"J'ai envie de continuer"

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Et de quatre pour David Moncoutié. Pour la quatrième année consécutive, le Français s'est offert une victoire d'étape sur la Vuelta en s'imposant à la Manzaneda. A 36 ans, il aime toujours autant son métier. Et comme les jambes sont là, le Lotois pourrait bien reporter ses projets de retraite.

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Quatrième victoire en quatre ans sur la Vuelta, vous gardez vos bonnes habitudes...
David MONCOUTIE: Oui, c'est vraiment une très bonne habitude même et ça fait toujours autant plaisir de gagner ici. C'est un grand tour, c'est une victoire importante. Gagner une étape, c'était mon principal objectif. La Vuelta, c'est une épreuve qui me convient bien, j'arrive mieux à m'exprimer que sur le Tour de France. Je me sens bien ici. Je me sens en confiance surtout.
Visiez-vous particulièrement cette étape?
D.M. : Je l'avais cochée avant le départ de la Vuelta mais plus encore compte tenu de la situation. Je me doutais que l'échappée irait au bout aujourd'hui. Quand j'ai vu qu'on prenait 6-7 minutes d'avance, j'ai su que c'était gagné. Après, j'espérais que ça se joue à la pédale dans le dernier col et c'est exactement ce qui s'est passé.
Vous étiez une jambe au-dessus de tout le monde dans la dernière montée. La difficulté ne résidait-elle pas davantage dans le fait de contrôler tous vos adversaires?
D.M. : C'est clair que ce n'était pas évident tactiquement, parce que nous étions très nombreux devant dans l'échappée. Mais j'ai bien maîtrisé le final. Je sentais que tout le monde calquait un peu sa course sur moi. J'ai placé deux-trois attaqués assez appuyées. Intxausti m'inquiétait un peu parce qu'il arrivait à prendre ma roue. Mais il y avait du vent de face. Alors j'ai attendu d'avoir un peu plus vent de côté pour sortir, sur les gros pourcentages. Et ça s'est bien passé.
On imagine que vous allez viser le maillot de meilleur grimpeur désormais, non?
D.M. : Clairement, oui. Je ne suis qu'à un point de Montaguti. C'est toujours un objectif. Il va plus vite que moi au sprint pour faire les points, mais je pense que je passe les cols mieux que lui. Si ça se fait à la pédale, j'ai toutes mes chances. Ce serait vraiment sympa d'avoir ce maillot une quatrième année de suite.
Et le général, avez-vous fait une croix dessus (il est 27e à 6'40" de Wiggins) ?
D.M. : Il y a quand même beaucoup de monde qui se tient en très peu de temps. On verra en troisième semaine, si je suis toujours dans le coup, peut-être que je m'y intéresserais. Mais je préfère essayer de viser le maillot de meilleur grimpeur et aller chercher une victoire d'étape. Je ne me focalise pas sur le général.
Vous aviez parlé de retraite. Cette belle fin d'été ne vous incite-t-elle pas à poursuivre votre carrière un an de plus?
D.M. : Si, il est très possible que je continue. J'ai envie de continuer, de refaire un an. La balle est dans mon camp, c'est moi qui décide. On va discuter tranquillement de tout ça avec Cofidis pendant la deuxième journée de repos. Au niveau recrutement, il n'y a pas eu de grand leader chez Cofidis. J'ai toujours ma place dans cette équipe, et il y a moyen de remporter de belles courses encore en 2012. Et j'ai envie d'aider au développement de Rein Taaramae.
Vous avez toujours fonctionné à l'envie. Aimez-vous toujours autant le vélo?
D.M. : Oui, j'aime toujours autant ce que je fais. Si je n'aimais plus le vélo, je n'aurais pas pu enchainer le Tour de France, le Tour de l'Ain et la Vuelta. Même après ma carrière, je pense que je continuerai à en faire pour le plaisir. Il y a des sacrifices à faire, comme le fait d'être souvent loin de la maison. Il y a les risques de chutes, aussi. Tout ça fait réfléchir, mais j'ai toujours de bonnes jambes et j'ai toujours l'envie.
Vous avez découvert la Vuelta presque par hasard, en 2008. Ne regrettez-vous pas de ne pas en avoir fait un objectif plus tôt dans votre carrière?
D.M. : C'est vrai que j'ai découvert le Tour d'Espagne à 33 ans. Avant, je me consacrais surtout au Tour de France. C'est sûr qu'on peut se dire que j'aurais dû venir plus tôt ici mais je n'ai pas de regrets. Le Tour m'a quand même apporté quelques belles satisfactions aussi. Puis j'aurais pu aussi ne pas le découvrir du tout.
Comment expliquez-vous votre réussite ici? N'est-ce vraiment que qu'une affaire de parcours?
D.M. : Non. Il y a le parcours, qui me convient beaucoup mieux que celui du Tour. Mais ce n'est pas que ça. C'est aussi beaucoup plus tranquille. Il y a moins de monde, moins de pression. Ce n'est pas la même atmosphère, il n'y a pas la même folie que sur le Tour. Ici, je me sens bien.
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