Il n'est jamais trop tard pour bien faire. A 31 ans, Carlos Sastre a endossé samedi le tout premier maillot de leader de sa carrière dans une course majeure. Malgré sa régularité dans les grands Tours, jamais le Madrilène n'avait goûté un tel privilège. "Ce maillot, j'y pense depuis que je suis tout petit", avoue-t-il. Cette récompense il la doit à la démonstration de force de l'équipe CSC, samedi, lors du chrono collectif inaugural de Malaga. "Moi, je me suis contenté de suivre les mobylettes. Ils vont tellement vite ", sourit le grimpeur ibérique.
Un vrai bonheur en tout cas, aussi intense que bref, puisque par le jeu des bonifications, Sastre a dû rendre sa belle tunique dès dimanche soir, au profit de Thor Hushovd. Comme prévu. " Nous savions que ce serait très difficile de conserver le maillot. D'ailleurs, ce n'était pas notre intérêt", estime-t-il. Bjarne Riis acquiesce: "avec deux sprints intermédiaires plus l'arrivée, c'était presque impossible de conserver le leadership. Les équipes de sprinters ont rapidement pris les choses en main derrière l'échappée et nous n'avons pas eu trop à travailler. "
"Toute l'équipe est motivée"
Même la crevaison de son leader dans le final n'a pas inquiété le manager danois. "On ne risquait rien, c'était dans les trois derniers kilomètres. Il n'y a donc pas eu de panique", explique l'ancien vainqueur du Tour, pas plus contrarié que son coureur, donc. Peu importe, effectivement. En prenant le pouvoir, même brièvement, il a surtout pris date pour la suite de la Vuelta, dont il est à l'évidence un des plus crédibles prétendants cette année. Déjà confiant avant le départ, le leader de l'équipe CSC est encore plus gonflé à bloc après la démonstration de samedi. "Toute l'équipe est très motivé pour se donner à 100%", assure Sastre.
Sur le papier, la troupe de Bjarne Riis apparait effectivement très solide. Autour de Sastre, on retrouvera, pour l'épauler en montagne, l'Ukrainien Volodymir Gustov, l'Espagnol Inigo Cuesta ou encore le Danois Lars Yitting Bak, lauréat du Tour de l'Avenir en 2005. Sans oublier Cancellara, O'Grady, Arvesen ou Sorensen, rompus aux exigences des courses de trois semaines. Autant dire que Riis a aligné une sacrée armada sur le papier, digne du Tour de France. "Nous avons une très bonne équipe", confirme le Scandinave.
Le Tour est oublié
Insignifiante au plan comptable par rapport à ses rivaux, la brève prise de pouvoir de Sastre a surtout valeur d'impact psychologique, notamment par rapport au grand rival, la Caisse d'Epargne, et son impressionnante armada, menée par Valverde, Pereiro et Karpets. Moralement, c'est toujours bon à prendre. "Je ne pouvais pas rêver meilleur départ. Pour moi comme pour l'équipe, c'est un formidable coup de booster", juge Sastre. Après avoir passé la main dimanche, il met désormais le cap vers le premier grand rendez-vous, mercredi, lors de la première arrivée en altitude. "C'est une étape vraiment difficile", prévient-il.
Comme tous ses rivaux, il saura donc dans deux jours où il en est exactement. C'est l'avantage de cette Vuelta, qui fixe les ambitions beaucoup plus rapidement que le Tour de France. Un Tour que Sastre assure avoir oublié. Quatrième après avoir rêvé du maillot jaune dans les Alpes, le Madrilène a donc tourné la page. Sans remords ni regrets. "Le Tour est fini depuis un mois. Maintenant, je suis concentré à fond sur la Vuelta et je ne veux penser à rien d'autre", conclut l'affable Carlos. L'Espagne a beau ne jurer que par Valverde et s'être découvert une nouvelle idole en Pereiro, sa meilleure carte, c'est peut-être encore Sastre...
- Sur ce sujet
- Plus d'infos



Imago





















