Christopher Froome est né en Espagne. En tout cas, le Christopher Froome que nous connaissons aujourd'hui. Celui qui s'est mué en un des plus redoutables grimpeurs du peloton et qui compte parmi les favoris à l'heure d'aborder les grands tours. Il y a un an, à la même époque, le Britannique était encore un obscur pour le grand public. Puis il y a eu la Vuelta. Chez Sky, il l'avait abordée dans la peau d'un équipier de Bradley Wiggins avant de supplanter ce dernier dans la troisième semaine. Trop tard. Pour 13 secondes, Froome avait dû se contenter de la deuxième place derrière l’Espagnol Juan Jose Cobo. Reste que ces trois semaines ont changé sa vie. Son statut, aussi.
Douze mois plus tard, le revoilà donc sur son lieu de naissance. "Je n'oublierai jamais cette Vuelta 2011. C'est la première course où j'ai été capable de montrer mon potentiel à ce niveau, admet-il. C'est grâce à ma deuxième place que j'ai pu disputer des courses comme le Tour de France et les Jeux Olympiques cette année." Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce double rendez-vous de l'été 2012 a eu valeur de confirmation pour Froome. Sur le Tour, il a, de nouveau, pris la deuxième place derrière son leader Bradley Wiggins, affichant un niveau impressionnant en haute montagne. Puis, à Londres, il s'est offert la médaille de bronze dans le chrono. Derrière Wiggins, toujours, et l’Allemand Tony Martin. Pour l'instant, Froomey est un peu le Poulidor du cyclisme britannique.
"Tout peut arriver sur trois semaines"
Bonne nouvelle, Wiggins ne sera pas là pour lui faire de l'ombre cette fois. Pour autant, le natif de Nairobi n'arrive pas vraiment avec une étiquette de grand favori. Comme si cette pancarte-là, malgré ce qu'il a prouvé depuis un an, était encore trop grande pour lui. Le retour aux affaires d'Alberto Contador y est certainement pour beaucoup. Absent depuis six mois en raison de sa suspension, le Castillan est le personnage central de la Vuelta. Au départ, en tout cas. L'autre interrogation concernant Froome, c'est sa capacité à enchainer Tour de France, Jeux Olympiques et Tour d'Espagne. Peut-on encore être au top au moins de septembre quand le Tour a débuté fin juin? "Je vais essayer, promet l'intéressé. Préparer la Vuelta n'a pas été simple avec les Jeux, mais ça a toujours été un de mes objectifs de la saison."
Pour autant, il ne part pas battu. Froome s'est bâti une énorme confiance en un an. Surtout, il a toujours prouvé sa faculté à être bon sur les grands rendez-vous. Entre la Vuelta 2011 et le Dauphiné 2012, on ne l'a pas beaucoup vu. Mais il vit un été de folie. Il tient probablement la forme de sa vie. Quand on lui demande si Contador peut être battu, il n'hésite pas une seconde: "bien sûr, tout peut arriver sur trois semaines." En tout cas, il savoure, rappelant que c'est la première fois qu'il aborde "un grand Tour avec un rôle de leader établi au départ". Une première victoire. "J'espère faire un bon classement général. Le plus haut possible. Qui sait où cela me mènera ?", s'interroge-t-il.
Mais s'il reste prudent quant au résultat final, il ne fait en revanche aucun mystère de son ambition initiale: "c'est sûr qu'après avoir terminé deuxième de mes deux derniers grands tours, il n'y a que la première place qui m'intéresse". Un vrai discours de leader.



AFP
























