce sont près de 25 coureurs qui se sont disséminés à l'avant de la course. Cinq hommes prenaient les devants, parmi lesquels Adolfo Garcia Quesada, frère cadet de Carlos, cinquième du général et vainqueur mercredi à Ségovie.
Haussler s'affirme
Si ce n'était lui, cela aurait donc pu être son frère, mais le coureur de Comunidad Valenciana, après avoir tenté de filer en solitaire à un peu moins de 30 kilomètres du but, coinçait peu avant la banderole des dix dernières bornes. L'équipe de Vicente Belda a cependant de la réserve, comme allait en témoigner la présence de David Latasa dans le quatuor final, avec Juan Manuel Fuentes (Lampre), Martin Elminger (Phonak) et Heinrich Haussler (Gerolsteiner).
Des quatre, ce dernier était sans aucun doute le plus méconnu. Logique, puisque ce beau bébé de 21 ans et 185 centimètres dispute sa première saison chez les pros. S'ils avaient connu ses récentes références, ses adversaires se seraient certainement méfiés davantage. On ne termine pas Paris-Roubaix à la 25e place si jeune sans avoir un certain talent. On l'avait également vu s'offrir quelques places au sprint sur le Tour de Basse-Saxe, le Circuit de la Sarthe ou le Dauphiné.
La routine pour Heras
S'il l'ignorait, Martin Elmiger a découvert la vitesse de Haussler, parfaitement maître de lui-même à l'heure de conclure. Le champion de Suisse fut irrémédiablement débordé, tout comme Fuentes et Latasa, finalement troisième. La réussite commence peut-être à fuir les Comunidad Valenciana , même s'ils sont encore présents dans tous les bons coups, jour après jour. On ne peut pas gagner à tous les coups, à moins de s'appeler Roberto Heras.
Dans 48 heures, l'Espagnol deviendra sauf improbable coup de théâtre le premier coureur à remporter quatre fois la Vuelta. Samedi, il reste au maillot or à gérer ses quatre minutes trente d'avance sur Denis Menchov lors du contre-la-montre où, en toute logique, il devrait céder un peu de terrain. En attendant, Heras et les autres ont passé une journée bien calme, quoi que très humide dans le final, ralliant l'arrivée avec 16 minutes de retard sur le vainqueur. "Ce fut une journée de routine", conclut Heras.
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