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Rodriguez doit remettre ça
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Publié 28/08/2011 à 00:13 GMT+2
Une fois encore intouchable dans le final en côte de San Lorenzo samedi, Joaquim Rodriguez a pris le pouvoir sur la Vuelta. Mais avant le chrono de Salamanque, le Catalan a encore besoin de creuser l'écart sur ses rivaux et notamment sur les rouleurs. Le leader de Katusha va donc attaquer.
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Ils avaient tous l'air d'en baver. Lui donnait l'impression de voler. C'est une image, évidemment. Avec des passages fréquents supérieurs à 20%, le dernier kilomètre de la 8e étape de la Vuelta ne se prêtait guère aux envolées samedi. Mais Joaquim Rodriguez y a quand même trouvé un terrain d'expression idéal. Un effort bref, violent, sur une pente énorme. Tout ce qu'il aime. Tout ce qu'il faut pour que la puce catalane exprime ses qualités. Pour la deuxième fois en quatre jours, Purito a donc gagné. En prime, il a endossé le maillot rouge de leader et peut compter les secondes, précieuses, prises à tous ses adversaires. Une journée parfaite.
Mais si le leader de Katusha est apparu aussi à l'aise dans la rampe finale de San Lorenzo del Escorial, c'est aussi parce qu'il avait parfaitement préparé son coup. Il savait où il mettait les pédales. A chaque mètre. "J'étais venu reconnaître le final au mois de juin avec Dani Moreno, qui n'habite pas très loin d'ici, explique le nouveau maillot rouge, qui a utilisé un braquet de 39x26. C'était très utile de connaitre le parcours et ça m'a aidé à gagner aujourd'hui. Je savais où imposer mon rythme, où me rasseoir sur le vélo et où je pouvais à nouveau accélérer." Et quand il a placé sa mine à 600 mètres de la ligne, tout le monde a explosé. "Ce final était encore plus dur que celui de Valdepeñas de Jaén", estime-t-il. Dans les deux cas, personne n'a en tout cas été en mesure de rivaliser avec lui.
"Lundi, je vais perdre au moins 2'30""
Au terme d'une première semaine où le parcours lui était globalement très favorable, voilà donc Joaquim Rodriguez en position de force, avec entre 45 et 55 secondes d'avance sur Vincenzo Nibali, Michele Scarponi, et Jurgen Van den Broeck, et au moins une minute trente sur les gros rouleurs comme Brajkovic, Wiggins ou Menchov. Ses rivaux ont pris leur parti de cette supériorité qu'ils espèrent provisoire. "Purito est juste imbattable sur ce genre d'arrivées et il a été à la hauteur de ce que tout le monde attendait de lui", glisse Nibali en guise d'hommage. Scarponi, lui, avoue avoir calqué sa façon de courir dans le dernier kilomètre sur Rodriguez. "J'ai décidé d'anticiper son attaque en partant devant, sinon j'aurais perdu encore plus de temps", explique le leader de la Lampre, qui a bien limité les dégâts en terminant deuxième à neuf secondes.
Pour autant, la vérité de cette première semaine ne sera pas forcément celle des deux prochaines. La donne n'a pas fondamentalement changé avec les deux succès de Joaquim Rodriguez. Il reste un des principaux favoris, mais pas l'incontournable favori. S'il ne creuse pas de nouveaux écarts dimanche lors de l'arrivée au sommet de la Covatilla, Purito a d'ailleurs toutes les chances de céder sa place de leader lors du contre-la-montre de Salamanque, lundi. Il le sait pertinemment. Il n'a pas oublié que l'an dernier, à Penafiel, il avait abandonné six minutes. "Je dois encore prendre du temps aux meilleurs rouleurs, admet-il. Lundi, je vais perdre au moins 2'30" sur Brajkovic, Menchov et Wiggins. Je vais essayer d'attaquer à nouveau dimanche, même si la Covatilla n'est pas mon ascension favorite."
Pour beaucoup, la Vuelta va se décanter dans les 48 heures qui viennent. Elle ne va pas se gagner d'ici lundi soir, mais, selon la formule consacrée, certains vont la perdre. Joaquim Rodriguez va vivre deux journées contrastées: l'une sur l'offensive, l'autre sur la défensive. Gérer au mieux les temps faibles et maximiser les temps forts. Telle est la clé du succès. Jusqu'ici, personne ne peut le nier, Purito a parfaitement mis à profit les seconds.
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