Cyclisme - Tour d'Espagne
07/09/2010 - 17:34 - Mis à jour le 07/09/2010 - 18:38Rodriguez saute sur l'occasion

A la faveur d'une bonification en début de course, Joaquin Rodriguez (Katusha) s'est emparé de la tête du classement général de la Vuelta mardi, au détriment d'Igor Anton. Même si c'est anecdotique, Rodriguez n'a pas pu résister. Imanol Erviti s'est imposé en solitaire au terme de cette 10e étape.
Les comptes d'apothicaire sont devenus monnaie courante sur cette Vuelta 2010. Et même avec une montée inédite (Rat Penat: 4km à 11% de moyenne dont une majorité à plus de 15%), il faut encore sortir la calculatrice pour départager les leaders. Et pour la quatrième fois en 10 étapes, le Tour d'Espagne a assisté à un changement de leader. A l'arrivée à Vilanova i La Geltru, c'est désormais Joaquin Rodriguez qui se pare de rouge. Pour deux petites secondes d'avance sur l'ancien leader, Igor Anton (Euskaltel), et quatre sur l'Italien Vincenzo Nibali (Liquigas).
Une marge minime qui doit davantage à la passivité des coureurs qu'à de vrais duels au corps à corps. Un premier sprint intermédiaire à Valls (KM 40) et un peu d'opportunisme de Rodriguez pour partir dans les roues des duettistes du maillot vert, Mark Cavendish et Tyler Farrar, ont suffi à cueillir les points et surtout les bonifications distribuées sur la ligne. Deux précieuses secondes qui lui ont permis de se positionner virtuellement en tête de la Vuelta dès le début de l'étape. Et pendant plus de 130km, sa formation Katusha s'est muée en équipe du leader, dictant le tempo, annihilant toutes les tentatives de fuite avant d'octroyer un bon de sortie à 11 coureurs débarrassés de "l'encombrant" Philippe Gilbert, bien trop près au général pour avoir le droit de filer à l'avant.
Riis met Andy Schleck hors course
Il aura fallu 60km aux fuyards (Le Mével, Kadri, Moreno, Erviti, Zingle, Cheula, Mori, Finetto, Van Avermaet, Ten Dam et Lund) pour parvenir à leurs fins. Le long d'un tracé sans grand relief, même le Rat Penat, classé en 1re catégorie, ne suffit pas à sortir l'étape de sa léthargie. Si l'écart, monté à plus de cinq minutes avant de voguer autour des deux minutes, faisait le yo-yo, jamais le peloton ne put (ou voulut) revenir. Peut-être les Katusha, Euskaltel et autres Liquigas pensaient-ils que les pentes à 18 et 23% de la seule difficulté du jour leur permettraient de reprendre un à un les échappés. En vain. Plein d'opportunisme, Imanol Erviti profitait de la descente finale, particulièrement accidentée avec sa bosse en plein milieu, pour filer en solo.
Un joli coup de poker tenté à 15km du but et qui portait ses fruits. Plus personne ne le reverrait. A l'arrivée, le natif de Pampelune repousse Romain Zingle (Cofidis) et Greg Van Avermaet (Omega Pharma) à 37". Il signe sa seconde victoire en carrière, une fois de plus sur la Vuelta après celle acquise en 2008 à Las Rozas. C'est aussi le second succès pour la Caisse d'Epargne, déjà victorieuse dimanche à Alcoy grâce à David Lopez. Mais pas sûr que ce succès d'Erviti dans une étape quasi insipide ne soit pas masqué par un autre évènement: la mise hors-course d'Andy Schleck par son propre manager, Bjarne Riis, pour non-respect du code interne den vigueur chez Saxo Bank. La guéguerre n'est pas finie entre les deux hommes et le divorce, loin d'être digéré, en tout cas du côté danois...















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