Joaquim Rodriguez ne fanfaronne pas. A l'arrivée d'une nouvelle démonstration de force sur les hauteurs du Cuitunigru, le grimpeur espagnol tient à préciser qu' "il reste beaucoup" à faire avant l'arrivée à Madrid, dimanche. Car les désillusions de fin de parcours, l'actuel leader de la Vuelta connaît. Jeudi, entre Santander et Fuente Dé, Purito avalera sa 28e étape d'un grand tour avec un maillot de leader du classement général sur les épaules. Las, le grimpeur espagnol n'est jamais parvenu à conserver la tunique jusqu'au bout. D'où une certaine prudence dans les propos du Catalan, encore marqué par son échec récent sur le Tour d'Italie.
Porteur du maillot rose depuis le soir de la 10e étape, Joaquim Rodriguez avait géré sur le Tour d'Italie le rose, comme le rouge sur cette Vuelta. Plus puncheur que grimpeur, il s'efforce de ne jamais céder de terrain à ses rivaux et tente de profiter des courtes portions qui lui sont favorables pour grignoter quelques secondes. En dix jours de course, il cèdera à une reprise le maillot rose à Ryder Hesjedal. Le reste du temps, son avance au général évolue entre 9 et 31 secondes à la veille de l'arrivée à Milan, des proportions similaires à l'avantage dont il dispose aujourd'hui sur Alberto Contador. Malheureusement pour lui, la dernière étape, un contre-la-montre dans les rues milanaises, verra Hesjedal l'emporter sur le fil, pour 16 secondes.
Une supériorité entérinée par ses rivaux
Seulement, et Joaquim Rodriguez en a bien conscience, il lui est difficile de prendre l'initiative pour accroître son avantage précaire. Ce qui n'empêche pas Purito de juger sa situation particulièrement favorable pour faire sienne cette Vuelta 2012 et rompre le cycle infernal. "J'ai toujours dit que celui qui arriverait leader au deuxième jour de repos (mercredi, ndlr) aurait beaucoup de chance de l'emporter", reconnaît-il avant de préciser que la victoire finale se jouera donc "entre Alberto (Contador), Alejandro (Valverde) et moi". Soit deux rivaux face auxquels il a su creuser l'écart petit à petit.
"Il reste une semaine, mais Joaquim est très fort", doit reconnaître Alberto Contador, impuissant à décrocher son rival et rejoint dans ses louanges par Alejandro Valverde, ancien capitaine de route de Rodriguez. Incapable de décrocher le maillot rouge, le Pistolero en est désormais à espérer "un jour de mauvais temps, parce que généralement, la pluie me réussit plutôt bien". Il faut dire que les occasions de mettre en difficulté Rodriguez ne sont plus très nombreuses : un col de 2e catégorie mercredi, mais le final semble favorable à Purito, et la Bola del Mundo samedi, pour une étape à peu près aussi effrayante que celle du Cuitunigru. En revanche, pas de contre-la-montre décisif cette fois. Rodriguez peut souffler et espérer.
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AFP
























