On ne pourra pas reprocher à Alberto Contador de ne pas essayer; On peut éventuellement lui reprocher de ne pas attaquer au meilleur moment, ou au meilleur endroit, mais au moins, il essaie. Dimanche, dans l'ascension finale vers les Lacs de Covadonga, le Madrilène a tenté à de multiples reprises de mettre en difficulté Joaquim Rodriguez. "Combien de fois Contador a-t-il attaqué ? Je ne sais pas, 32 ou 33 fois, non ?", s''interroge le maillot rouge. Peu importe. Qu'il y en ait eu une ou cinquante, Rodriguez a répondu et c'est tout ce qui compte pour lui. Après un week-end que l'on annonçait décisif et favorable à Contador, Purito trône toujours au sommet de la hiérarchie. Mieux, il a porté son avance de 13 à 22 secondes sur le leader de la Saxo Bank. Pour beaucoup, le favori, c'est lui désormais.
Ce n'est pas l'écart entre les deux hommes qui incite au pessimisme dans le clan Contador, mais plutôt son incapacité à vraiment faire mal à Rodriguez. Nombre d'observateurs étaient convaincus qu'une fois la Vuelta entrée dans les véritables étapes de montagne, Contador prendrait le pouvoir. Ce n'est pas le cas. "Purito est plus fort que jamais et moi, en raison de mon absence pendant six mois, il me manque le petit plus qui permet de faire la différence", a reconnu le coureur de Pinto dimanche. Rodriguez, par sa faculté à ne jamais s'affoler, lui colle systématiquement aux basques, revenant le plus souvent en deux temps. Pour autant, il assure ne pas s'être promené dimanche. "J’ai quand même souffert, heureusement j’étais dans un bon jour, a-t-il estimé. Répondre a ses attaques m’a usé mais j’avais la capacité de résister. Sur la fin, Contador a pris une petite avance mais je savais que c’était moins dur et j’avais encore la giclette pour revenir."
Trois balles de match
Dans le même temps, Contador, lui, a confié qu'il n'avait pas de grandes jambes à Covadonga: "Aujourd’hui, je n’étais pas bien et c’est pour ça que j’ai demandé à mes équipiers d’attaque. Moi, j'ai attaqué parce que je veux gagner la Vuelta, mais je n'avais pas les moyens de faire mieux". Néanmoins, il n'entend pas rendre les armes. C'est en troisième semaine qu'un grand tour se gagne et Contador est loin de s'avouer vaincu. Avec un retard aussi faible, il sait qu'une attaque peut lui suffire pour faire la différence. Il espère que son harcèlement finira par payer. "De toute façon je vais lutter jusqu’au dernier mètre", a-t-il ainsi promis.
Il lui reste trois opportunités de faire basculer ce Tour d'Espagne. Trois balles de match. Trois arrivées au sommet dont, une, dès lundi, qui promet beaucoup. La 17e étape offre un enchainement San Lorenzo, Puerto de la Cobertoria et la montée de Cuitu Negru, sur les hauteurs de la station de ski de Valgrande-Pajares avec un passage de près de trois kilomètres à 13% de moyenne et un pic à 25% au plus fort de la pente ! De quoi provoquer une sélection, sans nul doute. Encore faudra-t-il en être capable. "J'espère que j'aurais de meilleures jambes qu'aujourd'hui", confie Contador. Rodriguez, lui, sera sur ses gardes, même s'il est convaincu que tout se jouera samedi prochain, au Bola del Mundo, à la veille de l'arrivée à Madrid. "L'arrivée au sommet au Cuitu Negru est très difficile, mais je ne dirai pas que c'est l'étape reine de la Vuelta. Pour moi, ce sera celle du Bola del Mundo."





























